Ce que Binance devrait faire s'il n'obtient pas de licence MICA, selon la CNMV

Ce que Binance devrait faire s'il n'obtient pas de licence MICA, selon la CNMV

Le compte à rebours jusqu'à la pleine application du règlement sur les marchés de crypto-actifs (MiCA) entre dans sa dernière ligne droite et la situation de Binance en Europe reste entourée d'incertitude. Si la plus grande bourse de cryptomonnaies au monde n'obtient pas d'autorisation valide avant le 1er juillet, l'entreprise devra activer un plan de migration de clients conformément aux exigences de la Commission nationale du marché des valeurs mobilières (CNMV).

Le superviseur espagnol a rappelé hier que la période transitoire pour les prestataires de services de crypto-actifs qui opéraient sous les régimes nationaux précédents se termine le 30 juin 2026. À partir du 1er juillet, seules les entités ayant obtenu l'autorisation correspondante en vertu de la MiCA pourront fournir des services en Espagne.

Binance conçoit un plan d'urgence au cas où elle devrait suspendre ses services le 1er juillet

Dans ce contexte, la CNMV a détaillé les obligations des plateformes qui n'obtiendraient pas l'autorisation à temps. Bien que le régulateur ne mentionne pas expressément Binance, les mesures décrites seraient applicables à tout fournisseur atteignant cette date sans autorisation.

Un plan de migration client

La première obligation serait d’avoir un plan de migration efficace pour vos clients. Selon la CNMV, les utilisateurs doivent pouvoir retirer leurs actifs cryptographiques vers des portefeuilles externes, tandis que les soldes en euros ou dans d'autres devises doivent pouvoir être transférés vers des comptes bancaires avant la fin du processus de migration.

Cela signifie que Binance devrait mettre en place des mécanismes permettant à ses clients européens de reprendre le contrôle de leurs actifs ou de les transférer vers d'autres fournisseurs agréés.

Rechercher un accord avec une entité autorisée

La CNMV réfléchit également à un accord avec un autre prestataire disposant de l'agrément MiCA. Dans ce scénario, les clients pourraient accepter le transfert de leurs crypto-actifs vers la nouvelle entité et continuer à opérer à partir de celle-ci une fois les procédures d’identification et de vérification requises terminées. Le régulateur considère que cette option doit être réalisée en garantissant une protection adéquate aux clients et des conditions favorables aux utilisateurs concernés.

Pour le moment, Binance n'a pas annoncé publiquement si elle était en négociations avec un fournisseur agréé pour assumer une éventuelle migration de clients européens.

Informer les utilisateurs à l'avance

Une autre des obligations mises en avant par la CNMV est la communication. Les entités non agréées doivent maintenir un travail d'information continu pour leurs clients, expliquant clairement la situation réglementaire, le contenu du plan de migration, les délais prévus et les actions que les utilisateurs doivent entreprendre.

Cette exigence devient pertinente après l'e-mail envoyé par Binance à ses clients européens, dans lequel la société reconnaît que son processus d'autorisation est toujours ouvert et promet d'informer des prochaines étapes avant le 30 juin. La CNMV n'établit pas de nombre de jours précis pour que les clients retirent leurs fonds ou crypto-monnaies.

Ce qu'il faut, c'est que le plan de migration comprenne une « période de rétractation raisonnable » pendant laquelle les utilisateurs peuvent décider quoi faire de leurs actifs. Ce point est pertinent car il implique qu'une éventuelle absence de licence au 1er juillet n'entraînerait pas nécessairement un blocage immédiat des fonds des clients. Il convient en premier lieu de développer la procédure de migration prévue par la réglementation.

Qu'arrive-t-il aux fonds qui ne sont pas retirés ?

Une fois expiré le délai de rétractation prévu dans le plan de migration, la CNMV envisage une mesure complémentaire. Les crypto-actifs et les fonds non retirés peuvent être transférés à des entités autorisées, en informant toujours à l'avance les clients concernés.

En d’autres termes, les utilisateurs qui ne déplacent pas leurs actifs dans le délai imparti pourraient voir leurs actifs déplacés vers un fournisseur agréé désigné dans le cadre du processus de migration. La communication récemment envoyée par Binance à ses utilisateurs européens répond à plusieurs des exigences décrites par la CNMV.

L'entreprise parle d'un « processus ordonné », de « plans d'urgence » et de la nécessité de minimiser les éventuelles interruptions pour les clients. De plus, il promet de proposer une nouvelle mise à jour avant le 30 juin.

Si elle n'obtient pas finalement l'autorisation MiCA à temps, Binance ne sera pas en mesure de continuer à fournir normalement des services en Espagne et dans le reste de l'Union européenne. Dans ce cas, il lui faudrait activer l'un des mécanismes proposés par la CNMV : faciliter le retrait de fonds et de crypto-monnaies, convenir d'une migration vers une entité agréée ou combiner les deux solutions dans un processus supervisé et préalablement communiqué à ses millions d'utilisateurs européens.

Voir l’article original en espagnol