Corée du Sud : la CRF devrait être autorisée à enquêter sur les sociétés de cryptographie

Corée du Sud : la CRF devrait être autorisée à enquêter sur les sociétés de cryptographie

Les députés sud-coréens ont présenté pour la première fois un projet de loi qui donnerait à la Cellule de renseignement financier (CRF) ses propres pouvoirs d'enquête contre les sociétés de cryptographie non enregistrées soupçonnées. Jusqu'à présent, l'autorité devait transmettre la quasi-totalité de ses cas suspects à la police et à d'autres organismes d'enquête afin de pouvoir prendre des mesures.

Ce que le projet de loi change spécifiquement

Selon Yonhap, le représentant Eom Tae-young du Parti du pouvoir du peuple et neuf autres législateurs ont soumis jeudi l'amendement à la loi spécifique sur l'information financière. Le projet stipule que toute personne peut signaler un cas suspect directement à la CRF.

Vue nocturne du bâtiment de l'Assemblée nationale de Corée du Sud avec son dôme illuminé se reflétant dans l'eau
Photo de Yong Gil sur Pexels

L’autorité est alors autorisée à analyser elle-même les faits rapportés avant de décider d’autres mesures. Ce qui serait également nouveau serait le droit de déposer des plaintes auprès des autorités compétentes, d'ouvrir des enquêtes pénales et de transmettre les informations collectées directement aux enquêteurs. Le projet doit encore être adopté par l'Assemblée nationale avant de pouvoir entrer en vigueur.

Le déclencheur : les recours prescrits avec des prestataires étrangers

L’initiative est fondée sur des données d’application qui soulèvent des doutes sur les pratiques antérieures. Entre août 2022 et août 2025, la police a clôturé des enquêtes ou des enquêtes préliminaires sur 23 des 25 fournisseurs de services d'actifs virtuels non enregistrés signalés par la CRF, selon Yonhap. Selon certaines informations, les entreprises et les individus concernés se trouvaient pour la plupart en dehors de la Corée du Sud, ce qui a rendu les enquêtes nationales beaucoup plus difficiles.

En juin, la CRF avait déjà annoncé qu'à cette époque, seuls 28 prestataires étaient régulièrement enregistrés, tandis qu'une quarantaine d'opérateurs illégaux présumés avaient été déférés aux autorités chargées de l'enquête. La Corée du Sud exige que tous les prestataires fournissant des services aux résidents du pays s'enregistrent auprès de la CRF, notamment les sociétés étrangères qui servent activement les clients sud-coréens.

Comment les prestataires étrangers contournent la supervision

En juin, la CRF a décrit des modèles spécifiques selon lesquels les prestataires non enregistrés opéraient sans devenir visibles. Les clients ont été recrutés via les groupes Telegram et KakaoTalk, et l'assistance a été fournie en anglais. Les bureaux de change privés vendaient des pièces stables et d'autres actifs numériques spécifiquement aux étudiants internationaux, aux touristes et aux travailleurs migrants, parfois sans vérification d'identité, et échangeaient des actifs directement contre du won coréen. Les partenaires publicitaires payants faisaient la promotion des services de cryptographie étrangers via les chaînes YouTube et les communautés en ligne. L'autorité a averti que les utilisateurs de ces plateformes sont exposés à des risques de fraude, de piratage et de fuite de données et peuvent difficilement récupérer de l'argent en cas de litige – un aspect que souligne également cet article sur les droits d'accès élargis de l'État aux actifs cryptographiques en Corée du Sud.

Les bourses enregistrées font également l’objet d’un examen plus approfondi

Cette surveillance plus stricte ne concerne pas uniquement les prestataires non enregistrés. Une proposition de mai aurait exigé que les bourses déclarent les transferts cryptographiques transfrontaliers d’environ 10 millions de won comme transactions suspectes. La Digital Asset Exchange Alliance, qui représente entre autres Upbit, Bithumb, Coinone, Korbit et Gopax, s'est opposée à ce seuil automatique et a calculé que les rapports annuels pourraient passer d'environ 63 000 à plus de 5,4 millions.

Dans le même temps, Dunamu (Upbit), Bithumb et Coinone se sont défendus devant les tribunaux contre les interdictions partielles imposées par les autorités dans plusieurs procédures – en avril, un tribunal de Séoul a annulé une interdiction de trois mois contre Dunamu, qui reposait sur 44 948 transactions avec 19 plateformes étrangères non enregistrées.

Nouvelle exigence de déclaration pour les virements transfrontaliers

Outre la réforme de la CRF, une modification de la loi sur les opérations de change entrera en vigueur à partir de décembre. Les entreprises qui traitent des transferts cryptographiques transfrontaliers devront s'inscrire auprès du ministère des Finances et déclarer ces transferts via le système de déclaration des changes de la Banque de Corée. La loi a été promulguée le 2 juin avec une période de transition de six mois ; Une analyse antérieure de la réglementation sud-coréenne sur les transferts décrit en détail à quoi ressemblent ces obligations d’identité et de déclaration. À l’échelle internationale, la Corée du Sud n’est pas la seule à suivre cette ligne : un resserrement similaire des transferts cryptographiques transfrontaliers est également apparent en Irlande.

Quelle est la prochaine étape ?

Le projet de CRF a jusqu’à présent seulement été présenté, mais n’a pas été décidé. La question de savoir si l'Assemblée nationale accordera effectivement à l'autorité des pouvoirs d'enquête indépendants ne sera décidée que lors de la suite du processus législatif, parallèlement à la mise en œuvre des nouvelles règles de transfert en décembre.

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