La Banque d'Angleterre évalue les vides juridiques laissés par l'essor de l'intelligence artificielle agentique

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La Banque d'Angleterre a lancé un examen complet de la capacité des réglementations existantes à réglementer l'IA agentique dans le secteur financier. L'évaluation couvre des domaines critiques, notamment les systèmes de paiement, le commerce d'actifs, la cybersécurité et les opérations bancaires.

Les autorités monétaires cherchent à déterminer si les cadres actuels sont suffisants face à ces nouvelles technologies. Cela révèle la crainte croissante des autorités occidentales face à l’essor vertigineux de cette technologie.

La gouverneure adjointe de l'institution, Sarah Breeden, a déclaré que les structures réglementaires actuelles n'envisagent pas les agents capables d'agir sans instruction humaine directe. Lors de son discours lors d'un forum organisé par la Banque centrale européenne au Portugal, la responsable a qualifié de peu pratique de s'appuyer exclusivement sur la supervision humaine.

Ces systèmes avancés diffèrent des outils d'automatisation traditionnels car ils poursuivent des objectifs autonomes avec une intervention minimale. Breeden a averti que l’IA agentique pourrait agir de la même manière si elle était entraînée sur des données identiques ou sur des objectifs partagés. Par conséquent, cette uniformité opérationnelle est susceptible d’amplifier la volatilité des marchés.

Les risques de stabilité dans l’intelligence artificielle agentique inquiètent les superviseurs

Un récent rapport du Cambridge Center for Alternative Finance a révélé que 81 % des sociétés financières adoptent l’IA. De même, le document détermine que 52 % des personnes interrogées utilisent déjà activement des systèmes agentiques dans leurs flux de travail. La plupart de ces applications se concentrent toujours sur des tâches opérationnelles à faible risque et sur l'automatisation interne.

Malgré une utilisation contrôlée, Breeden a décrit la cyber-résilience comme l’une des préoccupations les plus importantes pour la stabilité financière mondiale. Le responsable a souligné que ces outils agents peuvent enchaîner des séquences d’actions malveillantes à une vitesse et à une échelle sans précédent.

En conséquence, les autorités de contrôle doivent analyser les risques de manière systémique et pas seulement individuellement. Le Fonds monétaire international a également averti que les cyberattaques basées sur l’IA devraient être traitées comme une question de stabilité.

Les offensives numériques peuvent se propager rapidement dans les secteurs partageant une infrastructure cloud ou des réseaux de paiement. Cette vulnérabilité technologique partagée augmente la probabilité de défaillances corrélées en chaîne.

Les régulateurs mondiaux proposent des garanties et des mécanismes de déconnexion

Face à ces menaces, la Banque d’Angleterre envisage de mettre en place des exigences de restauration beaucoup plus strictes pour les systèmes centraux. Parmi les options envisagées, se distingue la possibilité qu’une banque assume les fonctions de base d’une autre entité concernée.

Les régulateurs examinent la faisabilité d’introduire des disjoncteurs, des pare-feu de sécurité et des boutons d’arrêt sur les marchés financiers. Ces mécanismes de contrôle seraient conçus pour arrêter les opérations commerciales si des modèles d’IA défectueux provoquent de graves distorsions. L’objectif principal est de contenir les dégâts avant qu’ils n’affectent l’économie réelle.

De son côté, le Conseil de stabilité financière a publié une consultation contenant 12 pratiques recommandées pour une adoption responsable de ces technologies. Les lignes directrices soulignent la nécessité de définir des rôles de gouvernance institutionnels clairs et de gérer les risques associés aux prestataires tiers. L’objectif des autorités est d’assurer la résilience à mesure que les systèmes autonomes gagnent du terrain.

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