
Ce type de trafic provient normalement de robots d'exploration et d'agents utilisés par les modèles de langage pour récupérer des informations, indexer du contenu ou alimenter des systèmes de réponse automatique. Contrairement aux lecteurs humains, ces robots consultent les articles pour générer des réponses sur les plateformes d’IA, ce qui transforme la manière dont les contenus journalistiques circulent sur Internet.
Les IA consomment du contenu, volent des lecteurs et ne paient pas
Le phénomène renforce quelque chose que nous, au Blockchain Observatory, dénonçons depuis quelques temps : les IA consomment du contenu, volent des lecteurs, mais ne génèrent pas de revenus pour ceux qui le produisent. Actuellement, lorsqu'un robot consulte un article pour répondre à la question d'un utilisateur, les médias indépendants comme Observatorio Blockchain ne reçoivent pas de compensation financière pour cette utilisation de leur contenu, contrairement à certains grands groupes médiatiques qui ont conclu des accords avec des sociétés d'intelligence artificielle pour licencier leurs fichiers et contenus.
Précisément pour attirer l'attention sur ce problème, Blockchain Observatory a promu la création de la Journée internationale contre l'IA Scraping, une initiative visant à rendre visible l'impact qu'a l'extraction massive de contenu par les systèmes d'intelligence artificielle sur les créateurs et les médias numériques. La deuxième édition de cet événement aura lieu le 20 octobre, dans le but de promouvoir un débat mondial sur la nécessité d'établir des mécanismes de compensation équitables pour l'utilisation des contenus à l'ère de l'intelligence artificielle.
La proposition de Vitalik Buterin
C’est précisément à cette situation que le créateur d’Ethereum, Vitalik Buterin, tente de remédier. Le développeur propose de transformer la blockchain en une couche économique pour l'intelligence artificielle, où les machines peuvent automatiquement payer pour les ressources qu'elles utilisent.
Dans ce modèle, lorsqu'un système d'IA interroge un article, des données ou une base de connaissances, un micropaiement automatique serait exécuté au profit du créateur de contenu. La transaction pourrait être réalisée via des paiements programmables sur la blockchain, sans avoir recours à des intermédiaires. L’idée vise à créer une économie numérique dans laquelle les systèmes d’IA paient pour les données qu’ils consomment, permettant ainsi aux journalistes, chercheurs ou créateurs de recevoir une rémunération directe lorsque leur travail alimente des modèles d’intelligence artificielle.
Combien d’argent cela coûterait-il ?
Si un système de micropaiement était mis en œuvre aujourd’hui, le trafic des robots IA pourrait devenir une nouvelle source de revenus pour les médias. En prenant comme référence les 10 000 requêtes de robots enregistrées en 24 heures dans le Blockchain Observatory, les revenus dépendraient de la valeur du micropaiement par requête.
Dans un scénario de micropaiements pour l’utilisation du contenu, le trafic des robots pourrait devenir une source de revenus pour les médias. Si chaque requête d'IA générait un paiement de 0,001 euro, les 10 000 requêtes quotidiennes enregistrées s'élèveraient à environ 10 euros par jour, ce qui équivaudrait à environ 300 euros par mois. Si le micropaiement était de 0,005 euro, les revenus s'élèveraient à 50 euros par jour et à près de 1 500 euros par mois. Dans un scénario plus élevé, avec 0,01 euro par requête, les médias pourraient gagner 100 euros par jour, ce qui représenterait environ 3 000 euros par mois si le volume de trafic restait constant.
Si le trafic des robots continuait de croître, ce que de nombreux analystes considèrent comme inévitable avec l’expansion des agents IA, ces chiffres pourraient augmenter considérablement.
Le nouvel Internet des machines
Le cas du Blockchain Observatory montre qu’Internet n’est plus lu uniquement par des humains, mais aussi par des systèmes d’IA autonomes. Dans ce contexte, l’idée de créer une économie machine-machine, où les agents paient pour accéder à l’information ou aux services numériques, suscite de plus en plus d’intérêt parmi les développeurs, les chercheurs et les entreprises technologiques.
Pour les créateurs de médias et de contenus spécialisés, ce modèle pourrait devenir une nouvelle source de revenus dans un environnement où l’intelligence artificielle change la manière dont l’information est produite, distribuée et consommée.
Voir l’article original en espagnol
