
Itaú, la plus grande banque privée d'Amérique latine, rejoint le projet pilote de tokenisation au Brésil dirigé par ANBIMA pour tester les fonds de revenu fixe et d'investissement avec OpenAssets.
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Itaú Bank, la plus grande entité financière privée d'Amérique latine, a rejoint le projet pilote de tokenisation au Brésil coordonné par ANBIMA, l'association qui regroupe les entités des marchés financiers et des capitaux du pays. L'établissement testera l'émission de titres à revenu fixe et de fonds d'investissement représentés dans jetons sur l'infrastructure blockchain, en collaboration avec la société technologique OpenAssets.
L'initiative marque l'entrée d'un acteur majeur dans un projet qui cherche à amener les actifs traditionnels dans le domaine numérique sans sortir du cadre réglementaire brésilien. Selon le communiqué de l'ANBIMA, la phase de test se concentre sur les débentures (titres de créance d'entreprises) et les fonds d'investissement, deux des instruments les plus utilisés par les investisseurs du pays.
Ce qu'Itaú testera dans le pilote de tokenisation au Brésil
La tokenisation consiste à représenter un actif réel – une obligation, une part de fonds, une propriété – via un enregistrement numérique sur une blockchain. Ce format permet de diviser la propriété, d'accélérer le règlement des opérations et de réduire les intermédiaires dans des processus qui dépendent aujourd'hui de plusieurs enregistrements manuels.

Dans le cadre du projet pilote, Itaú évaluera la manière d'émettre et de gérer ces instruments et fonds à revenu fixe dans un environnement contrôlé, en mesurant des aspects tels que la conservation, le règlement et la conformité réglementaire. La collaboration avec OpenAssets fournit la couche technologique permettant de connecter les actifs traditionnels à une infrastructure tokenisée.
L’objectif de l’exercice n’est pas de lancer immédiatement des produits au public, mais plutôt d’identifier les ajustements techniques et réglementaires nécessaires avant une adoption à plus grande échelle. Pour les entités participantes, il s'agit d'accumuler une expérience pratique dans un segment que les grandes sociétés financières observent avec un intérêt croissant.
Le Brésil accélère son engagement envers les actifs tokenisés
La décision d'Itaú fait partie d'une poussée plus large du système financier brésilien vers des actifs numériques réglementés. Le pays travaille déjà sur Drexla version tokenisée de sa monnaie numérique de banque centrale, et les autorités ont défini des règles pour le secteur de la cryptographie en général.
Cette avancée réglementaire s’inscrit en parallèle d’un calendrier exigeant. Comme on le rappelle dans Cryptotrends, le marché brésilien de la crypto de 319 milliards de dollars a jusqu'au 30 octobre pour s'autoriser dans le nouveau cadre supervisé par la banque centrale. La tokenisation des titres traditionnels s’ajoute ainsi au front sur lequel le Brésil tente d’organiser la relation entre la finance conventionnelle et la technologie blockchain.
Les titres à revenu fixe et les fonds sont des candidats naturels pour ces expériences car ils offrent des flux de paiements prévisibles et une large base d’investisseurs. Placer ces instruments dans un registre tokenisé pourrait, au fil du temps, rendre l'émission moins chère et ouvrir l'accès à des tickets d'investissement plus petits.
Une tendance mondiale qui prend de l’ampleur
La tokenisation des actifs du monde réel, connue sous son acronyme anglais RWA, a cessé d'être une expérience isolée pour devenir l'un des domaines dans lesquels les banques traditionnelles et les gestionnaires de fonds concentrent leurs efforts. Les grands émetteurs de dette souveraine, de fonds du marché monétaire et de produits de crédit privé disposent déjà de versions tokenisées.
L’appétit institutionnel se reflète dans d’autres segments liés. La société de services financiers Broadridge, par exemple, a traité 8 000 milliards de dollars de pensions tokenisées en un seul mois sur sa plateforme blockchain, signe du volume que ces infrastructures peuvent déplacer lorsque de grands acteurs entrent.
Pour Itaú, participer à un projet pilote sectoriel permet de tester la technologie en coordination avec les régulateurs et les concurrents, au lieu d'avancer seule. Cette logique collaborative, impulsée par une association comme l'ANBIMA, réduit le risque de fragmentation du marché avec des normes incompatibles.
Que regarder dans les mois à venir
Le succès du projet dépendra des tests confirmant des améliorations concrètes en termes de coûts, de délais de règlement et de traçabilité par rapport aux processus actuels. La clarté de la réglementation pèsera également : sans règles définies en matière de conservation, de valorisation et de traitement fiscal, les actifs tokenisés ne pourront guère dépasser les environnements de test.
Si le projet pilote donne les résultats escomptés, le Brésil pourrait se positionner comme l'un des marchés émergents les plus avancés en matière de tokenisation d'instruments financiers réglementés. La constitution d'une banque de la taille d'Itaú suggère que les banques du pays ne veulent pas continuer à surveiller cette transition de l'extérieur.
Voir l’article original en espagnol
