GAFILAT met en garde contre les mules financières et le blanchiment de crypto en Latam

GAFILAT met en garde contre les mules financières et le blanchiment de crypto en Latam

Le blanchiment d’argent en Amérique latine ne se limite plus aux porte-documents en espèces ou aux réseaux d’entreprise opaques ; il circule désormais également via les portefeuilles numériques, les bourses et les plateformes P2P. Le rapport Typologies régionales 2025 de GAFILAT, basé sur l'analyse de 53 cas réels, décrit comment les organisations criminelles combinent méthodes traditionnelles et infrastructure crypto pour déplacer de la valeur plus rapidement et avec moins de visibilité.

Mules financières

Le document se concentre sur un chiffre de plus en plus pertinent et inquiétant : les soi-disant mules financières, l’équivalent dans le monde de l’argent des mules du trafic de drogue. Il s’agit de personnes vulnérables, membres de la famille ou collaborateurs recrutés pour ouvrir des comptes, enregistrer des sociétés ou transférer des fonds sans connaître leur origine illicite. Leur rôle permet aux réseaux criminels de fragmenter les opérations, de diluer les responsabilités et de maintenir le bénéficiaire final hors du radar des contrôles anti-blanchiment, tant dans le système bancaire que dans l’écosystème des actifs virtuels.

Panique à Wall Street, l'IA d'Anthropic assomme IBM et laisse 40 milliards en l'air

Les cas analysés montrent également que l’utilisation combinée de portefeuilles, de plateformes et de fournisseurs situés dans des juridictions différentes génère une perte de traçabilité et d’anonymat fonctionnel. Dans l’un des exemples collectés, les chercheurs ont détecté des virements provenant d’un fournisseur ayant un historique et des adresses négatifs précédemment sanctionnés pour délits financiers.

Le système bancaire, objectif principal

L'analyse sectorielle révèle que le système bancaire continue d'être le canal le plus exploité pour mobiliser des fonds illicites, suivi par les services notariaux, le secteur immobilier et le secteur automobile. En termes de produits financiers, les comptes bancaires, les espèces, les virements internationaux et l'achat de biens immobiliers prédominent, conformément aux tendances déjà identifiées dans le rapport régional 2023.

Les crypto-monnaies et les pièces stables gagnent en importance

Le rapport souligne que les actifs virtuels se sont imposés comme un outil émergent au sein des programmes de blanchiment. Les opérations identifiées impliquaient des crypto-monnaies à usage général et des pièces stables indexées sur le dollar, utilisées via des portefeuilles numériques, des bourses et des fournisseurs de services d'actifs virtuels.

Parmi les techniques les plus courantes figurent la conversion d’espèces en actifs cryptographiques via des plateformes P2P, l’utilisation de plusieurs portefeuilles contrôlés par des bénéficiaires ou des prête-noms, la fragmentation des transactions pour éviter les alertes automatisées et les mouvements successifs entre juridictions afin de rendre la traçabilité difficile. Les fonds ont ensuite été convertis en monnaie fiduciaire et présentés comme un revenu légitime.

DeFi et fintech sans régulation, sources de risque

GAFILAT identifie deux scénarios particulièrement critiques dans l’utilisation des cryptoactifs. D’une part, les plateformes de finance décentralisée (DeFi), où l’absence d’intermédiaires complique l’application des contrôles LBC/FT. De l’autre, les sociétés fintech qui opèrent sans cadre réglementaire spécifique. Dans les deux cas, l’infrastructure numérique facilite la mobilité transfrontalière de la valeur et creuse le fossé entre l’origine et la destination finale des fonds.

Convergence avec les crimes traditionnels

Le rapport conclut que les actifs virtuels sont principalement utilisés pour déplacer ou transformer des ressources provenant de crimes tels que le trafic de drogue, l'extorsion, la fraude informatique, la contrebande et le trafic de migrants. Les profits illicites finissent par être investis dans des produits de luxe, dans l’immobilier ou dans des entreprises légitimes dans des secteurs tels que le commerce et le tourisme, où ils sont mélangés au capital légal.

Au cours de la période 2023-2024, les organisations criminelles ont maintenu leurs stratégies traditionnelles – hommes de paille, comptes mulets, fractionnement de fonds ou blanchiment via le commerce extérieur – mais ont intégré de manière plus intensive les outils numériques, notamment les crypto-monnaies et les plateformes P2P, dans le cadre de leurs structures opérationnelles.

La radiographie de GAFILAT confirme ainsi une tendance régionale : les cryptomonnaies ne remplacent pas les méthodes classiques de blanchiment, mais elles élargissent les capacités des organisations criminelles à déplacer de la valeur rapidement et avec moins de visibilité, obligeant les régulateurs et superviseurs à adapter leurs stratégies à un environnement financier de plus en plus numérique.

Alfredo Collosa
Derniers messages de Alfredo Collosa (voir tout)

Voir l’article original en espagnol

Amazon music unlimited
Rejoignez dès maintenant Amazon Music Unlimited et plongez dans un univers de 100 millions de titres sans publicité. Profitez de 30 jours d’essai gratuit pour une expérience musicale inégalée !