
La Commission européenne a depuis longtemps l'habitude de vérifier ses propres devoirs et la MiCA est la prochaine sur le liste des priorités. Mardi, Bruxelles a lancé une consultation formelle pour recueillir des commentaires sur le fonctionnement du règlement.
Pour les parties prenantes concernées, les bourses, les émetteurs et les associations industrielles, c'est une invitation à revisiter le champ de bataille.
Alors que la période de droits acquis pour MiCA touche à sa fin le 1er juillet, les résultats préliminaires suggèrent que l'élimination de la conformité a été profonde.
Dans les années qui ont précédé la mise en œuvre de MiCA, le secteur européen de la cryptographie était un écosystème fragmenté mais vaste. Les estimations du secteur suggèrent qu’entre 1 100 et 1 300 fournisseurs de services de crypto-actifs (CASP) étaient actifs dans l’Union, opérant sous une mosaïque de régimes nationaux.
Aujourd’hui, ce chiffre s’est effectivement effondré. En mai, seuls 200 CASP avaient été autorisés en vertu des nouvelles règles harmonisées.
À Chypre, seules 12 entités ont obtenu une autorisation. Il est révélateur que sept d’entre elles ne soient pas des sociétés natives de la cryptographie, mais des courtiers de détail établis, tels que Capital.com, eToro et XTB, qui se sont étendus à la cryptographie au comptant dans le cadre d’une stratégie multi-actifs plus large.
Le coût d'entrée
Ce taux d’attrition élevé n’était pas entièrement inattendu. Przemysław Kral, PDG de zondacrypto, avait précédemment proposé une évaluation directe de la situation : « Les petites entreprises de cryptographie, en particulier celles aux ressources limitées, pourraient être contraintes de quitter le marché de l'UE en raison des coûts de conformité élevés. »
L'observation de Kral met en évidence une tension fondamentale au sein du MiCA. En plaçant la barre haute à l’entrée, Bruxelles a réussi à légitimer le secteur, mais elle l’a fait en créant une courbe de coûts qui agit comme un mur vertical pour les petites entreprises.
L’ère des startups de garage de la crypto européenne est remplacée par un paysage d’entreprise dominé par des opérateurs historiques bien capitalisés.
La consultation actuelle révélera probablement si cette consolidation a amélioré la sécurité du marché ou a simplement étouffé l’innovation en excluant la prochaine génération d’entrepreneurs fintech.
La friction stablecoin
Bien que le nombre de CASP soit un sujet de préoccupation, le régime stablecoin reste l’aspect le plus controversé du cadre.
En effet, la MiCA a apporté une clarté juridique indispensable, mais des critiques ont été adressées aux volants de fonds propres et aux plafonds imposés aux émetteurs.
Ces mesures semblent être étroitement calibrées pour répondre aux objectifs politiques de l’UE, en particulier la préservation de la souveraineté monétaire, plutôt que la pure neutralité du marché.
Le régime de licences est également particulièrement lourd. Pour émettre un stablecoin conforme au MiCA, une entité doit également acquérir une licence d'institution de monnaie électronique (EMI). Encore une fois, cette double exigence constitue un goulot d’étranglement qui défavorise les petits acteurs.
La tension la plus visible concerne Tether (USDT), le plus grand stablecoin au monde avec une capitalisation boursière comprise entre 185 et 190 milliards de dollars. L'USDT ne dispose actuellement pas de l'autorisation MiCA, ce qui conduit les bourses réglementées telles que Kraken, Coinbase et Crypto.com à le radier de la liste pour les utilisateurs de l'UE.
Cela a créé une ouverture pour des alternatives conformes à MiCA comme l'USDC de Circle et ses homologues libellés en euros.
En effet, l’euro-stablecoin de Circle a été multiplié par six entre janvier 2025 et mars 2026.
La part du portefeuille EURC a été multipliée par plus de 6 entre janvier 2025 et mars 2026.
À mesure que l’adoption se développe, l’utilisation du stablecoin libellé en euros atteint un ensemble plus large d’utilisateurs et d’applications en ligne. pic.twitter.com/VsKTZlNKuU
— Cercle (@cercle) 15 mai 2026
Un danger pour un système à deux vitesses ?
Cependant, la tentative de l’UE d’exclure du marché les pièces stables non conformes comporte un risque bien connu. Il existe un précédent clair à ce sujet : les mesures d’intervention sur les produits introduites par l’ESMA en 2018.
Ces restrictions n’ont pas réduit la demande de détail pour les CFD ; ils l’ont poussé vers des juridictions offshore où les régulateurs européens n’ont aucune surveillance.
Une migration similaire peut se produire dans le domaine de la cryptographie. Il existe un risque que les clients migrent vers des plateformes offshore qui n’imposent pas de telles restrictions.
En tentant de protéger le marché local, l’UE pourrait, par inadvertance, rendre ses investisseurs moins sûrs en les forçant à se tourner vers des espaces non réglementés.
Alors que la Commission entame son réexamen, la question centrale est de savoir si MiCA servira de moteur de croissance pour un marché mature ou si elle créera un système à deux vitesses.
Pour les 80 % d’entreprises qui ont déjà disparu, la réponse arrivera trop tard.
La Commission européenne a depuis longtemps l'habitude de vérifier ses propres devoirs et la MiCA est la prochaine sur le liste des priorités. Mardi, Bruxelles a lancé une consultation formelle pour recueillir des commentaires sur le fonctionnement du règlement.
Pour les parties prenantes concernées, les bourses, les émetteurs et les associations industrielles, c'est une invitation à revisiter le champ de bataille.
Alors que la période de droits acquis pour MiCA touche à sa fin le 1er juillet, les résultats préliminaires suggèrent que l'élimination de la conformité a été profonde.
Dans les années qui ont précédé la mise en œuvre de MiCA, le secteur européen de la cryptographie était un écosystème fragmenté mais vaste. Les estimations du secteur suggèrent qu’entre 1 100 et 1 300 fournisseurs de services de crypto-actifs (CASP) étaient actifs dans l’Union, opérant sous une mosaïque de régimes nationaux.
Aujourd’hui, ce chiffre s’est effectivement effondré. En mai, seuls 200 CASP avaient été autorisés en vertu des nouvelles règles harmonisées.
À Chypre, seules 12 entités ont obtenu une autorisation. Il est révélateur que sept d’entre elles ne soient pas des sociétés natives de la cryptographie, mais des courtiers de détail établis, tels que Capital.com, eToro et XTB, qui se sont étendus à la cryptographie au comptant dans le cadre d’une stratégie multi-actifs plus large.
Le coût d'entrée
Ce taux d’attrition élevé n’était pas entièrement inattendu. Przemysław Kral, PDG de zondacrypto, avait précédemment proposé une évaluation directe de la situation : « Les petites entreprises de cryptographie, en particulier celles aux ressources limitées, pourraient être contraintes de quitter le marché de l'UE en raison des coûts de conformité élevés. »
L'observation de Kral met en évidence une tension fondamentale au sein du MiCA. En plaçant la barre haute à l’entrée, Bruxelles a réussi à légitimer le secteur, mais elle l’a fait en créant une courbe de coûts qui agit comme un mur vertical pour les petites entreprises.
L’ère des startups de garage de la crypto européenne est remplacée par un paysage d’entreprise dominé par des opérateurs historiques bien capitalisés.
La consultation actuelle révélera probablement si cette consolidation a amélioré la sécurité du marché ou a simplement étouffé l’innovation en excluant la prochaine génération d’entrepreneurs fintech.
La friction stablecoin
Bien que le nombre de CASP soit un sujet de préoccupation, le régime stablecoin reste l’aspect le plus controversé du cadre.
En effet, la MiCA a apporté une clarté juridique indispensable, mais des critiques ont été adressées aux volants de fonds propres et aux plafonds imposés aux émetteurs.
Ces mesures semblent être étroitement calibrées pour répondre aux objectifs politiques de l’UE, en particulier la préservation de la souveraineté monétaire, plutôt que la pure neutralité du marché.
Le régime de licences est également particulièrement lourd. Pour émettre un stablecoin conforme au MiCA, une entité doit également acquérir une licence d'institution de monnaie électronique (EMI). Encore une fois, cette double exigence constitue un goulot d’étranglement qui défavorise les petits acteurs.
La tension la plus visible concerne Tether (USDT), le plus grand stablecoin au monde avec une capitalisation boursière comprise entre 185 et 190 milliards de dollars. L'USDT ne dispose actuellement pas de l'autorisation MiCA, ce qui conduit les bourses réglementées telles que Kraken, Coinbase et Crypto.com à le radier de la liste pour les utilisateurs de l'UE.
Cela a créé une ouverture pour des alternatives conformes à MiCA comme l'USDC de Circle et ses homologues libellés en euros.
En effet, l’euro-stablecoin de Circle a été multiplié par six entre janvier 2025 et mars 2026.
La part du portefeuille EURC a été multipliée par plus de 6 entre janvier 2025 et mars 2026.
À mesure que l’adoption se développe, l’utilisation du stablecoin libellé en euros atteint un ensemble plus large d’utilisateurs et d’applications en ligne. pic.twitter.com/VsKTZlNKuU
— Cercle (@cercle) 15 mai 2026
Un danger pour un système à deux vitesses ?
Cependant, la tentative de l’UE d’exclure du marché les pièces stables non conformes comporte un risque bien connu. Il existe un précédent clair à ce sujet : les mesures d’intervention sur les produits introduites par l’ESMA en 2018.
Ces restrictions n’ont pas réduit la demande de détail pour les CFD ; ils l’ont poussé vers des juridictions offshore où les régulateurs européens n’ont aucune surveillance.
Une migration similaire peut se produire dans le domaine de la cryptographie. Il existe un risque que les clients migrent vers des plateformes offshore qui n’imposent pas de telles restrictions.
En tentant de protéger le marché local, l’UE pourrait, par inadvertance, rendre ses investisseurs moins sûrs en les forçant à se tourner vers des espaces non réglementés.
Alors que la Commission entame son réexamen, la question centrale est de savoir si MiCA servira de moteur de croissance pour un marché mature ou si elle créera un système à deux vitesses.
Pour les 80 % d’entreprises qui ont déjà disparu, la réponse arrivera trop tard.
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