
La sénatrice Elizabeth Warren, qui a critiqué les crypto-monnaies, a présenté 40 amendements.
Le nombre élevé d’amendements reflète une division structurelle au sein du Sénat.
La commission bancaire du Sénat américain fait face ce jeudi 14 mai à une journée décisive pour la régulation des actifs numériques.
Les législateurs ont déposé plus de 100 modifications à la loi sur la clarté, un projet qui vise à établir le cadre juridique pour le fonctionnement du secteur des cryptomonnaies aux États-Unis.
La session de numérotation (balisage), prévu aujourd'hui à 10h30 à Washington DC, servira à définir les aspects techniques et politiques fondamentaux de la conservation, du trading d'actifs et de l'intégration des monnaies numériques dans le système financier traditionnel.
Dans la liste des modifications proposées, souligne la participation de la sénatrice Elizabeth Warren. La législatrice, connue pour sa position sceptique à l’égard du secteur des cryptomonnaies, a présenté à elle seule 40 amendements.
Selon les documents techniques de la commission, l'un des points les plus controversés de sa proposition (amendement 45) vise à interdire explicitement à la Réserve fédérale (FED) de fournir des comptes principaux ou des services aux institutions de dépôt non assurées qui se livrent à des activités sur les actifs numériques.
Selon des documents divulgués par l'analyste Chad Steingraber, les amendements de Warren visent également à interdire aux dépositaires d'actifs numériques de réhypothéquer les actifs des clients (amendement 44) et à éliminer les dispositions autorisant le paiement d'intérêts ou de rendements sur les pièces stables (amendement 48).
Ce dernier point a été une source constante de frictions. CriptoNoticias a rapporté que les banques traditionnelles craignent que, si ces rendements sont autorisés, les actifs numériques fonctionnent comme des comptes d'épargne qui concurrencent directement les dépôts bancaires traditionnels, provoquant une fuite de 6 000 milliards de dollars, selon les estimations du secteur.
En revanche, d'autres amendements visent à renforcer la surveillance contre les activités illégales. Les propositions de sénateurs comme Catherine Cortez Masto suggèrent de moderniser la loi sur le secret bancaire pour incorporer des entités de l'écosystème de la monnaie numérique et combler les lacunes qui, à leur avis, pourraient permettre d'échapper aux sanctions internationales grâce à des pièces stables libellées en dollars.
La séance de ce jeudi se déroule sous une forte pression du secteur financier. Des organisations telles que l’American Bankers Association (ABA) et le Bank Policy Institute (BPI) ont envoyé jusqu’à 4 300 lettres au Capitole pour avertir d’éventuelles lacunes juridiques.
Le nombre élevé d’amendements reflète une division structurelle au Sénat qui va au-delà de la technique législative. Ce qui sera voté aujourd'hui déterminera si la loi sur la clarté servira de pont vers l'adoption institutionnelle des actifs numériques ou deviendra une barrière isolant les entreprises du secteur de l'infrastructure financière de base.
Le résultat de ce vote marquera la voie à suivre pour que le projet avance au Sénat. Si les propositions les plus restrictives prospèrent, l’industrie des actifs numériques aux Etats-Unis pourrait être confronté à un environnement opérationnel beaucoup plus rigide, limité par l’impossibilité d’accéder aux services du FED ou d’offrir des incitations financières compétitives à ses utilisateurs.