
Le Portugal a longtemps été considéré comme l’un des pays les plus attractifs au monde pour les investisseurs en cryptographie. Les bénéfices tirés du Bitcoin, de l’Ethereum et d’autres actifs numériques sont exonérés d’impôt pour les particuliers depuis des années. Cet avantage fiscal a attiré de nombreux traders, start-ups et nomades numériques, notamment à Lisbonne, devenue un hub crypto européen majeur.
Mais ces dernières années, la situation a considérablement changé. Avec les nouvelles règles fiscales nationales et les réglementations européennes supplémentaires, les conditions-cadres pour les investisseurs en cryptomonnaies deviennent plus strictes. Même si les investissements à long terme peuvent encore offrir des avantages fiscaux, le marché dans son ensemble devient de plus en plus réglementé et transparent.
Nouvelles règles fiscales depuis 2023
Le budget national portugais pour 2023 a marqué un tournant décisif. Pour la première fois, les cryptomonnaies ont été explicitement intégrées dans le système fiscal national. Des règles claires de taxation des actifs numériques s’appliquent depuis le 1er janvier 2023.
Le changement le plus important concerne les ventes à court terme de cryptomonnaies. Quiconque vend des actifs numériques dans les douze mois suivant l’achat doit généralement payer des impôts sur les bénéfices. Un taux d'imposition forfaitaire de 28 pour cent s'applique souvent.
Alternativement, les investisseurs peuvent également voir leurs bénéfices imposés via l’impôt sur le revenu progressif. Cela dépend du revenu personnel et peut se situer entre 14,5 et 48 pour cent au Portugal.
Toutefois, un avantage important demeure pour les investisseurs à long terme. Si certaines crypto-monnaies sont détenues pendant plus d’un an, les bénéfices peuvent toujours être exonérés d’impôt – à condition qu’il s’agisse de crypto-monnaies classiques et non d’instruments financiers ou de titres tokenisés.
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Fiscalité du jalonnement et du minage
En plus du trading de crypto-monnaies, la nouvelle législation affecte également d’autres activités du secteur des crypto-monnaies. Les revenus provenant du jalonnement, de l’exploitation minière ou de modèles de revenus similaires basés sur la blockchain peuvent être imposables.
Dans de nombreux cas, ce revenu est classé comme revenu. Toutefois, le traitement fiscal exact dépend du type d’activité et de la situation individuelle du contribuable.
Le trading professionnel de cryptomonnaies continue également d’être soumis à un traitement fiscal plus strict. Quiconque négocie régulièrement et à grande échelle des actifs numériques et en vit est tenu d’imposer ses bénéfices comme revenus professionnels.
Les nouvelles règles de l’UE augmentent la pression
Aux réformes fiscales nationales s’ajoute une pression croissante de la part de Bruxelles. La directive européenne DAC8, qui vise à accroître considérablement la transparence fiscale sur le marché de la cryptographie, joue un rôle important.
Selon ces nouvelles règles, les bourses de cryptomonnaies devront à l’avenir collecter de nombreuses données sur leurs utilisateurs et les communiquer au fisc. Les informations sont ensuite automatiquement échangées entre les États membres de l’UE.
Les premiers rapports devraient être réalisés à partir de 2027 et concerneront des transactions à partir de 2026. Pour les investisseurs, cela signifie qu'à l'avenir, les autorités fiscales pourront suivre beaucoup plus facilement les transactions cryptographiques – même si elles sont traitées via des plateformes étrangères.

La réglementation européenne sur la cryptographie est également renforcée
Dans le même temps, la nouvelle réglementation applicable aux fournisseurs de services de cryptographie entre progressivement en vigueur dans l’Union européenne. Le règlement dit MiCA (Markets in Crypto-Assets) vise à garantir plus de sécurité et de transparence sur le marché européen des cryptomonnaies.
Pour les entreprises, cela signifie des règles de surveillance plus strictes, des exigences de conformité plus élevées et des modèles de licence clairement définis. L’objectif est de stabiliser le marché et de mieux protéger les investisseurs.
Fin d'un paradis fiscal – mais toujours attractif
En outre, le Portugal a réformé un autre programme fiscal qui intéressait de nombreux investisseurs internationaux : le système dit de résident non habituel (RNH). Ce programme offrait depuis des années des avantages fiscaux importants aux professionnels et investisseurs étrangers.
Le modèle original a désormais été abandonné et remplacé par un nouveau système davantage axé sur l’innovation et la recherche. En conséquence, le Portugal perd une partie de son attrait fiscal antérieur pour les investisseurs internationaux en cryptographie.
Malgré ces changements, le Portugal est toujours considéré comme un pays relativement favorable aux crypto-monnaies. Les investisseurs à long terme, en particulier, peuvent continuer à bénéficier d’avantages fiscaux pour autant que certaines conditions soient remplies.

Conclusion
Le Portugal a considérablement modernisé son système fiscal pour les crypto-monnaies ces dernières années. Les gains à court terme sont désormais imposables, tandis que les investissements à long terme peuvent rester exonérés d'impôt sous certaines conditions.
Dans le même temps, de nouvelles règles européennes comme le DAC8 et le règlement MiCA renforcent la régulation du marché des cryptos. Cela rend le commerce des actifs numériques plus transparent – mais aussi plus contrôlé.
L’image précédente du Portugal en tant que paradis fiscal complet pour les crypto-monnaies appartient désormais en grande partie au passé. Néanmoins, le pays reste une place intéressante sur le marché européen des cryptomonnaies pour de nombreux investisseurs à long terme.
Voir l’article original en allemand
