Trump évalue le stablecoin pour la reconstruction de Gaza

Trump évalue le stablecoin pour la reconstruction de Gaza
  • La proposition réduirait la dépendance à l’égard des espèces et du shekel israélien, restreinte à partir de 2023.

  • Le projet implique des conseillers du « Conseil de paix » de Donald Trump et des technocrates de Gaza.

Des responsables liés au Conseil de paix de l'administration Donald Trump analysent le développement d'un stablecoin adossé au dollar américain pour relancer les paiements numériques à Gaza.

L’initiative vise à remédier au grave effondrement financier résultant du conflit de 2023-2025, qui a entraîné la fermeture de succursales bancaires et un accès considérablement limité aux billets physiques en shekel, l’unité monétaire officielle israélienne.

La proposition, qui en est à un stade préliminaire, n’envisage pas la création d’une monnaie souveraine palestinienne, mais plutôt le développement d’un mécanisme numérique pour les transactions commerciales.

Les discussions sont dirigées par Liran Tancman, un entrepreneur technologique israélien et conseiller de l'organisation, et impliquer les membres de l'administration technocratique de Gazaen plus des sociétés d'actifs numériques du Golfe et des entreprises locales, selon ce que rapporte le Financial Times ce lundi 23 février 2023.

Lier cet actif au dollar réduirait la dépendance à l'égard d'espèces physiques rares et, simultanément, restreindrait les sources de revenus du Hamas grâce à la traçabilité des opérations.

«La proposition vise à établir un mécanisme de paiement numérique dans un environnement où l'accès à la monnaie physique est limité. « Il ne s'agit pas d'une nouvelle monnaie, mais plutôt d'une infrastructure de stabilité économique », affirment des sources du Conseil de la Paix citées par le journal britannique.

Une condition essentielle à la viabilité du projet est la convertibilité en monnaie fiduciaire. La conception prévoit que les utilisateurs puissent échanger leurs actifs numériques contre des dollars physiques ou des shekels, ce qui obligerait les entités financières à conserver des réserves équivalentes pour maintenir la parité.

Ce système doit être strictement conforme aux réglementations internationales contre le blanchiment d'argent, même si jusqu'à présent les institutions qui assumeraient cette garde n'ont pas été détaillées.

Cependant, le rapport inclut des avertissements d’acteurs non spécifiés, qui, au milieu des discussions, mettraient en garde contre les risques liés à la gouvernance. Ils notent que l’utilisation d’un stablecoin réservé à Gaza pourrait « séparer davantage les économies de Gaza et de la Cisjordanie ».

Une source anonyme, citée par les médias, prévient : « sans moyens de paiement faciles entre Gaza et la Cisjordanie, il sera beaucoup plus difficile de maintenir un lien économique significatif. En pratique, cela rendrait l'économie de Gaza presque autonome et éloignerait encore davantage la possibilité d'une future intégration économique unifiée. Ce qui est en réalité souligné, c'est le risque d'aggraver la ségrégation économique entre les deux territoires palestiniens.

Par ailleurs, une source proche des négociations explique que l’objectif principal est de « vider Gaza de son argent afin que le Hamas ne génère pas de revenus ».

Cette approche suscite un débat sur l'équilibre entre l'exclusion effective des acteurs sanctionnés, tels que le Hamas, et la protection des confidentialité financière des civils à Gaza. Les capacités de suivi inhérentes au système suscitent des inquiétudes quant aux risques potentiels de surveillance de masse, bien que le Financial Times ne détaille pas les mécanismes de surveillance spécifiques ni les garanties de confidentialité en place.

Un tweet de l'utilisateur nikosunity sur le stablecoin que les responsables de Trump envisagent de développer pour Gaza.
Les membres de la communauté commentent que la proposition d’un stablecoin pour Gaza cherche à éviter l’effondrement bancaire, mais transfère le contrôle des flux de capitaux aux régulateurs américains. Source : X

Gaza dispose-t-elle d’une infrastructure de base pour les paiements stables ?

Bien que le rapport ne le mentionne pas, il convient de noter que Gaza est confrontée à de multiples défis pour maintenir un système de paiement basé sur des pièces stables. En effet, la bande de Gaza s'appuie principalement sur la technologie 2G, avec une couverture limitée et des interruptions fréquentes.

Selon les rapports du ministère palestinien des Télécommunications et de l'Économie numérique, environ 75 % des tours mobiles et 70 à 80 % du réseau fixe ont subi de graves dommages depuis octobre 2023.

Paltel Group, la principale entreprise de télécommunications des territoires palestiniens, estime que 70 % de ses infrastructures terrestres restent hors service. NetBlocks a signalé en 2025, au moins 16 pannes totales ou partielles de télécommunications entre octobre 2023 et novembre 2024, coïncidant avec une escalade du conflit.

Ces conditions rendent difficile l’adoption de portefeuilles numériques ou d’applications mobiles qui nécessitent une connectivité stable et à bande passante plus élevée. Cela s’explique également par le fait que l’électricité reste instable sur une grande partie du territoire.

Les rapports de l'ONU et les évaluations humanitaires, telles que le Conseil norvégien pour les réfugiés 2025, indiquent que plus de 90 % des ménages fonctionnent avec un accès minimal, voire inexistant, à une énergie fiable, avec des approvisionnements inférieurs à 4 heures par jour dans de nombreux cas.

De plus, des informations font état de dégâts importants sur le réseau de distribution. La seule centrale électrique de Gaza est hors service depuis octobre 2023.

Restrictions persistantes sur l’entrée de carburant limiter la production et la distribution de l’électricité disponible. Ces facteurs réduisent l’accès à l’énergie dans la plupart des foyers et affectent directement la recharge des appareils mobiles, le fonctionnement des serveurs et la viabilité des systèmes de paiement numérique durables.

Les perspectives de ces réformes financières se présentent un an après un tournant dans le conflit régional. Comme l’a rapporté CriptoNoticias le 15 janvier 2025, Israël et le Hamas ont conclu un accord de cessez-le-feu prévoyant la libération de dizaines d’otages, mettant ainsi fin à plus d’un an d’hostilités qui ont débuté en octobre 2023.

Donald Trump, en tant que président des États-Unis, a attribué les progrès diplomatiques à sa victoire électorale, assurant que son administration donnerait la priorité à la stabilité et à la négociation d’accords de sécurité mondiaux.

Voir l’article original en espagnol

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