
Les transactions de change entre grandes banques se heurtent encore souvent au même vieux problème : les parties se sont mises d’accord sur le taux de change, mais le règlement final prend du temps. L'argent reste bloqué, les participants détiennent des liquidités supplémentaires et le risque de la transaction demeure jusqu'à ce qu'elle soit entièrement réalisée.
Un nouveau projet impliquant Chainlink, des banques européennes et sud-coréennes testera si ce processus peut être réduit à un temps quasi réel. Pour ce faire, les participants souhaitent utiliser des pièces stables réglementées liées à l’euro et au won sud-coréen.
Pourquoi les banques se tournent vers les pièces stables
Pour le marché de la cryptographie, les pièces stables sont depuis longtemps devenues un outil de paiement courant. Pour les banques, il ne s’agit plus seulement d’une infrastructure de crypto-monnaie, mais d’un moyen possible d’accélérer le mouvement des monnaies conventionnelles.
Le projet Pangea n’est pas une question de spéculation ou d’échange de jetons. Les banques veulent tester si les versions numériques de l’euro et du won peuvent remplacer la lente couche de règlement dans les transactions de change.
Si le modèle fonctionne, une opération de change importante pourra être clôturée presque immédiatement. Cela réduit le temps d'attente, réduit le besoin de liquidités de réserve et réduit le risque qu'une partie ait déjà rempli son obligation et que l'autre ne l'ait pas encore fait.
Le pari est sur le corridor commercial à 150 milliards de dollars
La première direction choisie a été celle des colonies entre l’Europe et la Corée du Sud. Plus de 150 milliards de dollars de biens et services transitent chaque année par ce corridor.
Pour un tel volume, même une légère accélération des calculs fait la différence. Plus une entreprise reçoit de l’argent rapidement, moins les capitaux restent inutilisés entre les banques et les intermédiaires.
Le choix de l’Asie est également logique. La région utilise déjà activement des pièces stables dans les paiements, et la demande d'instruments de règlement plus rapides y est plus élevée que dans les systèmes financiers matures dotés d'une infrastructure bancaire développée.
Les participants ne veulent pas briser le système bancaire
Le projet Pangea n’est pas conçu pour remplacer Swift et les normes bancaires. L’idée est plutôt de connecter une nouvelle couche informatique à une infrastructure déjà familière.
Les banques pourront envoyer des commandes via Swift et la technologie Chainlink les traduira en exécution blockchain. Le projet est également conçu pour être compatible avec la norme ISO 20022, déjà utilisée dans les communications financières internationales.
C'est un détail important. Les banques traditionnelles ne migreront pas massivement vers un système qui nécessiterait un abandon complet des processus existants. Ils ont besoin d’un pont entre les outils traditionnels et les paiements symboliques.
Qui est impliqué dans l'initiative
Le projet inclut le consortium européen Qivalis, qui travaille avec des pièces stables en euros et est soutenu par 37 banques. Du côté sud-coréen, UniKA, une alliance bancaire regroupant plus de 10 banques commerciales, participe.
Ensemble, les institutions associées à l’initiative représentent plus de 10 000 milliards de dollars d’actifs. Cela rend le projet visible non seulement pour l’industrie de la blockchain, mais également pour le marché des changes.
Chainlink agit en tant que fournisseur d'infrastructure dans ce programme. Sa tâche est de connecter les messages bancaires, les monnaies tokenisées et le réseau de règlement en un seul modèle de travail.
La transaction doit avoir lieu sans partie « suspendue »
L’un des éléments clés du projet est le règlement paiement contre paiement. Cela signifie que les deux parties de la transaction de change sont exécutées simultanément.
Si une partie ne remplit pas son obligation, la transaction entière échoue. Ce mécanisme réduit le risque de contrepartie et rend les règlements plus fiables pour les grands participants.
Ceci est particulièrement important pour les transactions de plusieurs millions de devises. Une erreur ou un retard d’un côté peut créer une chaîne de problèmes pour les banques, les clients et la trésorerie des entreprises.
Pangea L1 deviendra une couche de calcul neutre
Il est prévu d'utiliser un réseau Pangea L1 distinct pour effectuer les opérations. Il devrait devenir une plate-forme neutre où les euros et les wons symboliques peuvent être échangés dans le cadre d'un règlement presque instantané.
En fait, la blockchain est utilisée ici comme une couche technique, et non comme une vitrine publique pour les traders de crypto. Les banques continuent de travailler avec des messages familiers, mais le règlement final est transféré vers une infrastructure plus rapide.
Cette approche peut être plus pratique pour les grandes institutions financières. Cela ne les oblige pas à acheter des crypto-monnaies ou à changer complètement les systèmes internes.
Chainlink veut aller au-delà des tests
Il existe de nombreux projets pilotes de blockchain dans le secteur bancaire qui restent des expériences. Le projet Pangea tente d’atteindre immédiatement un objectif plus pratique.
Nicky Ariyasinghe, vice-président de Chainlink pour l'Asie-Pacifique et le Moyen-Orient, a déclaré que les participants considèrent l'initiative comme l'avenir des infrastructures. L’objectif est de mener des opérations réelles dans un environnement réglementé dans un délai de 12 mois.
C'est un signal important. Si le projet parvient à concrétiser des transactions, il deviendra non seulement une preuve de concept, mais un exemple concret de l'utilisation de pièces stables dans les règlements interbancaires.
Ripple n'est pas considéré comme le principal rival
Le projet Pangea peut être comparé à Ripple car cette société travaille depuis longtemps sur le thème des paiements internationaux pour les institutions financières. Mais Chainlink essaie de ne pas présenter l’initiative comme une concurrence directe.
L’approche ici est différente. Il ne s’agit pas de créer un réseau unique qui remplacerait les anciennes routes, mais de connecter la technologie aux processus bancaires existants.
Pour les acteurs traditionnels, il s’agit peut-être d’un modèle plus acceptable. Les banques sont plus susceptibles de choisir des solutions pouvant être mises en œuvre progressivement et sans interruption opérationnelle brutale.
Les Stablecoins deviennent un instrument bancaire
L’idée principale de l’initiative va au-delà d’un simple corridor commercial. Les Stablecoins sortent progressivement de leur rôle d’outil pour les échanges cryptographiques et les traders.
Si les euros et le won tokenisés peuvent être utilisés dans des transactions en devises réelles, cela renforcera l'idée des pièces stables en tant qu'infrastructure de règlement pour la finance traditionnelle.
Mais pour y parvenir, le projet doit passer un test important. Les participants devront prouver qu'un tel modèle répond aux exigences réglementaires, de contrôle des risques, de reporting et de conformité bancaire.
Quelle est la prochaine étape ?
D’ici un an, le projet Pangea devrait montrer si les transactions de change importantes peuvent passer d’un règlement en deux jours à un format quasi instantané. Si les premières véritables opérations réussissent, le projet pourrait devenir un exemple important de la manière dont les banques utilisent la blockchain sans abandonner Swift et ISO 20022.
C’est une opportunité pour Chainlink de prendre pied à l’intersection de la finance traditionnelle et des actifs tokenisés. Pour les banques, c'est un moyen de libérer rapidement des capitaux et de réduire les risques de règlement dans le commerce international.
La conclusion principale est simple. Le projet Pangea n’essaie pas de transformer les banques en échanges cryptographiques. Il teste si les pièces stables peuvent devenir une nouvelle couche de règlement pour les transactions en devises régulières. Si le modèle fonctionne, les transferts internationaux entre l’Europe et la Corée du Sud pourraient devenir plus rapides, moins chers et plus sûrs pour les grands acteurs.
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