
Un tribunal fédéral de New York a mis fin à un différend de plusieurs années autour de l'une des plus grandes bourses décentralisées. Un juge a rejeté un recours collectif visant à tenir la plateforme et son fondateur responsables des jetons frauduleux échangés via le protocole.
La décision a été prise avec un refus définitif de revenir sur sa décision. Cela marque la fin de près de quatre ans de litige.
Quelle est l’essence des plaintes ?
Un groupe d'investisseurs a allégué que les jetons associés aux programmes de « rug pull » et d'accélération artificielle des prix étaient activement lancés et négociés via le protocole. Selon les plaignants, les promoteurs auraient créé un environnement permettant à de tels projets d’exister.
Le premier procès a été intenté au printemps 2022. Il a été rejeté en 2023, puis la décision a été confirmée en appel. Les plaignants ont ensuite tenté de reformuler leurs allégations pour se concentrer sur les violations des lois nationales sur la consommation. Cependant, cette version n'a pas non plus convaincu le tribunal.
Position du tribunal
Dans la dernière décision, le juge a souligné que les plaignants ne pouvaient pas prouver que la plateforme était au courant de la fraude et avait contribué de manière significative à sa commission. Le simple fait de l’existence d’un protocole n’équivaut pas à la participation à un stratagème criminel.
La formulation du tribunal était dure. Fournir une infrastructure neutre qui peut être utilisée aussi bien par les bons que par les mauvais acteurs ne rend pas les développeurs complices.
Pour plus de clarté, le tribunal a comparé la situation avec une banque ou une messagerie instantanée. Si un attaquant utilise des services réguliers à des fins illégales, la responsabilité en incombe à lui et non au fournisseur de l'outil.
C'est un point important. Le tribunal a fait une distinction entre l'infrastructure et le comportement d'utilisateurs spécifiques.
Réaction des développeurs
Le fondateur du protocole a qualifié la décision de logique et de bon sens. Selon lui, si du code open source est utilisé par des fraudeurs, ils devraient en être tenus responsables.
Cette thèse est particulièrement importante pour l’écosystème DeFi. La plupart des protocoles fonctionnent sur la base de contrats intelligents ouverts, accessibles à tout utilisateur sans contrôle centralisé.
En conséquence, la décision peut être considérée comme un précédent partiel en ce qui concerne la responsabilité des développeurs de services décentralisés.
Pourquoi est-ce important pour le marché ?
Le procès visait à élargir le champ de la responsabilité dans le domaine des actifs numériques. Si le tribunal s’était rangé du côté des plaignants, cela aurait pu créer un risque pour d’autres projets DeFi.
Les développeurs seraient alors potentiellement responsables des actions de tiers simplement parce qu’ils ont créé la technologie. Aujourd’hui, le tribunal l’a confirmé : la présence d’un protocole ouvert ne signifie pas en soi le contrôle de chaque jeton ou de chaque transaction.
Quelle différence cela fait-il ?
C'est un signal pour le marché. L’incertitude juridique entourant les échanges décentralisés s’est partiellement atténuée. Toutefois, cela ne signifie pas une immunité totale. S'il apparaît des preuves d'une implication directe ou d'une connaissance de la fraude, l'approche du tribunal peut être différente.
En attendant, la décision renforce la position des promoteurs d’infrastructures. Alors que la réglementation des actifs numériques continue de prendre forme, des cas comme ceux-ci deviennent une référence pour les futurs litiges. C’est pourquoi le verdict compte non seulement pour une entreprise spécifique, mais aussi pour l’ensemble du secteur.
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