Sanctions cryptographiques : le Royaume-Uni suit le réseau russe 86B

Sanctions cryptographiques : le Royaume-Uni suit le réseau russe 86B

Le Royaume-Uni enquête sur un réseau de contournement des sanctions cryptographiques lié à la Russie, évalué à 86 milliards de dollars, et prépare une loi visant à doubler les amendes de l'OFSI.


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Le Royaume-Uni intensifie son offensive contre l'évasion fiscale sanctions cryptographiques liés à la Russie, avec l’accent sur un réseau de transferts d’une valeur estimée à 86 milliards de dollars. Les autorités ont ordonné aux banques et aux prestataires de paiement d'enquêter immédiatement sur les indicateurs de ce réseau, tandis que le gouvernement prépare un changement juridique qui permettrait de doubler le plafond des sanctions économiques.

L'Agence nationale contre la criminalité (NCA) a publié une alerte décrivant le mécanisme utilisé pour déplacer des fonds et contourner les restrictions imposées à la suite de l'invasion de l'Ukraine. Le document détaille les modèles de comportement et les indicateurs spécifiques que les entités réglementées doivent intégrer dans leurs contrôles de conformité sans attendre de nouvelles instructions.

Comment fonctionne le système d’évasion des sanctions cryptographiques

Selon les informations publiées par les autorités britanniques, la structure combine des sociétés écrans, des comptes de tiers et des transferts de cryptoactifs – principalement des stablecoins – pour déplacer la valeur entre les juridictions et brouiller l’origine russe des fonds. L’utilisation de monnaies stables est intéressante pour ce type d’opérations car elle permet de déplacer rapidement des sommes importantes sans la volatilité des autres actifs numériques.

Le Royaume-Uni a lancé cette action dans le cadre d'un effort coordonné. Dans un communiqué officiel, le gouvernement a affirmé être à l'avant-garde du démantèlement de ce réseau opaque, avec des mesures visant à bloquer les points d'entrée et de sortie de l'argent du système financier réglementé.

Le chiffre de 86 milliards de dollars ne représente pas un mouvement unique, mais plutôt le volume global que les autorités attribuent à l'ensemble du réseau au fil du temps. Néanmoins, l’ampleur illustre le défi auquel les régulateurs sont confrontés pour suivre l’argent lorsqu’il s’appuie sur une infrastructure de crypto-monnaie et des intermédiaires répartis dans plusieurs pays.

Des amendes plus élevées, mais une législation en attente

L’autre front de l’offensive est économique. L'Office of Financial Sanctions Implementation (OFSI) applique aujourd'hui un plafond aux sanctions qu'il peut imposer aux entités qui ne respectent pas le régime de sanctions. Le projet du gouvernement vise à porter ce plafond à 100 % de la valeur de l'opération incriminée, ce qui doublerait en pratique la capacité de sanction de l'agence.

Ce changement n’est cependant pas immédiat : il nécessite l’approbation du législateur avant d’entrer en vigueur. Entre-temps, l'obligation opérationnelle pour les banques et les prestataires de paiement est déjà active. Ils doivent revoir les indicateurs indiqués par l'ANC, renforcer leurs systèmes de surveillance et signaler toute coïncidence suspecte avec le réseau décrit.

Pour les bourses et les émetteurs de stablecoins opérant sur le marché britannique, l'avertissement ajoute une pression sur leurs processus de conformité. Tout lien, même indirect, avec les adresses ou modèles identifiés pourrait conduire à des sanctions dans le cadre du nouveau dispositif si l'augmentation du plafond est finalement approuvée.

Un contexte réglementaire de plus en plus étroit

Cette mesure s’inscrit dans une tendance mondiale visant à une surveillance accrue de l’utilisation des crypto-actifs dans les opérations visant à contourner les contrôles de l’État. Les organismes de surveillance ont insisté sur le fait que les stablecoins, de par leur liquidité et leur facilité de transfert transfrontalier, sont devenus un outil récurrent pour ce type de flux. Ce même débat se retrouve dans les récents avertissements des institutions internationales concernant les limites des pièces stables pour les paiements à grande échelle.

Pour le secteur, le message est clair : la charge de la preuve se déplace de plus en plus vers des entités privées, qui doivent faire preuve de diligence dans la détection des activités illicites. La combinaison de sanctions plus sévères et d’exigences de surveillance plus exigeantes augmente le coût du non-respect et oblige les entreprises du secteur à ajuster leurs programmes de contrôle.

Le résultat dépendra largement du calendrier législatif. Jusqu'à ce que le Parlement approuve le nouveau plafond, l'OFSI continuera à fonctionner avec ses limites actuelles, même si l'enquête sur le réseau lié à la Russie marque déjà l'orientation que Londres entend donner à sa politique de sanctions sur la monnaie numérique.

Voir l’article original en espagnol

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