quels changements pour les entreprises

quels changements pour les entreprises

La part des entreprises italiennes d'au moins 10 salariés qui déclarent aujourd'hui utiliser au moins une technologie intelligence artificielle est égal à 16,4%. Elle était de 8,2% en 2024, 5% en 2023. Un net doublement en douze mois, certifié par l'ISTAT en décembre 2025. Ce n'est pas une tendance : c'est une accélération. Et, comme toute forme d’impact perturbateur, cela pose une question urgente : qui gouverne tout cela ?

Pourquoi les agents IA modifient les processus métier

Au centre de cette transformation se trouvent les Agents IA: la frontière la plus avancée – et, en même temps, la plus difficile – de l’intelligence artificielle appliquée aux entreprises. Contrairement aux modèles génératifs traditionnels, qui répondent à une seule invite, les agents poursuivent des objectifs complexes de manière autonome : ils prennent des décisions, interagissent avec des systèmes externes, agissent sans nécessairement attendre l'approbation humaine.

Les applications les plus rapides dans les domaines du marketing, des ventes et du service client

C'est précisément dans les fonctions commerciales et de relation client que cette évolution trouve ses applications les plus rapides et les plus mesurables : avatars conversationnels intégrés aux sites des entreprises et commerce électroniquedes assistants virtuels capables de répondre à des questions techniques complexes tout en maintenant une cohérence de ton et de qualité, et des systèmes qui activent des contacts proactifs — par téléphone ou par messagerie — pour rappeler des délais, proposer des services ou accompagner le client tout au long du cycle d'achat.

Ce n'est plus simple chatbotsmais de des interfaces opérationnelles impactant directement les conversions, la fidélisation et la qualité de service. Ce sont, à toutes fins utiles, de nouveaux acteurs des processus métiers pour commercialisation et les ventes. Et c’est précisément cette capacité à influencer directement les décisions et les résultats qui rend nécessaire de les encadrer dans des réglementations précises.

Productivité, revenus et coûts : le contexte économique de la course à l’IA

Banque centrale européenne ont constaté que la croissance de la productivité du travail dans la zone euro en 2025 était plus élevée que prévu. McKinsey estime l'augmentation des revenus dans les fonctions commerciales et stratégiques, ainsi que les réductions significatives des coûts dans l'ingénierie logicielle, la fabrication et l'informatique. Ce n’est pas la technologie elle-même qui fait la différence, mais plutôt sa capacité à la gouverner. Accompagner aujourd’hui la mise en œuvre de ces démarches, c’est aussi savoir évoluer dans un cadre réglementaire qui a radicalement changé.

AI Act, le premier cadre juridique européen uniforme

Règlement (UE) 2024/1689 – dit Loi sur l'IA – est entré en vigueur le 1er août 2024 et constitue le premier cadre juridique uniforme au monde sur l’intelligence artificielle. Sa logique est simple dans sa structure, mais exigeante du point de vue applicatif. Le règlement classe en effet les systèmes d’IA par niveau de risque et établit des obligations proportionnelles.

Elle interdit catégoriquement les pratiques incompatibles avec les valeurs démocratiques, comme les systèmes de notation sociale ou les techniques de manipulation subliminale. Elle impose des exigences strictes en termes de transparence, de qualité des données et de contrôle humain pour les systèmes « à haut risque » utilisés dans les secteurs critiques : infrastructures, éducation, justice.

Les risques pour les entreprises entre adoption et gouvernance

Et c’est précisément à ce niveau que les entreprises doivent accorder la plus grande attention : de nombreux agents d’IA utilisés dans des contextes d’entreprise – sélection du personnel, évaluation des performances, gestion des décisions opérationnelles – entrent dans cette catégorie à haut risque. Leur autonomie décisionnelle les expose aux exigences les plus strictes de la réglementation, avec implications directes et concrètes sur les choix d’adoption et de gouvernance.

Sanctions, protections et bacs à sable pour les PME et startups

Le système de sanctions est également pertinent. Les entreprises risquent jusqu'à 35 millions d'euros d'amende pour non-conformité. Mais la législation n'est pas seulement restrictive : elle introduit également des mesures explicites pour protéger les PME et les startups, avec des procédures bureaucratiques simplifiées, des réductions proportionnelles sur les frais de certification et un accès prioritaire aux bacs à sable réglementaires, c'est-à-dire des espaces d'expérimentation contrôlés où les idées peuvent être testées avant leur lancement sur le marché. Un équilibre volontaire entre contraintes et incitations.

La réponse italienne avec la loi 132/2025

L'Italie ne s'est pas limitée à transposer passivement la réglementation européenne. Avec le Loi du 23 septembre 2025, n. 132entrée en vigueur le 10 octobre 2025, a construit le premier cadre réglementaire national organique dédié à l’IA. Ne chevauche pas l’AI Act : l'intègrecombler les espaces laissés à la discrétion des États membres et ajouter des outils que le droit européen ne pouvait pas prévoir.

Autorités compétentes et surveillance sectorielle

Sur le plan institutionnel, la loi confie auAgence pour l'Italie Numérique le rôle d'autorité de notification pour l'évaluation de la conformité, et l'Agence nationale de cybersécurité pour la surveillance du marché, dotée de pouvoirs d'inspection et de sanction. La Banque d'Italie, la CONSOB et l'IVASS effectuent la surveillance dans leurs domaines sectoriels respectifs.

Travail, droits et obligations d’information

Pour ceux qui gèrent des personnes, l’actualité est particulièrement pertinente. L'article 11 introduit des obligations d'information précises pour les entreprises qui utilisent des outils d'intelligence artificielle dans leurs relations avec les travailleurs. À cet égard, l'employeur est tenu d'informer préalablement les salariés, selon les modalités du décret législatif n. 152/1997. Les systèmes d’IA utilisés pour la sélection du personnel, l’évaluation des performances ou la gestion des carrières – tous entrant dans la catégorie à haut risque – nécessitent une évaluation préalable de l’impact sur les droits des travailleurs et une divulgation aux représentants syndicaux. Ce n'est pas simplement de la bureaucratiec’est le périmètre à l’intérieur duquel l’innovation devient durable et crédible.

Copyright et deepfake dans le nouveau cadre réglementaire

La loi va encore plus loin en comblant des aspects que la loi sur l’IA n’abordait pas. Les œuvres créatives créées à l'aide de systèmes d'IA sont protégées par le droit d'auteur si elles constituent le résultat du travail intellectuel de l'auteur. Et le délit de diffusion illicite de contenus générés ou modifiés grâce à l’IA – ce qu’on appelle les deepfakes nuisibles – entre dans le Code pénal, comblant un vide que le système européen de sanctions administratives ne pouvait pas combler.

La conformité s’étend à la cybersécurité

Pas seulement ça. A côté des obligations strictement réglementaires, les entreprises se trouvent aujourd'hui confrontées à un sujet qui représente un prolongement naturel : la sécurité des systèmes et notamment la cybersécurité. Les agents d’IA, opérant sur les données, les infrastructures et les processus décisionnels, élargissent en effet le champ de la responsabilité des entreprises également en termes de protection et d’intégrité des informations. Dans ce contexte, la conformité ne peut plus être interprétée dans un sens exclusivement juridique.

Les propres exigences de l'AI Act – de la qualité des données à la surveillance humaine – présupposent des systèmes sûrs et fiables. Garantir le respect signifie donc également empêcher les accès inappropriés, les attaques, les manipulations de sortie ou les utilisations déformées. C’est aussi de cette intégration entre droit et cybersécurité que dépendra de plus en plus la stabilité réelle des modèles de gouvernance de l’intelligence artificielle.

Deux niveaux de conformité pour les entreprises italiennes

Ce qui ressort donc de la stratification réglementaire entre la loi IA et la loi 132/2025 est une architecture binaire qui nécessite une nouvelle forme d'intégration stratégique de la part des organisations. Le règlement européen est déjà directement applicable ; tandis que la loi nationale est encore en cours d'application, les décrets législatifs étant attendus d'ici douze mois. Les entreprises italiennes se retrouvent donc confrontées à deux niveaux de conformité dans un contexte réglementaire qui va progressivement se consolider.

La confiance comme avantage concurrentiel

Pour les entreprises italiennes, cela signifie devoir faire correspondre deux niveaux de conformité dans un contexte où le plein fonctionnement du cadre réglementaire est appelé à se consolider progressivement au cours des prochaines années. Les entreprises qui affrontent cette transition avec conscience – en cartographiant leurs systèmes d’IA, en classant le niveau de risque, en se dotant de processus de supervision humaine et d’une communication transparente – n’éviteront pas simplement les sanctions ; ils se positionneront en avance sur un marché dans lequel la confiance dans les systèmes d'IA deviendra un véritable différentiel concurrentiel.

Voir l’article original en italien

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