Pourquoi la réglementation devient soudainement un moteur

Pourquoi la réglementation devient soudainement un moteur

Les poids lourds de l'industrie se sont réunis sur la scène du Forum économique mondial de Davos. Brad Garlinghouse de Ripple, Brian Armstrong de Coinbase, des représentants des grandes banques et banques centrales. L’accent a été mis sur un sujet qui anime le marché financier depuis des mois : la tokenisation. Il s’agit de la représentation numérique d’actifs réels sur la blockchain, des obligations aux fonds en passant par l’immobilier. La teneur du débat était claire. La tokenisation est considérée comme la prochaine étape de l’évolution des marchés financiers mondiaux, mais seulement si la confiance et la réglementation suivent le rythme.

Groupe de discussion sur l'industrie de la cryptographie, source : https://www.youtube.com/watch?v=DT1_TSyH2bc

Un point récurrent était le rôle de l’infrastructure des marchés financiers. Les investisseurs institutionnels recherchent un accès sécurisé et réglementé qui connecte différents pools de liquidités. C’est exactement là que la technologie blockchain est considérée comme un pont. Les actifs tokenisés ne sont pas destinés à remplacer les marchés traditionnels, mais à les compléter. En Europe en particulier, cela est considéré comme une opportunité de rendre les marchés de capitaux plus attractifs. Beaucoup d’épargnants, peu d’investisseurs : ce déséquilibre pourrait être brisé grâce à de nouveaux produits plus accessibles.

Les taux d’intérêt repensés

Les choses sont devenues passionnantes en ce qui concerne la question des retours. Les Stablecoins concurrencent de plus en plus les dépôts bancaires traditionnels. Brian Armstrong a ouvertement soutenu que les pièces stables avec des récompenses ou des rendements offrent aux consommateurs plus d'options.

Aux États-Unis, c’est précisément ce point qui suscite la controverse politique. Les banques craignent des sorties de capitaux si les produits cryptographiques réglementés offrent des rendements plus élevés que les modèles d’épargne classiques. Armstrong a clairement indiqué que la concurrence profite en fin de compte aux utilisateurs et que la réglementation ne doit pas ralentir cette concurrence.
D’un point de vue européen, cela semblait beaucoup plus prudent. Les représentants des banques centrales ont souligné que l’innovation sans réglementation comporte des risques. Les crises financières ont montré à quel point l’absence de garde-fous peut coûter cher.

L’euro numérique n’a pas pour objectif de remplacer les dépôts bancaires. Il s’agit plutôt de complémentarité et non de confrontation. Les solutions publiques et privées doivent coexister, tout comme le système monétaire l’a connu depuis des siècles.

Ripple comme intermédiaire

Brad Garlinghouse a adopté un ton médiateur. Ripple a pu constater par lui-même ce que signifie un manque de clarté réglementaire. Cinq années de litiges aux USA en sont un rappel. Mieux vaut la clarté que le chaos, même si les lois ne sont jamais parfaites. La compétition exige les mêmes règles pour tout le monde. Les sociétés de cryptographie devraient respecter des normes et les banques devraient en retour bénéficier d’un accès équitable aux nouvelles technologies.

Un autre aspect était la dimension géopolitique. Aujourd’hui, les pièces stables sont principalement liées au dollar américain. Dans le même temps, la Chine travaille avec intérêt sur les monnaies numériques.

Même si l’Europe est en avance en matière de réglementation avec MiCA, elle est à la traîne en termes de dynamique de marché. La tokenisation est de plus en plus considérée comme un facteur de concurrence monétaire mondiale. Il s’agit d’une arme à double tranchant pour les marchés émergents. D’un côté, les coûts des paiements transfrontaliers diminuent, mais de l’autre, il existe un risque de dollarisation rampante.

Le thème de la consommation d'énergie a également été abordé. Garlinghouse a précisé que toutes les blockchains ne fonctionnent pas avec une preuve de travail énergivore. Les réseaux comme le XRP Ledger ou d’autres systèmes de preuve de participation ne nécessitent qu’une fraction de l’énergie. La tokenisation n’est donc pas un tueur climatique supplémentaire, mais est souvent plus efficace que l’infrastructure financière existante.

Consommation d'énergie en 2022 en comparaison, source : https://neosfer.de/ ou CCRI

En fin de compte, une image commune s’est dégagée. La tokenisation arrive. Non pas comme une rupture radicale, mais comme une intégration progressive dans les systèmes existants. XRP et les réseaux similaires jouent un rôle de base technique pour un traitement rapide et efficace. Ce qui reste crucial est de savoir si la réglementation et l’innovation se développent ensemble. C’est exactement ce que beaucoup au WEF considèrent comme le véritable tournant des années à venir.

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