
Pour des millions de personnes aux Etats-Unis, le geste quotidien de payer un produit avec du bitcoin (BTC) cache un piège administratif. En effet, en vertu de la loi actuelle, chaque transaction, aussi petite soit-elle, est considérée comme une « cession de propriété », obligeant l'utilisateur à calculer s'il a gagné ou perdu de l'argent par rapport au prix auquel il a acquis l'actif.
Pour mettre fin à cette « complexité disproportionnée », une coalition de poids lourds de l’industrie a adressé une lettre officielle au Congrès américain. L'objectif est d'obtenir un allègement fiscal de minimis, une exonération qui permettrait effectuer de petites transactions sans l’ombre constante d’un audit.
La pétition, déposée le 12 janvier 2026, a été adressée aux présidents du comité fiscal, Michael Crapo et Jason Smith. Les signataires incluent le Bitcoin Policy Institute et des sociétés telles que Block, MoonPay et River, ainsi que le Crypto Council for Innovation.
L’argument central est que le cadre juridique est en retard par rapport à la réalité technologique. Bien que la récente loi GENIUS (2025) offre déjà des avantages aux pièces stables réglementées, Le secteur exige que cet accord soit étendu au bitcoin et d’autres actifs numériques majeurs.
« Sans allègement fiscal calibré, le résultat sera un risque d’audit inutile pour le citoyen moyen », prévient la lettre. En substance, l’industrie soutient que déclarer des centimes de profit pour un achat quotidien n’a aucun sens économique ni pour le contribuable ni pour l’État.

Les 3 piliers de la proposition
Pour rendre le système viable, les organisations proposent une feuille de route simple :
- Les jetons du réseau principal sont traités comme de la monnaie dans les petites transactions, éliminant ainsi la nécessité de déclarer les gains ou les pertes en capital.
- Cette exemption s’appliquerait aux actifs dont la capitalisation boursière est supérieure à 25 milliards de dollars, ce qui protégerait le bitcoin de la volatilité des jetons plus petits.
- Un plafond de 600 $ par transaction et un maximum annuel de 20 000 $ par contribuable sont suggérés.
Les chiffres confirment l’urgence de la demande. En effet, le bitcoin est déjà un outil financier pour 45 millions d’Américains. Rien qu’en 2024, certains 7 millions de citoyens ont utilisé BTC pour effectuer des paiements, attirés par la rapidité et la confidentialité offertes par les canaux de paiement tels que le Lightning Network. Actuellement, plus de 3 500 entreprises dans tout le pays acceptent les paiements directs en Bitcoin.
La surveillance s'étend dans le monde entier
Ce mouvement des bitcoiners aux États-Unis se produit à une époque de contrôle international croissant. En effet, depuis le 1er janvier 2026, 48 pays ont commencé à collecter des données dans le cadre du Crypto Asset Information Framework (CARF) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Même si ce cadre mondial n’impose pas de nouvelles taxes, il vise à ce que les autorités fiscales partagent automatiquement des informations à partir de 2027 pour détecter les incohérences. Dans ce scénario de transparence totale, l’industrie américaine considère qu’il est vital que les règles du jeu soient suffisamment simples pour que les citoyens honnêtes ne se retrouvent pas piégés dans un réseau de bureaucratie technique.
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