Le conflit entre l’Iran et les États-Unis ébranle les obligations mondiales et ravive les craintes inflationnistes

Le conflit entre l’Iran et les États-Unis ébranle les obligations mondiales et ravive les craintes inflationnistes

Voulez-vous échanger ce week-end? Les indices synthétiques sont toujours actifs → Explorer les options.

Espace sponsorisé

Les marchés obligataires ont connu l’un des mois les plus volatils de ces dernières années. L'escalade du conflit entre l'Iran et les États-Unis a provoqué une forte vente des obligations souveraines en mai, poussant les rendements à des niveaux jamais vus depuis des décennies dans plusieurs économies développées.

La combinaison de la hausse des prix de l’énergie, des préoccupations inflationnistes et des déficits budgétaires croissants a conduit les investisseurs à exiger des rendements plus élevés pour détenir la dette publique. Cependant, la situation a rapidement changé à mesure que des signes de progrès diplomatiques et un ralentissement économique plus évident ont commencé à apparaître dans plusieurs régions.

Les marchés de la dette ont vivement réagi à l'escalade du conflit

Les tensions géopolitiques ont provoqué un fort ajustement des marchés obligataires au cours de la première quinzaine de mai. Le rendement des bons du Trésor américain à 30 ans a atteint environ 5,2 %, son plus haut niveau depuis 2007, alors que les traders ont commencé à intégrer un scénario d'inflation persistante et d'éventuelles nouvelles hausses des taux d'intérêt.

Le mouvement ne s’est pas limité aux États-Unis. Les rendements de la dette britannique ont atteint des sommets depuis plusieurs décennies, certaines obligations japonaises ont atteint des niveaux record et l'obligation allemande à 10 ans a affiché son rendement le plus élevé depuis 2011. La principale préoccupation du marché était qu'une prolongation du conflit maintiendrait le pétrole au-dessus de 110 dollars le baril, augmentant ainsi les pressions inflationnistes mondiales.

Selon plusieurs gestionnaires obligataires consultés par Reuters, le marché a commencé à supposer que l'inflation pourrait rester élevée plus longtemps que prévu, obligeant les banques centrales à maintenir des politiques monétaires restrictives pendant une période plus longue.

Le ralentissement économique a rapidement modifié le sentiment du marché

La seconde quinzaine du mois a montré un comportement très différent. Alors que les États-Unis et l’Iran ont fait état de progrès dans les négociations diplomatiques et que les prix du pétrole ont chuté, les actions et les marchés en général ont commencé à récupérer une partie des pertes accumulées.

Dans le même temps, les données économiques européennes ont montré des signes évidents d’affaiblissement. L'activité économique de la zone euro a enregistré sa plus forte contraction en deux ans et demi, renforçant la perception selon laquelle la croissance mondiale pourrait ralentir si les coûts de l'énergie continuent de faire pression sur les consommateurs et les entreprises.

Cette détérioration économique a conduit de nombreux investisseurs à reconsidérer leurs attentes concernant les futures hausses de taux. En conséquence, les rendements ont recommencé à baisser et les obligations ont retrouvé une partie de leur attrait en tant qu'actifs défensifs au sein des portefeuilles institutionnels.

Les États-Unis sont confrontés à des défis différents de ceux du reste du monde

L'Europe, le Royaume-Uni et le Japon ont été les plus touchés par la hausse des coûts de l'énergie. Toutefois, les États-Unis se sont distingués comme l’un des marchés de dette les moins performants en mai. Les rendements allemands ont également reculé, mais les rendements américains sont restés sous pression en raison d'une économie qui continue de faire preuve de résilience et d'une inflation qui reste supérieure aux objectifs de la Fed.

Les opérateurs ont éliminé pratiquement toutes les attentes de baisse des tarifs pour cette année et ont même temporairement écarté la possibilité d’une nouvelle hausse des tarifs avant la fin de 2026.

À cela s’ajoutent les inquiétudes croissantes concernant la détérioration du budget américain, un facteur que plusieurs analystes identifient comme l’un des principaux facteurs à l’origine de la récente vente massive de bons du Trésor.

La volatilité observée au cours du mois de mai laisse une conclusion pertinente pour les marchés mondiaux : les investisseurs n'observent plus seulement l'inflation ou les taux d'intérêt. Ils prêtent désormais également attention aux risques géopolitiques, à la viabilité budgétaire et à la croissance économique.

Cette combinaison explique pourquoi les obligations, traditionnellement considérées comme l'un des actifs les plus stables du système financier, sont devenues l'un des segments les plus sensibles à tout changement dans le paysage mondial.

Voir l’article original en espagnol

Amazon music unlimited
Rejoignez dès maintenant Amazon Music Unlimited et plongez dans un univers de 100 millions de titres sans publicité. Profitez de 30 jours d’essai gratuit pour une expérience musicale inégalée !