Le Japon promeut une loi pour reclasser les crypto-monnaies

Le Japon promeut une loi pour reclasser les crypto-monnaies

Les crypto-monnaies se rapprochent du même traitement réglementaire que les actifs financiers traditionnels au Japon. La Chambre des représentants du pays a franchi une étape décisive en proposant un projet de loi qui reclassifierait les crypto-actifs en instruments financiers, une mesure qui pourrait transformer le cadre juridique du secteur et ouvrir la porte à des changements importants en matière de surveillance et de fiscalité.

L'initiative représente l'un des mouvements réglementaires les plus importants au Japon ces dernières années et reflète l'intégration croissante des actifs numériques au sein du système financier conventionnel. Si elle est approuvée par la Chambre des conseillers, la législation entrera en vigueur au cours de l’année prochaine et marquera un nouveau chapitre pour l’industrie japonaise de la cryptographie.


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Le Parlement japonais aborde une réforme clé pour les crypto-monnaies

Le projet de loi a progressé après avoir reçu le soutien de la commission des finances et des affaires financières de la Chambre le 10 juin, selon les archives parlementaires. La proposition avait été présentée par le cabinet japonais en avril dans le cadre d'un effort plus large visant à moderniser la réglementation financière du pays.

La réforme vise à modifier la classification juridique des crypto-monnaies, qui sont actuellement principalement encadrées par la loi sur les services de paiement. Dans le cadre du régime actuel, les actifs numériques sont essentiellement considérés comme des moyens de paiement, une définition qui sert de base à la régulation du secteur depuis des années.

Cependant, la nouvelle approche propose de reconnaître les crypto-actifs comme instruments financiersen les plaçant dans un cadre réglementaire plus proche de celui régissant les actions, obligations et autres produits d’investissement.

L'approbation finale dépendra désormais de la Chambre des conseillers, la chambre haute du Parlement japonais. Si elle reçoit le feu vert, la législation entrera en vigueur l’année prochaine.

Pourquoi le Japon veut reclasser les cryptomonnaies

La proposition reflète l’évolution du marché des actifs numériques et le rôle croissant que jouent les crypto-monnaies dans l’économie financière mondiale.

À mesure que le secteur mûrit, les régulateurs japonais semblent considérer que la définition des cryptomonnaies comme de simples outils de paiement ne reflète plus adéquatement leur utilisation réelle. En pratique, une grande partie de l’activité liée à ces actifs est liée à l’investissement, à la spéculation et à la gestion de patrimoine.

En les classant comme instruments financiers, le Japon pourrait élargir considérablement la portée de la surveillance réglementaire des sociétés, plateformes et acteurs du marché de cryptographie.

Cette transition permettrait également des règles plus strictes en matière de négociation, de transparence et de protection des investisseurs, alignant l'écosystème des actifs numériques sur des normes similaires à celles existant sur les marchés boursiers traditionnels.

Un possible changement fiscal qui pourrait profiter aux investisseurs

L’un des aspects les plus importants de la réforme est l’impact fiscal potentiel.

Actuellement, les revenus tirés des cryptomonnaies peuvent être soumis à des taux d’imposition pouvant atteindre 55 % dans certains cas. Depuis des années, ce traitement est l’un des points les plus critiqués par les acteurs du secteur et les investisseurs individuels.

La nouvelle classification pourrait faciliter une réforme fiscale qui assimilerait le traitement des crypto-monnaies à celui des actions et des obligations.

S’il est mis en œuvre, les bénéfices obtenus grâce aux actifs numériques pourraient être imposés à un taux fixe proche de 20 %, un changement qui réduirait considérablement la pression fiscale pour de nombreux investisseurs et pourrait accroître l’attractivité du marché japonais pour les opérateurs institutionnels et de détail.

Même si la modification fiscale ne fait pas automatiquement partie du reclassement, la nouvelle structure réglementaire créerait les conditions nécessaires pour aller dans cette direction.

La FSA étendrait sa surveillance sur le secteur

La réforme renforcerait également le rôle de l'Agence des services financiers (FSA), le principal organisme de réglementation financière du Japon.

Jusqu’à présent, une grande partie de la surveillance des crypto-monnaies s’effectuait dans le cadre de la loi sur les services de paiement. Avec la reclassification proposée, la FSA pourrait exercer une surveillance plus large sur les activités liées aux actifs numériques.

Cela pourrait inclure une demande accrue de plateformes de négociation, d’entreprises du secteur et d’autres acteurs de l’écosystème, renforçant ainsi les mécanismes de conformité réglementaire et la protection du marché.

Pour les régulateurs japonais, l’objectif semble être d’intégrer progressivement le secteur crypto au sein de l’architecture financière existante plutôt que de le maintenir comme une catégorie distincte.


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La hausse du Stablecoin entraîne un changement de réglementation

L’initiative législative intervient à un moment où l’industrie japonaise de la cryptographie traverse une phase de fort développement, notamment dans le segment des stablecoins.

Le Japon avait déjà pris des mesures importantes dans cette direction en 2023, lorsqu'il a modifié la loi sur les services de paiement pour introduire la figure des « instruments de paiement électroniques ».

Ces réformes ont permis aux banques et aux fournisseurs enregistrés d'émettre et de gérer des pièces stables dans un cadre juridique clairement défini, faisant du pays l'une des juridictions les plus avancées en matière de réglementation des monnaies numériques adossées à des actifs fiduciaires.

Depuis, plusieurs acteurs importants ont accéléré leurs projets d’expansion.

Les projets Stablecoin gagnent du terrain au Japon

La croissance de l’écosystème stablecoin a été particulièrement visible ces derniers mois.

En octobre 2025, la société fintech JPYC Inc. a annoncé le lancement de JPYC, présenté comme le premier stablecoin libellé en yens légalement reconnu dans le pays.

Plus tard en février, SBI Holdings et Startale Group ont révélé le développement de JPYSC, un stablecoin soutenu par une banque de confiance, conçu pour les applications institutionnelles et les opérations transfrontalières.

Ces initiatives montrent à quel point les grandes sociétés financières japonaises accroissent leur engagement en faveur des infrastructures numériques basées sur la blockchain.

L'évolution du secteur ne se limite pas aux seules entreprises spécialisées dans la technologie financière. Elle implique également directement les institutions bancaires les plus importantes du pays.

Les grandes banques japonaises préparent des opérations commerciales avec des stablecoins

L’adoption institutionnelle continue de s’accélérer.

Les trois géants bancaires japonais – MUFG Bank, Mizuho Bank et SMBC – prévoient de lancer de véritables transactions commerciales en utilisant un stablecoin émis conjointement avant la clôture de l'exercice se terminant en mars 2027.

Ce projet représente l'une des initiatives les plus ambitieuses du secteur financier japonais et montre comment les principales entités bancaires considèrent que les actifs numériques joueront un rôle de plus en plus important dans les systèmes de paiement et de règlement.

L’implication de banques de cette ampleur apporte également un niveau supplémentaire de légitimité à l’écosystème des actifs numériques du pays.


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Que peut-il arriver maintenant

La prochaine étape sera l'examen du projet par la Chambre des Conseillers.

Si la chambre haute approuve la proposition, le Japon s’orientera vers une transformation réglementaire qui pourrait redéfinir la relation entre le système financier traditionnel et le marché des cryptomonnaies.

La reclassification en instruments financiers impliquerait non seulement une surveillance plus stricte, mais pourrait également jeter les bases d’une structure fiscale plus compétitive et d’une plus grande participation institutionnelle.

Dans le même temps, le développement parallèle du marché du stablecoin suggère que le Japon cherche à construire un écosystème intégré d’actifs numériques, réglementé et aligné sur les normes financières traditionnelles.

La combinaison de règles plus claires, d’une surveillance accrue et d’incitations fiscales potentielles pourrait consolider le pays comme l’un des pôles les plus importants pour l’innovation financière basée sur la blockchain dans les années à venir.

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