Le dollar perd du terrain : sa part dans les réserves mondiales tombe au plus bas du siècle

Le dollar perd du terrain : sa part dans les réserves mondiales tombe au plus bas du siècle

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Le marché communique discrètement ses convictions les plus profondes, et peu de signaux sont aussi éloquents que la composition des réserves des banques centrales. Selon les données de Bloomberg Intelligence, la part du dollar américain dans les réserves de change mondiales est tombée à 41 %, son niveau le plus bas depuis ce siècle.

Pour dimensionner les données, il convient de regarder le point de départ. Au début des années 2000, le billet vert représentait près de 63 % des réserves mondiales, une hégémonie qui semblait incontestable. Un quart de siècle plus tard, cette part a perdu plus de vingt points de pourcentage, et le plus important n’est pas l’ampleur de la baisse mais la forme de la courbe : la baisse s’est fortement accélérée ces dernières années.

Une érosion de vingt-cinq ans, pas un accident récent

La trajectoire n’a pas été linéaire. Après le déclin de la première décennie du siècle, le dollar a repris du terrain vers le milieu de la dernière décennie et a de nouveau atteint près de 60 % des réserves mondiales. Mais depuis lors, la tendance est à une détérioration soutenue, avec une dernière ligne droite qui ressemble plus à une capitulation qu’à un ajustement progressif.

Cette distinction est importante car elle sépare le bruit du signal. Les mouvements cycliques du dollar répondent à des différentiels de taux et à des épisodes spécifiques d’aversion au risque, mais la recomposition des réserves est une décision structurelle, prise par des institutions qui pensent en décennies et non en trimestres. Lorsque ces institutions réduisent systématiquement leur exposition, le message transcende la situation.

Qu'y a-t-il derrière le mouvement

En fin de compte, il s’agit d’une diversification délibérée. La fragmentation géopolitique, l’utilisation des infrastructures financières occidentales comme outil de pression et la détérioration persistante des finances publiques américaines ont poussé de nombreuses banques centrales à répartir leurs réserves entre d’autres monnaies et actifs matériels, l’or étant le principal bénéficiaire de cette rotation.

Rien de tout cela n’implique que le dollar perde son statut de monnaie dominante à court terme : il continue d’être l’axe du commerce, de la dette mondiale et du marché des changes. Mais la domination transactionnelle est une chose et la confiance patrimoniale en est une autre, et le graphique suggère que cette dernière est en train d’être redéfinie à un rythme que peu de gens avaient prévu.

Lecture pour l'investisseur crypto

Pour le marché des actifs numériques, cette courbe descendante est la toile de fond de l’une de ses thèses centrales : dans un monde où les réserves sont diversifiées et où la confiance dans les monnaies fiduciaires est fragmentée, les actifs rares et neutres gagnent de la place dans le débat institutionnel. L’or capitalise déjà sur ce changement ; Bitcoin est en compétition pour être sa version numérique.

Le dollar n’est pas en train de mourir, mais son monopole sur la confiance mondiale est en cours de révision. Et sur les marchés, des révisions de confiance de cette ampleur ne restent jamais sans conséquences.

-M. marché

Voir l’article original en espagnol

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