Le marché interprète la guerre comme une inflation et non comme un refuge

Le marché interprète la guerre comme une inflation et non comme un refuge

La Coupe du monde a déjà commencé et chaque match rapporte des millions de paris. Entrez avec Bitcoin, sans inscription, bonus jusqu'à 7 BTC → Réclamez le bonus.

Espace sponsorisé

Cette analyse est une gracieuseté de Deriv.

Il y a des semaines où les prix fluctuent considérablement sans offrir de signal clair. Cette semaine n’en fait pas partie. Le pétrole monte, l’or baisse et l’euro ne répond pas à une banque centrale qui vient d’augmenter les taux : trois mouvements qui semblent sans rapport, mais obéissent en réalité à la même interprétation.

Selon l'analyse hebdomadaire de Deriv, les marchés traitent l'escalade entre les États-Unis et l'Iran comme un problème d'inflation plutôt que comme une raison de chercher refuge, et cette distinction explique tout le reste.

La donnée qui commande la semaine n’est pas le prix du pétrole brut mais celui de l’or. Si le conflit était interprété comme un pur risque géopolitique, le métal devrait augmenter. Cela fait le contraire.

Le pétrole récupère sa prime de guerre

Le Brent s'échange à près de 86,37 dollars le baril, effaçant une grande partie de la baisse laissée par la brève accalmie de juin. Deriv place la première résistance à 90 $, un niveau que le pétrole brut n'a pas récupéré depuis la mi-juin, et le support qu'il doit maintenir à 84, le niveau que le marché a construit avant la dernière jambe haussière.

Le scénario dépend de la question de savoir si les hostilités sont contenues ou si elles atteignent le trafic maritime via le détroit d’Ormuz. Dans le premier cas, une partie de la prime de guerre est décomprimée et l’approche vers 90 s’essouffle. Dans le second, l’objectif est supérieur à ce chiffre.

Le test intervient mercredi avec les données sur les stocks de pétrole brut aux États-Unis, qui nous permettront de distinguer dans quelle mesure le prix répond à la tension réelle de l'offre et quelle part à la prime de conflit.

L'or perd son réflexe défensif

L'or oscille autour de 4 000 dollars l'once, soit près de son plus bas niveau depuis neuf mois, alors que la guerre s'intensifie. Ce qui pousse à la baisse ce n’est pas la géopolitique mais les taux : le prix élevé du pétrole exerce une pression sur l’inflation, et le marché est progressivement convaincu que la Réserve fédérale pourrait relever les taux dès septembre.

L’or ne rapporte pas d’intérêts, donc chaque point de hausse des taux augmente le coût de sa détention dans votre portefeuille.

Deriv marque 4 002 $ comme plancher sur lequel repose le prix et 4 370 $ comme plafond de la fourchette récente, aujourd'hui loin d'être atteinte. Les demandes d'indemnisation du chômage de jeudi et les enquêtes de conjoncture de vendredi décideront laquelle des deux questions : une donnée faible refroidit les attentes de hausse et redonne de l'air au métal, une donnée forte consolide le scénario inflationniste et ouvre la porte au perçage du support.

La BCE relève ses taux et l'euro n'écoute pas

En juin, la Banque centrale européenne a relevé son taux directeur à 2,25 % et est restée la seule à continuer de resserrer sa politique. La réaction du taux de change a été inexistante : l'EUR/USD reste autour de 1,143, pratiquement là où il se trouvait avant cette décision.

Le marché estime que la BCE maintiendra son taux inchangé jeudi, la décision en elle-même n'est donc guère surprenante. Ce qui peut émouvoir les deux hommes, c'est la conférence de presse de Christine Lagarde. Si l'on laisse la porte ouverte à une nouvelle hausse, l'euro a une marge vers 1,16, plafond qui a stoppé tous les rebonds depuis mars.

Si le ton est plus doux et que juin reste un mouvement isolé, la parité reteste 1,14, un plancher qu'elle tient depuis fin juin et dont la cassure la laisserait à son plus bas niveau depuis janvier.

Une seule question derrière les trois graphiques

Le fil conducteur qui relie les trois actifs est la même inconnue : jusqu’où les taux peuvent-ils encore augmenter ? Tant que tel est l’objectif, le pétrole maintient sa prime, l’or paie le coût d’opportunité et l’euro est coincé entre deux banques centrales qui se regardent d’un mauvais œil.

La semaine offre trois points de contrôle : les stocks de pétrole brut mercredi, la décision de la BCE ainsi que les inscriptions au chômage jeudi et les enquêtes de conjoncture auprès des entreprises vendredi. N’importe lequel d’entre eux peut confirmer les chiffres inflationnistes ou commencer à les démanteler.

Si la tension entre les États-Unis et l’Iran s’apaise sans que les banques centrales ne changent de ton, la prime sur le pétrole brut s’évapore rapidement et l’histoire de la hausse des taux avec elle.

Le pétrole, les métaux et les devises réagissent cette semaine à la même variable, et cela arrive rarement. Quiconque souhaite suivre les trois depuis le même endroit peut le faire sur la plateforme Deriv.

Voir l’article original en espagnol