
2026 s’annonce comme une année de forte pression sur le front de la cybersécurité, marquée par une convergence structurelle entre tensions géopolitiques, transformation technologique et activités criminelles. Les prévisions décrivent un scénario dans lequel les acteurs étatiques, les groupes de menaces persistantes avancées (APT) et les écosystèmes de cybercriminalité continueront d’opérer à des niveaux d’intensité élevés, en tirant parti de surfaces d’attaque en constante expansion et de modèles opérationnels de plus en plus hybrides. Les frontières entre espionnage, sabotage et criminalité sont de plus en plus floues, avec un impact direct sur la stabilité numérique des gouvernements, des entreprises et des infrastructures critiques.
Drones et systèmes autonomes
L’un des secteurs les plus exposés est celui des drones. La diffusion des véhicules aériens sans pilote (UAV) dans les domaines militaire et commercial a attiré l’attention des principales cyberpuissances, notamment la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. Les activités de renseignement ciblent le vol de propriété intellectuelle et la collecte d’informations stratégiques, avec une attention constante sur les capacités développées dans des contextes de conflit.
La guerre en Ukraine continue d’être un test pour l’innovation militaire, tandis que Taiwan reste une cible prioritaire pour la Chine. Avec la maturation technologique des véhicules de surface sans pilote (USV) et des véhicules terrestres sans pilote (UGV), des dynamiques similaires sont appelées à s’étendre également aux domaines maritime et terrestre, élargissant encore le périmètre des opérations de cyberespionnage et d’intrusion.
Pressions géopolitiques
Au niveau régional, la Chine intensifiera sa surveillance intérieure et étendra ses activités de renseignement en Amérique latine, également en réponse à la présence croissante des États-Unis. Les organisations impliquées dans le commerce international resteront particulièrement exposées, grâce à l’évolution des politiques commerciales et à la question des sanctions.
La Russie continuera à utiliser des groupes cybercriminels à des fins d’espionnage, avec une collaboration plus fréquente entre acteurs étatiques. Les activités destructrices affecteront les infrastructures énergétiques et le secteur céréalier, tandis que l’industrie des drones militaires deviendra une cible de plus en plus pertinente.
L’Europe connaîtra également une pression accrue, à la lumière des programmes de réarmement lancés par plusieurs pays. L’Iran et la Corée du Nord sont dans une phase d’adaptation stratégique, tandis que la Biélorussie montre des signes d’une plus grande assurance et d’une approche progressiste à l’égard des cybercapacités russes.
Mobile et cybercriminalité
Dans le monde mobile, 2026 verra une croissance des logiciels malveillants Android qui exploitent les outils d’IA générative. L’IA abaisse le seuil d’entrée dans la cybercriminalité et permet même à des acteurs ayant des compétences limitées de développer des campagnes à grande échelle. Les escroqueries basées sur la communication en champ proche (NFC), combinées à des techniques d'ingénierie sociale de plus en plus personnalisées, rendront la détection plus complexe et augmenteront l'exposition des utilisateurs et des organisations.
Agents IA et sécurité
L’IA représentera l’un des facteurs de risque les plus critiques dans un avenir proche. L'agent IA pénétrera de plus en plus profondément dans les infrastructures d'entreprise et cloud, souvent sans cadre architectural clair et sans protection de sécurité adéquate. La complexité des interactions entre agents IA
cela augmentera la surface d’attaque, rendant possibles les violations de données et les accès non autorisés, même à partir de mauvaises configurations élémentaires. La propagation des marchés de l’IA compliquera encore davantage la situation, car des agents apparemment légitimes peuvent être clonés ou subtilement modifiés par des acteurs malveillants.
Un autre élément critique concerne les modèles d’IA. L'écosystème de modèles accessibles au public continuera de croître, avec des millions de composants adoptés comme de véritables « boîtes noires », caractérisées par une logique interne opaque et des données de formation invérifiables. Précipiter l’intégration de ces modèles introduira des vulnérabilités latentes et des risques de chaîne d’approvisionnement au sein des pipelines d’IA. En parallèle, l’utilisation malveillante de l’IA se concentrera principalement sur l’ingénierie sociale.
Les deepfakes, les e-mails et les contenus numériques de plus en plus convaincants permettront des campagnes frauduleuses à grande échelle, tandis que les robots avancés alimenteront la fraude, la désinformation et l'ingérence dans les processus électoraux. Les formes de logiciels malveillants basés sur l'IA, tels que PromptLock, s'inscrivent également dans ce contexte, augmentant le niveau d'autonomie des activités malveillantes.
Ransomwares et voleurs d'informations
Les ransomwares resteront une menace centrale en 2026. Même si l’attention des médias se concentre souvent sur les vecteurs d’attaque à fort impact, tels que l’échange de cartes SIM, le vishing ou les vulnérabilités Zero Day, la majorité des attaques continueront à exploiter des techniques établies. Les mots de passe faibles, les systèmes obsolètes, les ports RDP (Remote Desktop Protocol) exposés et les vulnérabilités des appareils périphériques resteront des points d'entrée majeurs. Le scénario restera relativement stable, avec une fragmentation limitée, mais de nouveaux joueurs comme Warlock introduiront des techniques d'évasion avancées à surveiller de près. Des groupes comme Qilin consolideront leur position, tandis que la réduction des groupes historiquement dominants, souvent suite à des interventions des forces de l’ordre, mettra en évidence la nature instable de l’écosystème criminel.
La diffusion d’outils conçus pour échapper aux solutions de détection et de réponse des points finaux montre à quel point ces systèmes restent un obstacle majeur pour les opérateurs de ransomwares. En 2026, des tueurs EDR de plus en plus sophistiqués continueront d'apparaître, ce qui renforcera le besoin des organisations en capacités de détection rapide et en processus de réponse efficaces.
Coopération et résilience
Au niveau institutionnel, la cyberactivité restera élevée. Des vulnérabilités continueront d’apparaître régulièrement, y compris les vulnérabilités Zero Day, à mesure que les attaques contre la chaîne d’approvisionnement et le cloud deviendront plus fréquentes. En réponse, la coopération internationale, le partage de renseignements et le développement de la réglementation vont se développer, parallèlement à une collaboration de plus en plus nécessaire entre les secteurs public et privé.
L’horizon 2026 nécessitera donc une approche fondée sur une vigilance continue, une coopération transversale et une adaptation rapide. Dans un contexte où technologies et menaces évoluent en parallèle, la résilience numérique se confirme comme une priorité stratégique pour les gouvernements, les organisations et la société dans son ensemble.
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