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Ce dimanche, un grave scandale politique et financier a éclaté aux Etats-Unis. Une enquête journalistique du New York Times a révélé une prétendue campagne interne au sein de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). L’objectif de cette croisade aurait été d’ouvrir la voie réglementaire à trois entreprises spécifiques ayant des liens profonds avec la famille du président Donald Trump.
L'enquête a précisé que de hauts responsables auraient fait pression pour approuver les demandes liées aux marchés de prédiction présentées par ces sociétés. Dans le même temps, l'agence aurait licencié le personnel de carrière qui avait soulevé des objections juridiques. Les journalistes à l'origine du rapport ont basé leurs conclusions sur des dossiers d'agences officielles et des entretiens avec plus de 30 employés actuels, anciens fonctionnaires et chefs d'entreprise.
Les trois sociétés identifiées comme étant au centre de la polémique sont Polymarket, Crypto.com et Gemini Titan. Chacune de ces entités avait besoin de l'approbation de la CFTC pour lancer ses plateformes de prédiction des marchés. Selon le rapport, tous disposent de lignes de communication directes avec des proches du président. Par exemple, Donald Trump Jr. est conseiller et investisseur chez Polymarket via le fonds 1789 Capital.
De son côté, Crypto.com entretient une alliance exclusive avec Trump Media pour lancer un produit sur Truth Social. De même, les fondateurs de Gemini soutiennent activement une société de cryptomonnaie cofondée par Eric Trump. Face à ce scénario, les techniciens de l'agence craignaient que les utilisateurs particuliers ne soient lésés par le manque de protections. Toutefois, les avertissements du personnel de carrière auraient été ignorés par les autorités.
La purge des employés déclenche un scandale autour de la CFTC
La présidente par intérim de la CFTC, Caroline Pham, serait intervenue directement pour accélérer les processus d'approbation susmentionnés. Selon le rapport, elle était soutenue par sa conseillère principale, Brigitte Weyls. En conséquence directe, les responsables qui remettaient en question la légalité des projets ont subi des représailles immédiates. Avant Noël, deux techniciens ont été suspendus et soumis à des enquêtes internes interrogées par d'autres salariés.
Trois autres employés chargés de faire respecter les lois sur la fraude cryptographique ont également subi le même sort. Aucune des personnes concernées n'aurait été formellement informée de la règle de conduite qu'elle avait violée. Pour cette raison, le personnel restant a clairement compris qu’il ne devait pas causer de problèmes à ces industries. La situation s'est aggravée lorsque les deux responsables ont quitté leurs fonctions publiques pour rejoindre le secteur privé.
Pham a quitté l'agence d'État pour rejoindre la société de crypto-monnaie MoonPay. Il est intéressant de noter que cette société a un partenariat exclusif avec Polymarket pour alimenter ses propres marchés de prédiction. Par ailleurs, Weyls a commencé à travailler en tant qu'avocat général pour Gemini Titan en mars. L'ancienne fonctionnaire a assumé le poste dans la même entreprise dont elle aurait promu la candidature de manière accélérée.
Les archives montrent que Weyls a envoyé un projet de recommandation d'approbation alors que les techniciens étaient encore en train d'évaluer les risques. Cette procédure aurait modifié la pratique habituelle de la commission des contrats à terme. Dans le système habituel, le personnel technique rédige des suggestions et les commissaires les évaluent. Cependant, la demande controversée de la filiale Gemini a été approuvée avec une rapidité inhabituelle.
Effondrement de la supervision et réactions dures au Congrès
Sous l'administration actuelle, le bilan de conformité de la CFTC est tombé à des niveaux historiquement bas. L'agence n'a annoncé que deux cas liés aux actifs numériques au cours de cette mandature présidentielle. Ce chiffre contraste avec les dizaines de revendications présentées lors des mandats précédents de l'organisation.
En outre, la commission a retiré au moins cinq enquêtes avancées contre des bourses majeures. La situation est compliquée par la structure de direction au sommet du régulateur.
L'actuel président Michael Selig reste le seul commissaire suite au manque de nominations de la Maison Blanche. Cela donne à Selig l’autorité unilatérale absolue pour émettre des règles et mettre fin aux poursuites. Par conséquent, les dirigeants du Congrès ont exhorté de toute urgence à désigner des candidats pour pourvoir les postes vacants.
La Maison Blanche a rejeté ces conclusions et déclaré que le président n'agissait que dans l'intérêt public. Cependant, le sénateur démocrate Richard Blumenthal a qualifié la CFTC d’outil lâche au service d’entreprises douteuses. Le parlementaire a exhorté ses collègues du Congrès à arrêter l’approbation de nouvelles lois sur les cryptomonnaies. Selon lui, le gouvernement encourage les jeux illégaux et dangereux sur les marchés.
L'experte Amanda Fischer a déclaré que ces révélations représentent un coup dur porté au débat sur la loi CLARITY. Ce projet vise à donner à la CFTC un plus grand contrôle sur les marchés au comptant des cryptomonnaies. Suite à la plainte, divers analystes demandent que le texte de la loi sur la structure du marché soit revu. Le débat promet ainsi de s'intensifier au Sénat dans les semaines à venir en raison de la gravité institutionnelle de l'affaire.