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L'attractivité du Japon pour la main-d'œuvre étrangère a connu un déclin notable, selon une récente étude sectorielle. Les bas salaires locaux et la faiblesse persistante du yen incitent les salariés internationaux à envisager d’autres destinations. Cette tendance inquiétante pourrait compromettre la stabilité opérationnelle de diverses industries clés du pays asiatique.
Une enquête citée par Nikkei Asia, menée auprès de 1 732 résidents étrangers, a révélé un changement radical dans les attentes en matière de permanence. 61,6 % des participants envisagent de rester au Japon pendant plus de cinq ans. Ce résultat représente une baisse de 14,7 points de pourcentage par rapport aux données de la période précédente.
La société de ressources humaines Mynavi Global a publié le rapport détaillé qui expose la situation des travailleurs étrangers. Par nationalité, la communauté vietnamienne a enregistré la baisse la plus prononcée dans les statistiques. Le pourcentage de citoyens vietnamiens envisageant de rester au Japon a chuté de 18,4 points de pourcentage, en partie à cause de l'amélioration des conditions économiques dans leur pays d'origine.
Le revenu mensuel moyen au Vietnam a considérablement augmenté au cours des dernières années pour atteindre des niveaux plus compétitifs. Les spécialistes expliquent que l'écart salarial avec le Japon s'est rapidement réduit. Après déduction des impôts et des frais de subsistance, l’avantage économique offert par les salaires libellés en yens a considérablement diminué.
Les professionnels internationaux évaluent les nouvelles destinations asiatiques à la lumière de la faiblesse du yen
Les témoignages d'anciens stagiaires techniques confirment que la dévaluation de la monnaie a influencé leur décision de revenir. De nombreux travailleurs préfèrent retourner dans leur pays d'origine pour rester près de leur famille. Bien qu’ils y perçoivent des salaires inférieurs, l’instabilité du taux de change et le coût de la vie élevé au Japon découragent l’immigration. De manière générale, la faiblesse du yen détériore les conditions économiques des salariés étrangers.
Les dirigeants d'entreprises ont souligné que l'augmentation des frais de renouvellement des visas aggrave la situation. De même, les longues périodes de résidence requises découragent les demandeurs qui entament leurs démarches judiciaires. Les politiques publiques restent insuffisantes tant que la croissance économique et les salaires de base stagnent.
Malgré cette situation, le nombre de travailleurs étrangers a atteint un record historique de 2,57 millions de personnes. Les citoyens vietnamiens représentent la plus grande proportion du marché du travail étranger, avec 23,6 % du total. De son côté, la communauté chinoise occupe la deuxième position, avec une participation de 16,8%.
Les agences de coopération étatique estiment que le Japon aura besoin de 4,19 millions de travailleurs étrangers d'ici 2030. Cet objectif ambitieux de recrutement de talents vise à atténuer le déclin démographique et la réduction de la population économiquement active. Toutefois, 83,7 % des immigrés interrogés ont exprimé leur intérêt à s'installer dans un pays tiers.
La Corée du Sud et l'Australie se disputent les talents mondiaux
La Corée du Sud est positionnée comme destination alternative préférée par 16,5 % des personnes interrogées. Les professionnels choisissent le pays attiré par son offre culturelle et la possibilité d'obtenir des revenus plus élevés. Le système de permis de travail du gouvernement sud-coréen est également compétitif en raison de ses conditions d'embauche favorables.
De même, l'Australie se classe au deuxième rang parmi les préférences des travailleurs étrangers, avec un soutien de 13,6 %. La possibilité de fonctionner dans un environnement anglophone est l'une des principales raisons de sélection des candidats qualifiés. De plus, les salaires sur le marché australien dépassent de loin les rémunérations proposées par de nombreuses entreprises japonaises.
Les spécialistes préviennent que le Japon court le risque de perdre sa position de destination migratoire prioritaire. La combinaison d'une monnaie affaiblie et du renforcement des politiques du travail dans les pays voisins pourrait accélérer la fuite des talents étrangers et aggraver la crise du travail dans le pays.
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