Les datacenters, des conventions nationales aux collectivités territoriales

Les datacenters, des conventions nationales aux collectivités territoriales

On se souviendra probablement de 2026 comme de l’année où le législateur italien a cessé de s’attaquer au phénomène des centres de données et a tenté de le réglementer. Le décret législatif 21/2026, dit décret-projet, a introduit avec l'article 8 une procédure d'autorisation unique, avec certaines conditions et une conférence de services qui absorbe les évaluations environnementales, paysagères et de connexions aux réseaux. Le texte unifié qui donne délégation au Gouvernement pour une régulation organique des centres de traitement de données a été approuvé à la Chambre et est actuellement examiné par le Sénat. Entre-temps, la Région Lombardie, qui concentre à elle seule la plus grande partie des demandes de raccordement nationales, a adopté sa propre loi sur le règlement. Trois niveaux de régulation, trois époques différentes, trois logiques qui ne parlent pas toujours le même langage.

Le nœud des simplifications

Ceux qui travaillent dans ce secteur depuis des années sont bien conscients du problème que ces interventions tentent de résoudre : un processus d’autorisation fragmenté entre municipalités, provinces, régions et administrations centrales, longtemps sans cadre unitaire, qui laissait aux autorités locales individuelles une large marge discrétionnaire, parfois déstabilisante pour ceux qui devaient planifier des investissements pluriannuels. La réponse nationale avec la procédure unique va dans le bon sens : des délais définis, une seule autorité responsable, un seul dossier de projet. Mais la simplification au niveau de l’État ne met pas fin au jeu, car la gouvernance territoriale en Italie reste une question concurrente par la Constitution, et les régions ont le droit d’intervenir sur les profils urbanistiques, environnementaux et énergétiques qui affectent directement l’emplacement des usines.

La loi de la Région Lombardie

C’est là que s’ouvre le nœud le plus délicat. La loi lombarde, pour donner l'exemple le plus abouti, introduit des seuils d'usage échelonnés en fonction de la puissance thermique, des obligations d'audit sur la récupération de chaleur, des cotisations de péréquation sociale liées à la surface bâtie. Ce sont des outils qui répondent à de réels besoins d’acceptabilité sociale et de gestion des ressources énergétiques, et que d’autres régions disposant d’importantes réserves de projets observeront attentivement avant de s’autoréguler. Le risque, si chaque territoire procède selon sa propre séquence temporelle et sa propre philosophie de régulation, est une stratification qui reproduit sous une autre forme le problème que la procédure nationale unique voulait résoudre : non plus un vide réglementaire générant du pouvoir discrétionnaire, mais une pluralité de règles locales génératrices d’imprévisibilité. Cela s'est déjà produit dans d'autres secteurs d'infrastructures, des hydrocarbures aux énergies renouvelables, où la Cour constitutionnelle a dû intervenir à plusieurs reprises pour rappeler que les régions ne peuvent pas introduire de modèles d'autorisation qui diffèrent des réglementations étatiques sur les infrastructures d'importance stratégique. Un précédent qu’il convient de garder à l’esprit, car le contentieux réglementaire, dans un secteur où les délais de mise en œuvre se mesurent déjà en mois de litige centimètre par centimètre, constitue le coût le plus élevé qu’on puisse payer.

La variable énergétique

La variable énergétique complique encore la situation. Les demandes de raccordement accumulées à Terna ont atteint des niveaux que les gestionnaires de réseau eux-mêmes définissent comme n'étant plus durables, et une grande partie de ce nombre correspond à des projets spéculatifs qui ne seront jamais destinés à devenir des chantiers de construction. En tant qu'IDA, nous travaillons avec Terna et Arera pour contribuer à la modification du TIC, en proposant l'introduction de critères de confiscation pour les demandes sans réelle cohérence de planification. Il s'agit d'une mesure d'hygiène du marché nécessaire, mais son efficacité dépend de la coordination entre l'autorité qui délivre l'autorisation unique, le gestionnaire du réseau et les administrations régionales chargées des travaux de raccordement : trois entités qui répondent aujourd'hui à des logiques et des timings pas toujours alignés. D’où la nécessité de penser non pas tant à un niveau de gouvernement qui doit prévaloir sur les autres, mais plutôt à des mécanismes de liaison qui permettent à l’État, aux régions et aux autorités locales d’évoluer dans une séquence cohérente plutôt que dans un parallèle non coordonné. Certains outils existent déjà et méritent d'être valorisés : les accords territoriaux de planification supracommunale, les accords entre les autorités locales et la chaîne industrielle qui définissent à l'avance les critères de localisation et de compensation, les tableaux techniques que certaines administrations provinciales ont commencé à expérimenter pour donner aux opérateurs un cadre prévisible avant même le lancement de la procédure formelle. Des expériences de ce type, bien qu'encore limitées, indiquent une voie viable : non pas remplacer le cadre national, mais le traduire en pratiques partagées au niveau local, capables d'anticiper les problèmes d'autorisation au lieu de les télécharger dans la procédure unique en aval.

Pour que ce modèle fonctionne à plus grande échelle, certaines conditions minimales sont nécessaires. Le premier est la clarté des responsabilités : savoir dès le départ quelle administration décide de quoi, en évitant les chevauchements entre l'autorisation environnementale intégrée, les variantes d'urbanisme et les travaux de raccordement. Le deuxième est l'alignement temporel entre les différents niveaux, car une procédure unique qui respecte ses propres termes ne sert à rien si en amont l'accord territorial avec la collectivité impose des délais incompatibles. Le troisième est un canal d’interlocution stable entre les administrations et la représentation sectorielle, qui permet d’intercepter les questions critiques d’application avant qu’elles ne se transforment en recours ou en projets bloqués : les associations professionnelles, en ce sens, peuvent jouer un rôle de liaison technique utile aux deux parties, sans se substituer aux prérogatives décisionnelles d’un quelconque niveau institutionnel.

Le cadre national

Il n’existe probablement pas de solution institutionnelle unique valable pour tous les territoires : la géographie des centres de données en Italie est trop inégale, concentrée dans quelques zones à forte densité d’infrastructures et encore présente sous une forme naissante ailleurs, pour qu’un modèle unique de gouvernance régionale ait un sens partout. Mais c'est précisément pour cette raison que le cadre national doit être garant de certains principes communs – transparence des critères, certains délais, coordination entre énergie et territoire – en laissant l'espace aux organisations locales de calibrer les outils sur leurs propres spécificités, sans pour autant transformer cet espace en un multiplicateur de procédures différentes. C'est la différence entre la gestion multiniveaux et la gestion sans ordre particulier : la première nécessite un investissement institutionnel continu, la seconde se construit, processus après processus, avec des coûts que le secteur connaît déjà.

En tant qu'IDA, nous travaillons en étroite collaboration avec les institutions nationales et territoriales pour promouvoir un cadre réglementaire de plus en plus harmonisé, clair et cohérent, capable de soutenir le développement du secteur des centres de données. Par exemple, les protocoles d'accord signés avec le MIMIT et la Province de Pavie s'inscrivent dans cette direction, représentant un modèle de collaboration visant à combiner attraction des investissements, simplification administrative et développement durable des territoires.

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