
La Grande-Bretagne a imposé des sanctions aux sociétés de cryptographie qui, selon elle, ont aidé un réseau soutenu par le Kremlin à déplacer des fonds en contournant les restrictions occidentales. Les responsables ont annoncé ces mesures le 26 mai dans le cadre du régime de sanctions contre la Russie, désignant les bourses et les sociétés de technologie financière accusées de servir la société à responsabilité limitée A7 et d'autres structures financières axées sur la Russie.
La liste comprend Bitpapa IC FZC LLC, Exmo Exchange Limited, Aifory LLC et Rapira Group LLC. Ils sont désormais répertoriés dans le règlement de 2019 du Royaume-Uni sur la Russie (sanctions) (sortie de l’UE).
Un avis de sanctions du régulateur de Guernesey regroupe ces sociétés avec d’autres sociétés financières et cryptographiques. Le Royaume-Uni relie ces entreprises au secteur financier russe et sanctionne les activités de fraude.
Dans un communiqué du gouvernement britannique, l'ensemble de mesures est présenté comme faisant partie d'une initiative plus large contre les « systèmes financiers parallèles ». Ces systèmes soutiennent l’économie de guerre de la Russie, notamment le réseau A7 soutenu par le Kremlin.
Londres affirme que ce réseau et ses partenaires ont utilisé des banques étrangères et des plateformes d'actifs numériques pour canaliser des fonds. Ils financent également les achats et aident la Russie à échapper aux mesures liées à son invasion de l’Ukraine.
Allégations autour de l’A7 et des flux financiers russes
Dans son annonce, le Royaume-Uni a déclaré que les 18 dernières classifications ciblaient les échanges cryptographiques et d'autres entités. Selon les responsables, ces installations sont « utilisées par la Russie pour contourner les restrictions existantes et canaliser les fonds » vers le pays.
Les responsables décrivent également l’A7 comme un système « conçu pour contourner les sanctions occidentales, financer les achats militaires et traiter les fonds provenant des ventes de pétrole pour financer l’économie de guerre ».
Des plateformes comme Bitpapa ont déjà fait face à des mesures américaines pour avoir facilité les transactions sur les marchés russes du darknet et les bourses sanctionnées. Le Royaume-Uni se joint désormais à ces efforts en gelant les avoirs relevant de sa juridiction et en interdisant aux particuliers et aux entreprises britanniques de fournir des fonds ou des ressources économiques aux entités citées.
Le ministère des Affaires étrangères affirme que c'est la première fois que le Royaume-Uni prend des mesures directes contre les principales plateformes de cryptographie dans le cadre de ses mesures envers la Russie. Il affirme que le pays « ajuste ses sanctions pour garder une longueur d’avance sur les tentatives d’évasion russe ».
Les mesures comprennent la fourniture de services financiers, de fonds ou de ressources économiques à A7 et à d'autres acteurs du secteur financier russe. Les entreprises britanniques doivent rompre leurs liens avec les sociétés cotées sous peine de sanctions.
Les régulateurs affirment que des années de données en chaîne leur donnent désormais un meilleur aperçu des flux financiers et montrent comment les intermédiaires déplacent les fonds pour les acteurs sanctionnés.
À mesure que de plus en plus de pays suivent l’exemple du Royaume-Uni et ciblent certains intermédiaires cryptographiques, la pression sur les plateformes mondiales va augmenter. Les plateformes exposées à la Russie pourraient devoir renforcer leurs règles, délimiter leurs marchés ou se retirer de certaines régions.
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