
La Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni a désormais opéré un revirement significatif par rapport à ses propositions de stablecoin, réduisant de moitié ses exigences de capital prévues de 2 % à 1 %.
Cette décision fait suite à une période prolongée de réactions négatives de l'industrie, David Geale, responsable de la FCA pour les paiements et la finance numérique, admettant que les exigences initiales étaient probablement trop élevées pour le marché actuel.
Au-delà de la réduction du coussin de fonds propres, le régulateur a également assoupli sa position sur les délais de remboursement et les obligations de divulgation publique.
Les règles devraient entrer en vigueur en octobre 2027.
Cependant, ces réglementations se concentrent uniquement sur les pièces stables liées à la livre sterling, qui représentent une fraction du marché mondial. La Banque d’Angleterre a reflété ce pragmatisme, en diluant récemment ses propres propositions impopulaires de pièces stables systémiques.
Il n’est pas clair si ces ajustements suggèrent que la FCA écoute enfin les acteurs du marché ou essaie de s’en tenir au régime américain plus favorable à la cryptographie.
Notamment, les règles américaines élaborées l’année dernière ont évité une exigence de capital rigide et unique pour les émetteurs de pièces stables.
L’UE reste restrictive
Le point de vue de l’UE est cependant beaucoup plus sévère et restrictif.
La réglementation sur les marchés d'actifs cryptographiques (MiCA), entrée en vigueur vers la fin de 2024, fixe les exigences de fonds propres pour les principaux émetteurs de pièces stables à 3 %, un point qui a déjà suscité l'opposition des principaux acteurs.
Tether, le plus grand émetteur mondial, s'est éloigné du cadre MiCA entièrement en raison de ces exigences strictes.
L’obligation pour les émetteurs d’être agréés en tant que banques traditionnelles ou établissements de monnaie électronique, qui dans la plupart des pays de l’UE sont réglementés par les banques centrales plutôt que par les régulateurs, ajoute un autre niveau de complexité.
La Banque centrale européenne (BCE) s’est montrée un fervent détracteur des pièces stables, la présidente Lagarde allant jusqu’à les qualifier de menace directe pour la stabilité financière de la zone euro et la souveraineté monétaire de l’euro.
La BCE se prépare à lancer l’euro numérique, son propre concurrent du stablecoin soutenu par l’État.
Bien que l'UE ait entamé un examen officiel du MiCA, des changements significatifs dans les règles du stablecoin semblent encore improbables, compte tenu de la position de la BCE.
Cet article a été rédigé par Adonis Adoni sur www.financemagnates.com.
Voir l’article original en anglais
