Le protocole de prêt décentralisé Prêt zéro a annoncé la fermeture définitive de ses activités ce lundi (17), après que sa valeur totale bloquée (TVL) ait chuté de 98% par rapport à son sommet. Le volume des actifs sur la plateforme, qui atteignait 359 millions de dollars américains en novembre 2024, est tombé à seulement 6,6 millions de dollars américains (environ 38 millions de reais).
L'annonce a déclenché une vente massive du token natif ZÉROqui a enregistré une baisse de plus de 30% au cours des dernières 24 heures. L’effondrement se produit dans un scénario de consolidation du marché, dans lequel les petits protocoles rencontrent des difficultés à maintenir leur viabilité économique face aux coûts opérationnels et aux cyberattaques.
Qu’est-ce qui se cache derrière ce mouvement ?
En termes simples, le modèle économique de ZeroLend est devenu insoutenable. Le fondateur, connu sous le pseudonyme de « Ryker », a cité les pertes opérationnelles continues et la détérioration de l’écosystème comme principales causes. De nombreux réseaux « débutants » sur lesquels le protocole a mis en jeu ses jetons sont devenus inactifs ou ont perdu de leur liquidité, drainant des ressources sans générer de revenus.
Ce scénario stressant n’est pas isolé. Le secteur de la finance décentralisée (DeFi) a connu une bifurcation entre projets solides et expérimentations risquées. La fermeture rappelle des moments de tension sur le marché, similaires à ceux où nous avons vu un autre protocole DeFi (AAVE) faire face à une pression de liquidation, bien que dans ce cas, l'échec ait été terminal pour ZeroLend. En outre, la fragmentation de la liquidité sur plusieurs réseaux a accru la surface du risque, un problème récurrent qui a récemment donné lieu à des poursuites judiciaires à la suite de l'exploitation d'un pont dans un autre projet, sapant ainsi la confiance des déposants.
Comment cela fonctionne-t-il en pratique ?
Le processus d'arrêt de ZeroLend suit une feuille de route technique visant à réduire les dommages, bien que les pertes soient inévitables pour les détenteurs de jetons. Les principaux points d'arrêt comprennent :
- Gel des prêts : La plupart des marchés ont été ajustés à un Loan-to-Value (LTV) de 0 %, ce qui empêche en pratique l'ouverture de nouvelles positions de dette.
- Baisse drastique des revenus : Les données montrent que les bénéfices du protocole sont passés de 1,17 million de dollars en 2025 à seulement 132 290 dollars cette année.
- Récupération sur les réseaux illiquides : Pour les actifs bloqués dans des réseaux à faible liquidité (comme Manta et Zircuit), l’équipe prévoit une mise à niveau du contrat intelligent (« mise à niveau timelock ») pour tenter de redistribuer les fonds.
- Remboursement du piratage précédent : Les victimes de l'exploit du réseau Base, survenu en février 2025, recevront des remboursements partiels financés par l'allocation de largage du réseau Linea reçue par l'équipe.
Alors que ZeroLend succombe aux pressions du marché, les investisseurs institutionnels continuent de rechercher la qualité. Ce mouvement est clair lorsque l’on observe le positionnement des grands gestionnaires, comme dans le cas où Grayscale dépose un ETF spot AAVE, signalant que le capital migre vers des protocoles « blue chips » au lieu de paris risqués.
Comment cela affecte-t-il les investisseurs brésiliens ?
Pour l’investisseur brésilien qui a utilisé ZeroLend pour monétiser ses actifs (agriculture de rendement), la recommandation immédiate est de retirer la totalité des fonds. Si vos actifs se trouvent sur des réseaux principaux comme Ethereum ou Linea, le retrait doit être traité rapidement avant que l'interface ou la liquidité ne se dégrade davantage.
L'effondrement du token ZERO renforce l'importance de différencier les projets expérimentaux des infrastructures consolidées. Au Brésil, où l’intérêt institutionnel augmente, la sécurité est une priorité. Ce n'est pas une coïncidence si nous constatons des avancées significatives dans des projets robustes, comme lorsqu'Uniswap intègre le fonds tokenisé de BlackRock, offrant un contraste frappant en termes de fiabilité par rapport aux résultats de ZeroLend.
Risques et éléments à surveiller
Le plus grand risque restant réside dans les fonds bloqués dans des « chaînes à longue traîne ». Selon les données du tracker DefiLlama, il existe encore des soldes résiduels sur des réseaux tels que xLayer et Zircuit qui dépendent de l'intervention manuelle des développeurs pour être libérés. Il n’y a aucune garantie de rétablissement complet dans ces cas.
Les analystes soulignent que cette affaire met en évidence les défauts structurels de liquidité du modèle agressif multi-chaînes. Les investisseurs devraient éviter d'acheter le token ZERO en spéculant sur une reprise, car l'équipe du projet a explicitement confirmé qu'il n'y aura pas de voie de récupération pour les détenteurs de tokens, marquant la fin définitive du parcours de l'actif.
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