
Le ministère de l'Intérieur espagnol a lancé lundi le « I Cours international avancé sur la traçabilité et la saisie des actifs numériques », une ambitieuse initiative de formation organisée par le Centre de renseignement contre le terrorisme et le crime organisé (CITCO).
L’objectif principal est de renforcer les capacités des les forces de sécurité dans la lutte contre les financements illicites liés au crime organisécomme indiqué le 11 mai.
La secrétaire d'État à la Sécurité, Aina Calvo, a présidé la cérémonie d'ouverture du programme, qui rassemble trente agents de haut niveau d'Espagne, d'Andorre et du Portugal.
Ces spécialistes appartiennent à des unités opérationnelles dédiées à la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme, la fraude fiscale et le blanchiment d'argent.
Selon le communiqué officiel du ministère, le cours vise à « leur fournir les ressources et les connaissances les plus avancées » pour anticiper les menaces émergentes dans le domaine numérique.
Durant les journées de formation, les participants recevront formation spécialisée dans les dernières tendances technologiques liés aux crypto-monnaies, à la blockchain, à l’analyse des transactions et aux techniques avancées de suivi et de saisie des actifs numériques.
La formation bénéficie de la collaboration de TRM Labs, l'une des sociétés liées à la soi-disant « intelligence blockchain », et de la multinationale Telefónica.
Il est important de rappeler que TRM Labs maintient une initiative en collaboration avec Tether (l'émetteur du stablecoin USDT) et TRON appelée « T3 Financial Crimes Unit (T3 FCU) ». Cette entité a gelé, jusqu'en octobre 2025, plus de 300 millions de dollars d'actifs cryptographiques, comme le rapporte CriptoNoticias.
« Leur fournir les moyens les plus avancés pour lutter contre le crime organisé est une priorité », a souligné Aina Calvo lors de l'inauguration. Le responsable a souligné la nécessité pour les institutions publiques de garder une longueur d'avance face à une criminalité de plus en plus sophistiquée, transnationale et technologiquement avancée.
Selon un précédent rapport de TRM Labs, l’utilisation de crypto-actifs par des groupes criminels a connu une augmentation ces dernières années. Les mafias les utilisent comme principal outil pour déplacer des fonds de manière opaquefinancer des activités illicites et blanchir les profits du trafic de drogue, de la cybercriminalité, de la traite des êtres humains et d’autres organisations.
Malgré ce record historique, les transactions illicites représentent toujours moins de 1 % du volume total des transactions en cryptomonnaies, ce que le cabinet d’études Chainalysis a vérifié.
Cette initiative s'inscrit dans la stratégie générale du ministère de l'Intérieur visant à moderniser les outils et les capacités des forces et organes de sécurité de l'État face aux nouveaux défis de la criminalité complexe dans l'environnement numérique. La coopération internationale avec les pays voisins comme Andorre et le Portugal renforce également l’approche commune contre la criminalité organisée transfrontalière.