La tokenisation entre dans une nouvelle étape : l'Australie teste l'avenir de la monnaie numérique – Cryptotrends

La tokenisation entre dans une nouvelle étape : l'Australie teste l'avenir de la monnaie numérique – Cryptotrends

La tokenisation promet depuis des années de transformer les marchés financiers, mais l’Australie vient de montrer que le principal obstacle n’est plus la numérisation des actifs. Le véritable défi en est un autre : trouver une forme de monnaie capable d’accompagner cette transformation.

C'est l'une des principales conclusions qu'il a laissées Projet Acaciaune initiative promue par la Reserve Bank of Australia (RBA) et le Digital Finance Cooperative Research Center (DFCRC), qui a testé comment les marchés financiers tokenisés pouvaient fonctionner dans des conditions réelles.

L'expérience a évalué 20 cas d'utilisation liés à l'émission, à la négociation et au règlement d'actifs symbolisés, notamment des obligations, des fonds d'investissement, des pensions, du crédit privé, des produits structurés, des crédits carbone et du financement du commerce.

Cependant, la découverte la plus importante ne concernait pas les actifs numériques eux-mêmes.

L’attention a fini par se concentrer sur une question bien plus profonde : quel argent ces marchés utiliseront-ils pour régler les transactions ?

Le problème n'est pas l'actif, c'est le paiement

Pendant des années, une grande partie du débat sur la tokenisation s’est concentrée sur la possibilité de convertir les actifs traditionnels en représentations numériques sur la blockchain.

Les obligations, actions, fonds ou crédits peuvent être symbolisés relativement facilement d’un point de vue technologique.

Mais une opération financière comporte deux parties.

D’un côté, il y a l’atout.

D’un autre côté, l’argent a servi à le payer.

Et c’est précisément là qu’apparaissent les plus grandes difficultés.

Si une obligation tokenisée est négociée sur une blockchain, mais que l’argent continue de circuler dans les systèmes bancaires traditionnels, l’efficacité promise par la tokenisation est considérablement réduite.

Les participants doivent encore coordonner deux infrastructures différentes.

Quatre formes d'argent en cours d'évaluation

Le projet Acacia a décidé de s'attaquer directement à ce problème.

Pour ce faire, elle a testé quatre modèles de règlement différents :

  • l'argent détenu sur les comptes des banques centrales ;
  • une CBDC de gros expérimentale ;
  • dépôts bancaires tokenisés ;
  • pièces stables privées.

Chacune de ces alternatives offre différents avantages et défis.

Et aucun ne semble destiné à devenir une solution universelle pour l’ensemble du marché.

La grande bataille de la prochaine décennie

Les résultats suggèrent que la prochaine grande concurrence dans le domaine de la finance tokenisée ne se fera pas entre les blockchains.

Ni entre banques et sociétés de cryptographie.

Ce sera un différend entre différents types de monnaie numérique.

La raison est simple.

La tokenisation ne peut évoluer que si l’argent utilisé pour régler les transactions est :

  • fiable;
  • interopérable;
  • efficace;
  • réglementaire accepté.

Si chaque plateforme utilise un système de paiement différent, la liquidité finit par se fragmenter.

Et lorsque la liquidité se fragmente, les marchés perdent en efficacité.

Les Stablecoins gagnent en importance

L’un des éléments les plus frappants du rapport est que les pièces stables apparaissent de plus en plus comme un élément pertinent au sein de l’infrastructure financière institutionnelle.

Pendant des années, ils ont été principalement considérés comme des outils de l’écosystème cryptographique.

Aujourd’hui, ils commencent à faire partie de conversations beaucoup plus vastes.

Les Stablecoins offrent des avantages évidents :

  • liquidation définitive ;
  • disponibilité mondiale ;
  • programmation automatique;
  • intégration avec la blockchain publique.

Cependant, ils restent confrontés à des questions réglementaires liées aux réserves, aux licences et aux mécanismes de sauvetage.

Les banques veulent leur propre espace

Les dépôts bancaires tokenisés représentent une autre alternative qui gagne en force.

Ce modèle permet aux institutions financières d’étendre l’argent bancaire traditionnel aux environnements blockchain.

La proposition séduit de nombreux régulateurs car elle maintient les structures familières au sein du système financier.

Cependant, il existe un risque.

Si chaque banque développe sa propre infrastructure sans normes communes, plusieurs réseaux isolés pourraient émerger, incapables de communiquer entre eux.

Dans ce scénario, la fragmentation réapparaîtrait sous une forme nouvelle.

Le rôle de la banque centrale reste ouvert

La recherche australienne a également exploré le potentiel d’une CBDC de gros.

Contrairement aux monnaies numériques destinées au grand public, ces versions sont conçues exclusivement pour les institutions financières.

Le principal avantage est évident.

Ils offrent du crédit sans risque, directement garanti par la banque centrale.

Les autorités australiennes restent toutefois prudentes.

La RBA elle-même considère que les marchés tokenisés peuvent commencer à se développer en utilisant les infrastructures existantes avant de justifier la mise en œuvre massive d'une CBDC.

La tokenisation n'est plus une théorie

L’un des aspects les plus importants du projet Acacia est qu’il laisse derrière lui les discussions purement conceptuelles.

La tokenisation n’est plus une promesse d’avenir.

C’est une réalité qui entre progressivement dans les tests opérationnels.

Les participants au projet ont identifié des avantages spécifiques :

  • des délais de règlement plus courts ;
  • réduction du risque de contrepartie ;
  • une plus grande efficacité du capital ;
  • automatisation des processus ;
  • moins d’erreurs opérationnelles.

Ces améliorations peuvent paraître techniques, mais elles représentent des milliards de dollars de coûts de fonctionnement pour les banques, les fonds et les marchés financiers.

La prochaine étape sera réglementaire

Malgré les progrès réalisés, l’Australie a clairement indiqué qu’il restait encore beaucoup de chemin à parcourir.

Les tests ont été effectués dans le cadre d'allégements réglementaires spéciaux accordés par l'ASIC.

Cela signifie que les résultats ne constituent pas une autorisation générale de négociation.

Les autorités devront désormais résoudre les problèmes liés à :

  • accès aux systèmes de règlement;
  • l'interopérabilité;
  • licences;
  • surveillance;
  • sécurité juridique.

En d’autres termes, la technologie semble progresser plus vite que les règles.

La vraie trouvaille du Projet Acacia

Concentrons-nous sur l'essentiel, le projet australien laisse une conclusion difficile à ignorer.

La tokenisation des actifs n’est plus le principal défi.

L’industrie a prouvé qu’elle pouvait numériser pratiquement n’importe quel instrument financier.

Ce qui n’a pas encore été résolu, c’est quelle forme d’argent accompagnera cette transformation.

Les pièces stables, les dépôts symboliques, la monnaie de banque centrale et les systèmes hybrides se disputent cette place.

Aucun ne finira probablement par remplacer complètement les autres.

Au lieu de cela, l’avenir semble s’orienter vers une coexistence entre plusieurs formes de monnaie numérique.

La question n’est plus de savoir si les marchés financiers seront symbolisés.

La question est de savoir quel argent fera bouger ces marchés lorsqu’ils franchiront enfin le pas à l’échelle mondiale.

Voir l’article original en espagnol

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