
Demain à 14h15 Banque centrale européenne annonce sa décision sur les taux d'intérêt, la conférence de presse de Christine Lagarde étant prévue à 14h45. Le consensus des économistes envisage une augmentation de certains 25 points base, la deuxième de 2026 après celle de juin. L'inflation dans la zone euro est revenue à 3,3 % et les marchés obligataires se préparent déjà à un resserrement plus long que prévu.
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La BCE s'apprête à une deuxième hausse des taux, mais le marché en prévoit déjà d'autres
Dans une enquête Reuters, les 65 économistes interrogés s'attendaient à une hausse de 25 points de base. Le taux passerait de 2,25% à 2,50%, celui du refinancement principal à 2,65% et celui des prêts marginaux à 2,90%. Non seulement les « experts », mais aussi les traders Polymarché ils estiment la probabilité d’une augmentation de 25 points de base à 99 %, toutes les hypothèses alternatives étant réduites à des valeurs marginales. La décision semble donc tout à fait évidente et déjà incluse dans les rendements obligataires actuels.

L’inflation énergétique est à l’origine de la crise
La poussée à la hausse vient de la dynamique des prix. Inflation de la zone euro a augmenté à 3,3% en août contre 2,9% en juillet, principalement en raison de l'effet des prix de l'énergie liés au conflit au Moyen-Orient. Les économistes ont relevé la prévision d’inflation moyenne pour 2026 à 2,9% et le retour à l’objectif de 2% est désormais prévu vers la fin de 2027. Un tableau qui reste cependant évolutif, étant donné que le scénario conflictuel entre l’Iran et les États-Unis semble destiné à se poursuivre.
Les prix du marché monétaire continuent de grimper
La vraie question n’est pas de demain mais des mois à venir. La réponse se trouve dans futures sur l'Euribor 3 moisles contrats avec lesquels les opérateurs parient sur le niveau futur des tarifs, visibles dans le graphique ci-joint.


La règle de lecture est simple, le taux attendu s'obtient en soustrayant le prix du contrat de 100. Le contrat expirant à décembre 2026 contingent 97,355 et intègre donc un taux de 2,645%. Ce chiffre est cohérent avec des dépôts à 2,50 % après la hausse de demain. Jusqu'à présent, le marché n'a fait que confirmer le mouvement déjà attendu. Là expire en mars 2027 au lieu de cela, il s'agit de 96,890, ce qui, soustrait de 100, donne un taux implicite de 3,11 %. Entre décembre 2026 et mars 2027, il y a donc 46 points de base d’écart, soit près de deux hausses complètes de 25 points de base au-dessus de celle attendue demain. Pour le marché monétaire, l’intervention de demain n’est pas la dernière du cycle.
Les obligations d'État sous pression, le BTP short au plus bas
La hausse attendue est également constatée depuis quelques mois Obligations d'État. Le rendement de l'obligation italienne à dix ans (IT10Y) s'est élevé à 4,27%, au plus haut depuis 2013, avec un spread sur le Bund allemand à 85 points de base. La France (FR10Y) est la plus sous pression et cède aujourd'hui 4,31%, dépassant l'Italie, un dépassement jamais vu dans ce siècle.


L'avenir sur BTP court termele contrat, sur des maturités comprises entre 2 et 3,25 ans, est tombé à son plus bas niveau depuis 2023 malgré des taux officiels bien inférieurs à ceux d'alors. Le prix de ce contrat évolue à l'opposé des rendements, il baisse donc lorsque le marché anticipe une hausse des taux, c'est-à-dire la dynamique que l'on observe maintenant sur le graphique. En 2023, les taux de la BCE étaient à 4,5 %, aujourd'hui à 2,4 %, mais les taux futurs sont aux mêmes niveaux. C'est le signe que les opérateurs se préservent par avance de nouvelles hausses.
Les propos de Lagarde sur une éventuelle intervention en décembre seront les véritables moteurs du marché de la journée.
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