
Les médiateurs régionaux seraient proches d’une proposition qui pourrait relancer le mémorandum d’accord américano-iranien, même si Téhéran continue de nier vouloir reprendre les pourparlers avec Washington.
Résumé
- Pakistan, Égypte et Qatar seraient en faveur d’un plan visant à relancer le protocole d’accord américano-iranien.
- L'Iran et Oman auraient accepté une proposition concernant différends sur le détroit d'Ormuz.
- Téhéran nie avoir demandé des négociations et souhaite un meilleur contrôle sur les routes maritimes à travers le détroit.
- Le brut Brent a chuté de 4,8% à 84,09 $ alors que les marchés réagissaient à la réduction des hostilités.
Les médiateurs poussent à la relance du protocole d’accord américano-iranien
Le Pakistan, l’Égypte et le Qatar ont intensifié leurs efforts pour relancer le cadre américano-iranien signé le mois dernier, selon deux sources citées par le Times of Israel.
Les médiateurs ont élaboré une proposition visant à résoudre les interprétations contradictoires sur la manière dont le protocole d'accord s'applique au détroit d'Ormuz. L’Iran affirme que l’accord lui confère une certaine autorité sur les opérations dans la voie navigable, tandis que Washington soutient que ce n’est pas le cas.
L'Iran et Oman auraient approuvé la proposition des médiateurs. La décision finale appartient désormais au président américain Donald Trump, selon le rapport. La Maison Blanche avait retardé sa réponse jusqu’à ce que Trump rencontre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington.
Parvenir à un accord permettrait aux États-Unis et à l'Iran de reprendre les négociations avant l'expiration de la fenêtre de 60 jours du protocole d'accord le mois prochain. Toutefois, ni Washington ni Téhéran n’ont confirmé publiquement qu’un nouveau cycle de négociations était prévu.
Le détroit d'Ormuz reste le principal différend
Téhéran a proposé à Oman un système temporaire selon lequel une direction du trafic maritime passerait par les eaux iraniennes, une partie de la route opposée étant également placée sous contrôle iranien.
L'Iran a rejeté une proposition omanaise visant à diviser les routes maritimes à parts égales entre les deux pays. Le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a affirmé que le plan ne répondait pas aux préoccupations de sécurité de l'Iran, selon Reuters.
Gharibabadi a déclaré que le détroit resterait fermé si Oman rejetait l'alternative de Téhéran. Il a également averti que l'Iran ne permettrait pas à un pays tiers de déminer la voie navigable, même si Oman l'invitait à y participer.
Dans le même temps, le responsable iranien a démenti les informations selon lesquelles Téhéran aurait contacté Washington.
« L'Iran n'a formulé aucune demande de négociations ou de cessez-le-feu avec les États-Unis au cours des 17 derniers jours », a déclaré Gharibabadi.
Il a affirmé que Washington avait plutôt recherché le dialogue par l’intermédiaire d’Oman et a offert l’assurance que les États-Unis ne prendraient pas d’autres mesures militaires. Les États-Unis n’ont pas confirmé publiquement ces affirmations.
Le pétrole chute alors que les marchés intègrent un risque de conflit moindre
Les prix du brut ont fortement chuté alors que la pause dans les attaques américano-iraniennes a fait naître l’espoir d’une reprise de la diplomatie, même sans confirmation d’une percée.
Les contrats à terme sur le brut Brent ont chuté de 4,8% pour s'établir à 84,09 dollars le baril mardi, tandis que le West Texas Intermediate américain a baissé de 4,1% à 79,26 dollars. Les deux indices de référence ont atteint leurs plus bas niveaux en deux semaines environ.
Le Brent a désormais chuté d'environ 16% sur trois séances. Toutefois, le transport maritime via le détroit d’Ormuz reste limité, exposant les marchés de l’énergie à une nouvelle augmentation des tensions.
Pour les consommateurs et les investisseurs américains, un accord durable et une réouverture plus complète du détroit pourraient réduire la pression sur les coûts du carburant et l’inflation. Cet effet reste incertain tant que le différend maritime et le conflit plus large ne sont pas résolus.
Quelle suite pour les négociations américano-iraniennes
Trump et Netanyahu ont discuté de l’Iran lors de leur réunion à la Maison Blanche, que l’administration américaine a qualifiée de « positive et productive ».
Netanyahu a déclaré plus tard que les deux dirigeants partageaient l’objectif d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Cependant, aucune des deux parties n'a annoncé si Trump avait approuvé la proposition des médiateurs à l'issue de la réunion.
Le prochain signal viendra probablement de Washington, d’Oman ou des trois médiateurs régionaux. En attendant, les rapports faisant état de progrès restent en contradiction avec le déni public de Téhéran selon lequel des négociations formelles entre les États-Unis et l'Iran sont en cours.
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