Forex : la livre sterling atteint un plus haut d'un an face à l'euro alors que le yen secoue les marchés

Forex : la livre sterling atteint un plus haut d'un an face à l'euro alors que le yen secoue les marchés

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Le marché des changes a connu une journée de forte tension ce jeudi, avec la livre sterling comme principal protagoniste, grimpant à son plus haut niveau depuis un an face à l'euro et avançant fortement face au dollar.

Derrière ce mouvement, il n’y avait pas un seul catalyseur, mais une combinaison de données d’inflation européennes plus faibles que prévu, de spéculations politiques au Royaume-Uni et, surtout, de violentes fluctuations du yen japonais qui ont fait trembler l’ensemble du marché des changes.

L'euro est tombé à 85,47 pence, son plus bas niveau depuis juin de l'année dernière, et a clôturé la séance avec une baisse de 0,2% par rapport à la monnaie britannique. Dans le même temps, la livre sterling s'est appréciée de 0,57% face au dollar à 1,3350 dollar, son meilleur niveau depuis deux semaines. Un double mouvement qui confirme que le flux d’achat s’est concentré sur l’actif britannique.

Forex : la livre sterling atteint un plus haut d'un an face à l'euro alors que le yen secoue les marchés
Evolution de l'EURGBP en 2026. Source : Google Finance

Inflation européenne et politique britannique, la toile de fond

Chris Turner, responsable des marchés mondiaux chez ING, a souligné deux facteurs à l'origine de la chute de l'euro par rapport à la livre sterling : les données d'inflation de la zone euro publiées mercredi, qui se sont révélées plus faibles que prévu et renforcent la patience de la Banque centrale européenne, et le démantèlement des positions baissières contre la monnaie britannique qui s'étaient accumulées ces dernières semaines.

À cela s'ajoute un facteur politique qui, pour l'instant, joue en faveur de la livre sterling : la perception selon laquelle l'incertitude britannique ne pèsera à nouveau sur la monnaie que fin juillet ou août.

Andy Burnham, ancien maire de Manchester, devrait prendre ses fonctions de leader travailliste et de Premier ministre le 20 juillet, en remplacement de Keir Starmer, affaibli. L'attention du marché sera alors portée sur la nomination d'Ed Miliband au poste de chancelier, une nomination qui, selon Turner, pourrait affaiblir la livre sterling.

Pourtant, le principal moteur des actifs britanniques n’a pas été la politique intérieure, mais l’accord entre les États-Unis et l’Iran et la baisse des prix du pétrole qui en a résulté, qui a remonté la confiance du marché et exercé une pression à la baisse sur les rendements obligataires.

Le yen, à son plus bas niveau depuis 40 ans, déclenche des alarmes d'intervention

Le véritable déclencheur de la volatilité est venu de l’Asie. Le yen a connu un rebond soudain qui a mis les traders en état d'alerte face à d'éventuels signes d'intervention des autorités japonaises, déterminées à défendre une monnaie qui croupit à son plus bas niveau depuis 40 ans. Cette nervosité a frappé le dollar et a permis à la livre sterling et à l'euro de gagner du terrain par rapport au billet vert.

Il convient de rappeler le contexte : le dollar s’échangeait à proximité de ses plus hauts d’un an, soutenu par les paris selon lesquels la Réserve fédérale pourrait être contrainte d’augmenter les taux d’intérêt pour freiner l’inflation au milieu d’une économie qui continue de faire preuve de vigueur. En ce sens, le président de la Fed, Kevin Warsh, a noté mercredi que les anticipations d'inflation et les risques liés aux prix se sont modérés ces dernières semaines.

Le grand événement du calendrier a déjà rendu son verdict, et celui-ci a divisé les avis. Aux États-Unis, la création d'emplois non agricoles n'a créé que 57 000 emplois en juin, bien en dessous des 114 000 attendus et loin des 129 000 du mois précédent.

Cependant, le taux de chômage a surpris à la baisse en tombant à 4,2% contre 4,3% attendu, tandis que le salaire horaire moyen a augmenté de 0,3% par mois, conformément aux estimations, et que les demandes de subventions se sont élevées à 215 000, en dessous des 219 000 prévues.

Un cocktail de signaux croisés qui complique la lecture pour la Réserve fédérale : le refroidissement des créations d'emplois réduit les arguments pour ceux qui pariaient sur des hausses de taux, mais la résistance du reste des indicateurs empêche de les exclure. Pour l’instant, la livre profite de son moment ; Son maintien dépendra de la capacité de la politique britannique et de la Fed à ne pas gâcher la fête.

-M. marché

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