Bitcoin en dessous de la moyenne mobile sur 200 semaines. Signal technique ou début de quelque chose de plus grand ?

Bitcoin en dessous de la moyenne mobile sur 200 semaines. Signal technique ou début de quelque chose de plus grand ?

Bitcoin a clôturé la semaine en dessous de la moyenne mobile sur 200 semaines, un niveau technique qui a historiquement servi de plancher dans les marchés baissiers – la dernière fois que cela s'est produit, c'était en 2022, lorsque le BTC a glissé à environ 15 000 $ avant de rebondir. Coïncidence ou signe structurel de quelque chose de plus profond ?

Pour ceux qui détiennent du Bitcoin dans leur portefeuille, ou envisagent d’en ajouter, ce type de signal technique n’est jamais neutre. Cela ne change pas la thèse à long terme sur Bitcoin, mais cela semblerait augmenter le niveau d’incertitude quant au moment et à la manière dont le cycle pourrait tourner.

La moyenne mobile sur 200 semaines : un outil, pas un oracle

Moyenne mobile sur 200 semaines c'est l'un des outils de analyse technique le plus suivi sur les marchés financiers mondiaux, et sur Bitcoin en particulier, il a pris au fil du temps un poids presque mythologique parmi les opérateurs de long terme. Le calcul est conceptuellement simple : il s'agit de la moyenne arithmétique des cours de clôture des 200 dernières semaines, correspondant à environ quatre années d'historique du marché. Sa pertinence réside précisément dans cet horizon temporel étendu, qui tend à neutraliser les bruits de court terme et à donner une lecture de la structure profonde de la tendance.

Lorsque le prix est constamment au dessus de cette moyenne, le consensus parmi les techniciens est que la tendance de fond est structurellement haussière. Cependant, lorsque le prix tombe en dessous de ce seuil et y clôture une semaine entière, le signal qui émerge n'est pas tant une prédiction sur l'avenir, mais plutôt un diagnostic de l'état actuel du marché : la pression à la baisse a prévalu sur la demande de manière suffisamment persistante pour altérer l'équilibre à long terme.

Que s’est-il passé en 2022 et pourquoi la comparaison tient à mi-chemin

La clôture de dimanche à 62 833 $ sur Bitstamp a placé Bitcoin sous ce seuil pour la première fois depuis l'été 2022. Dans ce cycle baissier, la rupture s'est produite en juin et les plus bas n'ont été atteints qu'en novembre, autour de 15 476 $, avant que le marché n'entame le lent et long processus de récupération qui a culminé avec de nouveaux sommets historiques en 2024 et 2025. La rupture de la moyenne n'a pas provoqué la baisse au sens strict du terme, mais avait anticipé et en quelque sorte certifié la phase la plus aiguë de la descente.

Le contexte actuel semble cependant différer sur au moins deux dimensions pertinentes. La première concerne la nature de l’évolution des prix : Bitcoin évolue depuis près de trois mois dans une fourchette latérale comprise entre 57 700 $ et 67 300 $, une compression de la volatilité implicite qui ne correspond techniquement pas à un effondrement en cours, mais à un marché qui n’a pas encore choisi de direction. Dans ce scénario, la violation de la moyenne sur 200 semaines pourrait signaler non pas tant un effondrement imminent qu'une érosion progressive du momentum directionnel, c'est-à-dire de cette force motrice qui soutient les prix dans les phases expansionnistes même en l'absence de catalyseurs spécifiques.

Flux des ETF et signal institutionnel

La deuxième dimension concerne les flux de capitaux, et c’est celle qui rend la comparaison avec 2022 plus valable qu’il n’y paraît à première vue. Au cours de la semaine de référence, le ETF au comptant Les Bitcoins cotés aux États-Unis ont enregistré des sorties nettes de 267,2 millions de dollars. Ces instruments, introduits début 2024 et initialement salués comme le principal canal par lequel le capital institutionnel pouvait structurellement accéder à la classe d’actifs, représentent désormais un baromètre fiable de la demande marginale des investisseurs professionnels. Lorsque les flux nets deviennent négatifs, le résultat est sans ambiguïté : la demande institutionnelle n’absorbe pas l’offre excédentaire, mais contribue plutôt à son expansion.

Ce sont ces données qui semblent distinguer la phase actuelle d’une simple consolidation technique en attente de reprise.

Macros, taux et divergence avec le S&P 500

Des variables macroéconomiques interviennent également pour rendre le tableau plus complexe, qui dans cette phase semblent évoluer dans une direction apparemment favorable au Bitcoin mais sans se traduire par un soutien efficace du prix. Les données sur l'inflation américaine des semaines précédentes étaient inférieures aux attentes, réduisant ainsi la pression sur les taux nominaux. La probabilité implicite que la Réserve fédérale décide de maintenir ses taux inchangés lors de sa réunion de septembre aurait frôlé les 70%, contre 42% un mois plus tôt. Dans des conditions de cycle expansionniste consolidé, un environnement de taux stables ou en baisse tend à favoriser les actifs risqués tels que les crypto-monnaies.

Pourtant, le marché semblait traiter ces informations de manière sélective. LE'S&P500 a atteint de nouveaux sommets historiques la semaine même où Bitcoin a glissé vers le bas de sa fourchette, signalant une divergence dans l'allocation des risques : les investisseurs semblaient préférer l'exposition aux actifs déjà dans une tendance haussière établie, plutôt que ceux qui recherchent une direction. Parallèlement, l'indice de confiance des consommateurs américains est tombé à 42, parmi les niveaux les plus bas historiquement enregistrés, un contexte dans lequel la propension au risque spéculatif a tendance à se concentrer sur des positions déjà rentables, réduisant l'appétit pour les actifs en phase latérale ou incertaine.

Convergence des signaux, pas certitude de direction

Le signal technique de la moyenne mobile sur 200 semaines ne doit donc pas être lu isolément, mais comme l’un des éléments d’une convergence plus large : structure latérale des prix, sorties des ETF institutionnels, divergence par rapport aux indices boursiers mondiaux et détérioration de la confiance des consommateurs. Aucun de ces facteurs ne constitue à lui seul un pronostic, mais leur chevauchement semble donner une image dans laquelle une pression baissière prévalait, au moins à court et moyen terme, sur la demande structurelle.



Voir l’article original en italien

Prime Video sur Amazon.fr
Découvrez un monde infini de divertissement avec Prime Video d’Amazon. Inscrivez-vous dès maintenant pour profiter d’un essai gratuit de 30 jours et plongez dans vos séries et films préférés, où que vous soyez !