
Le Consortium européen pour les infrastructures numériques sur les communs numériques (Digital Commons Edic – Consortium européen pour les infrastructures numériques) prend de l'ampleur avec l'adhésion de nouveaux États membres, la nomination d'un directeur et le lancement des premiers projets, dont un projet pilote pour un Fonds souverain européen pour la technologie.
Les objectifs du consortium
Éddont le but est de soutenir les États membres dans le développement d’infrastructures numériques ouvertes et le renforcement de la souveraineté numérique européennefait partie du programme Décennie numérique de l’Union européenne et promeut la coopération entre les États membres dans le développement de projets numériques communs : notamment sur les communs numériques, les logiciels open source et les infrastructures numériques partagées. Le consortium agit comme un catalyseur pour les développeurs, les organismes publics et les communautés open sourcefaciliter l’accès au financement et le démarrage de nouveaux projets.
Le consortium en particulier coordonnera les ressources des États participants et collaborera avec les communautés publiques et privées développer, maintenir et diffuser des solutions numériques partagées. Parmi les activités prévues :
- la création d'une communauté européenne d'acteurs publics, privés et civiques ;
- faciliter l’accès au financement et aux compétences grâce à un guichet unique physique et numérique ;
- un soutien juridique et technique pour la croissance et le maintien des communs numériques ;
- la promotion de la sensibilisation politique et institutionnelle sur le thème des communs numériques ;
- participation à des projets multinationaux dans le domaine numérique.
Nouvelles adhésions : la participation à Digital Commons Edic augmente
Le consortium, basé à Paris, a été créée en octobre 2025 par décision de la Commission européenne, à l'initiative de cinq États membres : France, Allemagne, Pays-Bas, Italie et Luxembourg. Ils ont ensuite rejoint en tant qu'observateurs Slovénie, Pologne, Hongrie, Danemark, Autriche, Finlande et région flamande belgeportant le nombre de participants à douze. Le consortium est ouvert à tous les États membres.
La nomination du directeur Rojey
Laurent Rojeyactuellement directeur général adjoint du numérique chez l'Agence nationale pour la cohésion des territoires (Anct)assumera la fonction de directeur du consortium Edic à compter du 1er avril 2026.
Dans ce rôle, Rojey dirigera la phase de démarrage, mettant en place le groupe de travail, définissant le premier programme de travail et promouvant la coordination entre les États membres, les entreprises et la communauté open source. La nomination a été approuvée à l'unanimité par l'assemblée des membres des pays fondateurs.
Avec près de 25 ans d'expérience dans le secteur numérique, Rojey a acquis une solide expérience dans la collaboration et la construction d'organisations au niveau européen, en participant à des projets technologiques internationaux et favoriser le développement de l’écosystème open source et innovation en France. À l'Anct, il a créé un programme pour le développement de solutions numériques pour les communes, aujourd'hui utilisées par environ 27 000 administrations locales.
Le président de l'assemblée des membres est Art de Blaauw, directeur de l'information du gouvernement central des Pays-Bas. Il y a deux vice-présidents : l'italien Serafino Sorrenti, chef du secrétariat technique du sous-secrétaire à l'innovation Alessio Buttiet l'allemand Luise Hölscher, secrétaire d'État au ministère fédéral de la Numérisation et de la Modernisation de l'État (Bmds).
Les premiers projets sur les technologies open source et souveraines sont en cours
Comme mentionné, le consortium a également lancé les premières initiatives concrètes. Parmi ceux-ci, un « Défi de 100 jours » développer des composants open source souverains et interopérables, et un projet pilote pour un Fonds Souverain Européen pour la Technologie (EU-Stf)développé en collaboration avec la German Sovereign Tech Agency, dans le but d’étendre le modèle allemand en Europe pour renforcer les infrastructures numériques ouvertes critiques.
Là Agence technologique souveraine mettra à disposition ses compétences pour la phase pilote, en pouvant compter sur sa dimension opérationnelle et stratégique, son large réseau international et sa capacité de mise en œuvre immédiate.
Un plan parallèle au consortium Impacts-Edic
En décembre 2025, la Commission européenne l’avait plutôt officialisé la naissance d'Impacts-Edicle premier consortium doté de la personnalité juridique dédié à la conception et à la gestion de solutions d'interopérabilité pour les administrations publiques : gouvernance unique, siège à Athènes, six pays fondateurs et adhésion ouverte. L’objectif est d’accélérer l’interopérabilité des services publics numériques et de réduire la fragmentation qui ralentit l’innovation.
Le consortium c'est l'élément opérationnel de l'Acte pour une Europe interopérablela législation qui exige des évaluations d’interopérabilité pour chaque nouveau système public et favorise la réutilisation des composants certifiés. Avec Impacts-Edic, ces règles deviennent des projets concrets, avec une structure capable de gérer des infrastructures communes, des achats coordonnés et des chantiers thématiques.
La feuille de route stratégique du programme définit sept domaines prioritaires: échange de données sécurisé, identité numérique, API cataloguées, bacs à sable réglementaires, politiques prêtes pour le numérique, sécurité et compétences. Chaque axe de travail aura des objectifs mesurables et des examens périodiques. La logique est de construire une fois, partager partout : développer une fois, réutiliser partout. Cette configuration, sur le papier, permet des économies d'échelle et un délai de rentabilisation plus rapide. L’interopérabilité sémantique, les interfaces communes et les politiques adaptées au numérique devraient ainsi devenir un patrimoine commun et non plus des initiatives isolées.