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Anthropic estime que le plus grand défi de l’intelligence artificielle ne réside peut-être pas dans la technologie, mais dans son impact sur l’économie et le marché du travail. Forte de cette vision, l'entreprise a présenté un nouveau cadre de politique publique et annoncé des investissements de 350 millions de dollars pour la recherche et la formation professionnelle.
L'initiative accompagne un nouvel essai de son PDG, Dario Amodei, qui soutient que le défi ne consiste plus seulement à développer des modèles plus puissants, mais aussi à préparer la société à une transformation qui pourrait profondément modifier l'emploi et la productivité.
Un fonds d’un million de dollars pour étudier l’impact de l’IA
Selon le cadre de politique économique présenté par Anthropic, l'entreprise créera un fonds de recherche sur l'avenir économique de 200 millions de dollars pour financer des études, des essais et des évaluations sur les politiques publiques liées à l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi et l'économie.
En outre, l'entreprise lancera un programme national de bourses d'études de 150 millions de dollars visant à former de jeunes professionnels pour favoriser l'adoption responsable de l'IA dans les communautés à travers les États-Unis. Selon l'entreprise, les détails des deux initiatives seront bientôt connus.
Avec ces investissements, Anthropic vise à renforcer la recherche sur les effets économiques de l'intelligence artificielle et à promouvoir la création de capacités institutionnelles avant que les changements dérivés de cette technologie n'atteignent une plus grande échelle.
L'entreprise propose différents scénarios pour le marché du travail
Les investissements annoncés ne représentent qu'une partie de la proposition. En parallèle, Anthropic propose une série de scénarios pour évaluer comment l'intelligence artificielle pourrait transformer le marché du travail et quels outils devraient être disponibles pour répondre à ce processus.
Parmi les mesures suggérées figurent l'expansion des programmes de formation professionnelle, la modernisation de l'assurance-chômage et les mécanismes facilitant la transition des travailleurs vers de nouveaux secteurs.
À mesure que le niveau de perturbation envisagé dans ces scénarios augmente, le document intègre des propositions plus larges, telles que de nouvelles sources de recettes fiscales, des modèles de richesse souveraine ou des mécanismes de répartition des bénéfices. Cependant, l’entreprise elle-même reconnaît qu’il existe encore une grande incertitude quant à l’ampleur et à la rapidité avec lesquelles ces changements pourraient se produire.
Plutôt que de présenter une prévision définitive sur l’avenir de l’emploi, Anthropic prône une approche basée sur une préparation préalable. Son approche repose sur l’idée qu’il est peut-être plus important de disposer d’outils et d’institutions adaptables que d’essayer de prédire avec précision l’évolution du marché du travail dans les années à venir.
Anthropic appelle à l’action avant que l’IA ne change l’économie
Au-delà des annonces financières, le message central de Dario Amodei est que la vitesse du développement technologique pourrait dépasser la capacité d'adaptation des institutions actuelles. C'est pourquoi il estime nécessaire de moderniser les systèmes statistiques, de renforcer la capacité d'analyse des gouvernements et de concevoir des politiques capables de répondre aux changements rapides de l'emploi et de la productivité.
Le document propose également d’associer les travailleurs, les syndicats, les petites entreprises et les chercheurs au débat sur l’avenir de l’IA, dans le but de construire des réponses plus représentatives et durables.
Avec cette stratégie, Anthropic cherche à jouer un rôle plus actif dans la conception des politiques liées à l’intelligence artificielle. Au-delà du développement de modèles, l'entreprise entend contribuer au débat sur la manière de gérer ses effets économiques et sociaux, un débat qui devrait prendre de l'importance à mesure que l'adoption de ces technologies augmente.
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