Wall Street parie que la Réserve fédérale augmentera à nouveau ses taux

Wall Street parie que la Réserve fédérale augmentera à nouveau ses taux

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Le marché a commencé à modifier rapidement ses attentes concernant la politique monétaire américaine après une nouvelle vague de données d'inflation plus élevées que prévu, augmentant encore une fois la pression sur la Réserve fédérale et sa stratégie pour les mois à venir.

Ce qui semblait il y a quelques semaines encore être un scénario dominé par d’éventuelles baisses de taux commence désormais à se transformer en un discours beaucoup plus agressif de la part de la Fed, les opérateurs pariant même sur de nouvelles hausses de taux d’intérêt vers la fin de 2026.

Le marché mise à nouveau sur des hausses de taux

Selon l'outil FedWatch du groupe CME, les traders sur le marché à terme des fonds fédéraux ont commencé à prévoir que la prochaine mesure de la Fed pourrait être une hausse des taux et non une baisse.

Les probabilités reflètent un changement majeur dans le sentiment du marché. Actuellement, une hausse en décembre est déjà proche de 51%, tandis que janvier montre des probabilités proches de 60% et mars dépasse 71%.

Ce mouvement intervient après une semaine marquée par de fortes surprises inflationnistes, tant au niveau des prix à la consommation que de l'inflation de gros.

En outre, les prix des importations et des exportations ont atteint des niveaux jamais vus depuis le dernier cycle inflationniste majeur qui a conduit la Fed à procéder à des hausses de taux agressives en 2022.

Wall Street craint une nouvelle fois une Fed plus agressive

Au-delà des probabilités implicites, le véritable changement se produit dans la perception de la durée pendant laquelle une politique monétaire restrictive devrait être maintenue aux États-Unis.

Pendant une grande partie de 2025 et début 2026, Wall Street pariait sur un scénario de ralentissement économique qui permettrait des baisses progressives des taux. Cependant, la récente résurgence de l’inflation oblige le marché à reconsidérer complètement ce discours.

Même au sein de la Fed, des signes de division commencent à apparaître. Lors de la dernière réunion du Comité fédéral de l'Open Market, trois membres se sont opposés au maintien des taux inchangés en raison de désaccords sur le libellé suggérant de futures réductions.

Dans le même temps, l’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Fed ajoute une incertitude supplémentaire quant à l’orientation de la politique monétaire.

L’inflation redevient le principal risque macroéconomique

Le nouveau scénario inflationniste commence également à susciter des inquiétudes parmi les économistes et les marchés financiers.

Selon l'enquête des prévisionnistes professionnels, l'inflation au deuxième trimestre pourrait culminer à près de 6 %, un niveau considérablement supérieur aux estimations précédentes.

Ce contexte complique les perspectives pour les actifs à risque, notamment les valeurs technologiques et les crypto-monnaies, qui avaient bénéficié ces derniers mois des attentes d’assouplissement monétaire.

La réaction des marchés laisse un signal important : les investisseurs ne considèrent plus le retour des taux bas comme garanti à court terme.

Et si l'inflation continue de faire preuve de résistance, la Réserve fédérale pourrait être contrainte de maintenir une politique restrictive plus longtemps, voire de réactiver de nouvelles hausses, ce qui semblait jusqu'à récemment pratiquement exclu par Wall Street.

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