Bitcoin en septembre : le mois maudit de la crypto

Bitcoin en septembre : le mois maudit de la crypto

Bitcoin a clôturé en négatif au cours de huit des treize derniers mois de septembre, une tendance saisonnière qu'il partage avec Wall Street depuis 1928. Nous passons en revue la raison de la malédiction et ce qui l'a brisée en 2024.


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Le comportement de Bitcoin en septembre est devenu une tendance difficile à ignorer : la plus grande cryptomonnaie au monde a clôturé en négatif au cours de huit des treize derniers mois de septembre. Le phénomène, surnommé « Septembre rouge », n’est pas exclusif au marché des cryptos ; Wall Street porte la même ombre depuis près d’un siècle.

Les statistiques alimentent chaque année le même débat entre opérateurs. S'agit-il d'une coïncidence statistique amplifiée par la mémoire des investisseurs, ou d'un véritable biais saisonnier qu'il convient de garder à l'esprit avant de déplacer des capitaux ?

Pourquoi Bitcoin déçoit généralement en septembre

Les données de performance mensuelles montrent que septembre est historiquement l'une des pires périodes du calendrier pour l'actif. Cette faiblesse n'apparaît pas de manière isolée : elle coïncide avec un schéma que le marché boursier américain répète depuis 1928, lorsque l'indice S&P 500 a commencé à enregistrer des baisses récurrentes ce même mois.

Les banques traditionnelles l’ont documenté. Selon les analyses de marché recueillies par les institutions financières, septembre a été le mois le plus faible pour les actions depuis 1945. Cette corrélation entre les crypto-monnaies et les actions s'est resserrée au cours des derniers cycles, alors que les fonds institutionnels et les véhicules tels que les ETF ont rapproché le Bitcoin de la performance des actifs à risque conventionnels.

Les explications habituelles pointent vers des facteurs de liquidité et de psychologie des marchés : le retour des gérants après l'été, le réajustement des portefeuilles vers la fin du troisième trimestre et une aversion au risque qui tend à s'intensifier à l'automne. Aucun de ces éléments ne garantit une chute, mais ils décrivent le terrain sur lequel repose la soi-disant « malédiction ».

Ce qui a brisé la tendance en 2024

Les statistiques ne sont pas un destin. L’année dernière, Bitcoin a défié le scénario et a clôturé le mois de septembre en vert, rappelant que les moyennes historiques cohabitent avec des exceptions de plus en plus fréquentes. Cette pause a coïncidé avec un contexte d'anticipations de baisse des taux d'intérêt et de demande soutenue au travers des produits réglementés.

Le facteur institutionnel a modifié l’équation. L’afflux de capitaux via les instruments cotés a ajouté un flux d’achat qui n’existait pas lors des cycles précédents. Cette semaine, par exemple, les ETF spot Bitcoin ont de nouveau enregistré des entrées nettes menées par BlackRock, signe que la demande structurelle pourrait amortir les périodes de faiblesse saisonnière.

Ce soutien n’élimine pas la volatilité. La corrélation avec les actions fonctionne dans les deux sens : si Wall Street connaît son propre mois de septembre rouge, Bitcoin ne sera guère en reste. La question pour ce cycle est de savoir si la profondeur du marché institutionnel est suffisante pour compenser le biais calendaire baissier.

Que regarder dans la section suivante

Les modèles quantitatifs offrent des lectures disparates. Un modèle CryptoSlate prévoyait une clôture de fin de mois d'environ 81 319 $, un chiffre qui reflète un optimisme modéré face à la saisonnalité. D'autres traders préfèrent attendre la confirmation avant de prendre position, conscients que les tendances historiques peuvent s'inverser sans avertissement.

Pour l’investisseur, Septembre Rouge constitue davantage un rappel qu’une prévision. L’histoire incite à la prudence, mais la structure du marché a suffisamment changé pour que les statistiques de la dernière décennie aient perdu une partie de leur pouvoir prédictif.

Clés du phénomène

  • Bitcoin a clôturé en négatif au cours de 8 des 13 derniers mois de septembre.
  • Le S&P 500 présente le même biais saisonnier depuis 1928.
  • La corrélation croissante entre la cryptographie et les actions renforce cette tendance.
  • La demande d’ETF pourrait atténuer la faiblesse saisonnière cette année.

Pendant ce temps, le marché surveille de près chaque bougie mensuelle. Si 2024 a démontré quelque chose, c’est que les malédictions boursières durent jusqu’à ce qu’elles cessent : un mois vert suffit à rouvrir le débat sur la question de savoir si Septembre rouge est toujours d’actualité ou si c’est déjà de l’histoire ancienne.

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