Les bourses de Wall Street ouvrent leur saison des bilans avec des actions en baisse

Les bourses de Wall Street ouvrent leur saison des bilans avec des actions en baisse

Cette semaine commence la saison des bilans des grandes bourses américaines, et le marché a déjà décidé que les petits caractères l'emportaient sur les chiffres.

Les volumes d’échanges sont gonflés par une volatilité qui ne se dément pas, un vent favorable qui, à un autre moment, aurait suffi à se réjouir. Cette fois, cependant, les actions du secteur s’échangent à la baisse et les analystes ont les yeux rivés sur le front réglementaire.

Une volatilité qui gonfle les volumes

La combinaison de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, des perspectives de plus en plus diffuses en matière de taux d’intérêt et un changement d’humeur autour des paris sur l’intelligence artificielle ont contraint les investisseurs à réorganiser leurs portefeuilles, et ce réarrangement s’est traduit en volume.

À cet élan s’ajoute la reprise des activités d’introduction en bourse, qui promet de consolider le Nasdaq et l’Intercontinental Exchange, la société mère de la Bourse de New York.

Les bourses ont tendance à prospérer au moment même où le marché tremble, et ce trimestre n’a pas fait exception. Et pourtant, les actions de trois des quatre grandes bourses ont accumulé des pertes jusqu'à présent cette année : le Nasdaq, le CME et l'ICE chutent entre 5,4% et 12,6%, tandis que seul le Cboe est épargné avec une hausse de près de 11%.

Les bourses de Wall Street ouvrent leur saison des bilans avec des actions en baisse
Graphique linéaire comparant l'évolution des actions Cboe, Nasdaq, CME et Intercontinental Exchange par rapport à l'indice S&P 500 entre octobre 2025 et juillet 2026.

La pression réglementaire qui inquiète Wall Street

L’origine de cette déconnexion entre volumes forts et actions punies porte son propre nom. La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a autorisé Kalshi et Coinbase à proposer des contrats à terme perpétuels sur les crypto-monnaies, et cette autorisation a déclenché l'alarme quant à la part de marché des opérateurs historiques.

Les perpétuels, ou « perps », sont des contrats sans date d'expiration, liés au prix d'un actif sous-jacent, qui permettent des niveaux d'effet de levier très élevés. Pour Patrick Moley, de Piper Sandler, une grande partie de la compression des multiples de cette année répond précisément à ce double coup : un changement de position réglementaire et la peur de ce que ces contrats pourraient déclencher.

La décision de la CFTC n'est pas passée inaperçue. Des analystes tels que Benjamin Budish, de Barclays, ont interprété cette décision comme le signe d'un régulateur disposé à aller de l'avant sur un terrain sur lequel il aurait auparavant agi avec plus de prudence. Malgré cela, Budish lui-même exclut un revirement radical dans le secteur : la question sous-jacente, dit-il, est de savoir si les institutions voudront exploiter ce nouveau produit, et sa réponse est non.

Du côté de l'UBS, Alex Kramm s'attend à ce que les dirigeants des bourses reçoivent une avalanche de questions sur le risque concurrentiel de ces contrats, même si leur adoption encore tiède par les clients institutionnels fonctionne, pour l'instant, comme un bouclier.

Un quart de résultats mitigés

Au-delà du contentieux réglementaire, les chiffres qui seront connus dans les prochains jours s'accompagnent d'une comparaison inconfortable : il y a un an, les tarifs douaniers du « Jour de la Libération » de l'administration Trump ont ébranlé les marchés et déclenché de la volatilité, laissant la barre haute. C'est pourquoi on s'attend à un trimestre mitigé.

CME, le premier à publier un rapport mercredi, souligne une légère baisse de ses revenus et de ses bénéfices par rapport à il y a un an, selon les analystes consultés par LSEG.

Le Nasdaq, en revanche, arriverait jeudi avec des revenus et des bénéfices records, portés par l'introduction en bourse historique de SpaceX et une forte demande pour ses services de données. Cboe et ICE, dans leur rapport la semaine prochaine, prévoient également une hausse des chiffres. Dans une entreprise où le volume va et vient, c’est cette facturation récurrente qui tient la parole.

-M. marché

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