L'Argentine s'est engagée à mettre en œuvre le Crypto Asset Reporting Framework (CARF) et à commencer à échanger automatiquement des informations fiscales sur les transactions avec des crypto-monnaies et d'autres actifs cryptographiques au plus tard en septembre 2029.
La décision intègre le pays dans le nouveau système de transparence fiscale conçu par l’OCDE pour empêcher que les actifs cryptographiques permettent de maintenir des actifs ou des opérations hors de portée des administrations fiscales, notamment lorsque des fournisseurs établis à l’étranger sont utilisés. Avec l'Argentine, 77 juridictions se sont déjà engagées à réaliser des échanges dans le cadre du CARF à partir de 2027, 2028 ou 2029.
L'Argentine partagera des données fiscales cryptographiques
Le changement affecte particulièrement les opérations internationales. Lorsque le système sera mis en œuvre, l'Argentine pourra recevoir des informations d'autres juridictions participantes sur certaines transactions effectuées par ses contribuables par l'intermédiaire de prestataires de services de crypto-actifs soumis au CARF.
Gaël Perraud, président du Forum mondial sur la transparence et l'échange d'informations à des fins fiscales, a souligné que l'engagement de l'Argentine contribuera à garantir que les autorités fiscales du pays disposent des informations nécessaires sur les transactions avec des crypto-actifs effectuées à l'étranger, a-t-il déclaré.
CARF transfère ainsi au marché des cryptos un mécanisme qui existe déjà dans la finance traditionnelle. Depuis des années, la norme commune de déclaration (CRS) permet aux administrations fiscales d’échanger automatiquement des informations sur les comptes financiers détenus par les contribuables en dehors de leur pays. L’expansion des cryptomonnaies a laissé une partie de cette activité en dehors des mécanismes existants et a conduit l’OCDE, avec le soutien du G20, à élaborer une norme spécifique.
Autorités fiscales
L'intégration de l'Argentine au CARF ne signifie pas que son administration fiscale recevra des informations sur les adresses blockchain ou sur toutes les opérations effectuées par ses citoyens. Le système est essentiellement soutenu par des prestataires de services sur crypto-actifs soumis à des obligations d’identification et de déclaration. Celles-ci doivent collecter certaines données de leurs utilisateurs et opérations afin que le fisc puisse ensuite les échanger avec les juridictions correspondantes.
La fiscalité des actifs cryptographiques en Espagne, Colombie, Chili et Argentine
L’objectif est de fermer l’une des voies que l’OCDE considère comme particulièrement vulnérables à l’évasion fiscale. Autrement dit, un contribuable conserve ou échange des actifs cryptographiques par l’intermédiaire de fournisseurs étrangers et cette activité est difficile à détecter depuis son pays de résidence.
Forum mondial
Cette annonce représente un progrès par rapport à la position que l'Argentine maintenait jusqu'il y a quelques mois. Le rapport du Forum mondial sur la transparence fiscale en Amérique latine 2026 indique qu'à la fin de 2025, l'Argentine figurait toujours parmi les juridictions concernées qui n'avaient pas formalisé leur engagement envers le CARF ni fixé de date pour le début des échanges.
L'Argentine, membre du Forum mondial depuis 2009, participe également au Groupe CARF et a participé aux discussions sur la mise en œuvre de la nouvelle norme. Le Forum mondial surveillera au cours des années à venir si le pays apporte les changements nécessaires pour respecter le calendrier et fournira une assistance tout au long du processus.