Le plan de BitMEX pour sauver les fonds Bitcoin face à la menace quantique

Le plan de BitMEX pour sauver les fonds Bitcoin face à la menace quantique

L'équipe du cabinet d'analyse BitMEX a publié le 8 février un rapport sur un scénario critique face à l'informatique quantique : le possible gel des bitcoins (BTC) stockés dans des adresses vulnérables.

Le gel proposé par l'équipe BitMEX est une mesure préventive qui empêcherait de dépenser du BTC qui se trouve dans des adresses vulnérables à l'informatique quantique pour empêcher les attaquants d'obtenir des clés privées, laissant les fonds en pause jusqu'à ce que le propriétaire prouve qu'il en a le contrôle avec des méthodes sécurisées.

Le rapport BitMEX explore les mécanismes qui permettraient aux propriétaires légitimes récupérez vos pièces après congélationbien qu’il prévienne que cela impliquerait une complexité technique, des changements dans le protocole et de nouvelles exigences pour les nœuds du réseau Bitcoin.

Méthode de récupération de clé privée compromise

L’une des approches analysées repose sur la preuve que l’utilisateur contrôlait la clé privée avant que l’informatique quantique ne devienne opérationnelle.

Pour ce faire, BitMEX décrit des schémas dans lesquels le propriétaire pré-publie un engagement cryptographique sur la blockchain, sans déplacer les fonds.

Ce commit serait inclus via OP_RETURN, un type de sortie qui permet de stocker de petits morceaux de données. Après une période d'attente (le rapport mentionne une fenêtre d'environ 100 confirmations, équivalent à environ 17 heures), l'utilisateur pourrait émettre une transaction qui révéler des informations conformes à cet engagement et dépenser les bitcoins bloqué.

Selon l'analyse, ce mécanisme permettrait de vérifier que la clé était connue avant de pouvoir être dérivée par des moyens quantiques. Cependant, le rapport lui-même prévient qu'il s'agit d'un processus complexe, à usage unique, et qu'il nécessiterait des modifications des règles de validation de Bitcoin, en plus d'exposer des informations sensibles sur la chaîne.

Méthode de validation avec la phrase de départ (phrase de départ)

La deuxième approche part d'un constat clé : la plupart des portefeuilles modernes sont générés à partir de phrases de départ de 12 ou 24 mots, définies dans la norme BIP-39. Le processus qui transforme ces mots en passe-partout utiliser des fonctions hacher qui sont considérés comme résistants aux attaques quantiques.

Dans le cadre de ce régime, l'utilisateur fait également un pré-engagement sur la chaîne et, lors de la transaction de récupération, vous prouvez que vous connaissez la phrase de départ originale. Contrairement à la méthode précédente, ici la clé privée n’est pas directement révélée, mais plutôt les informations qui permettent de la dériver en toute sécurité.

L'ensemble du processus se déroule au sein de Bitcoin, via changements de règles qui déterminent quelles transactions sont valides après le gel.

Cette méthode permet de récupérer des fonds même dans des adresses où la clé publique est déjà connue, même si elle partage les défis du schéma précédent : nécessite des modifications du protocolelogiciel spécifique et mise en œuvre correcte par les portefeuilles.

Méthode avant 'QDay'

Cette approche est destinée aux bitcoins plus anciens et plus vulnérables, stockés dans des adresses P2PK (paiement à clé publique), où la clé publique Il reste visible dès la réception des fonds.

La stratégie exige que l’utilisateur agisse avant le « QDay », le jour où l’informatique quantique deviendra capable de briser la cryptographie actuelle. Dans ce contexte, « générer un engagement » signifie pré-publier un hachage sur la chaîne, via OP_RETURN, qui agit comme une preuve scellée de propriété de la clé privée, sans révéler cette clé ni déplacer les bitcoins.

Le rapport reconnaît que cette méthode n'est pas pratique pour la plupart, puisque toute personne pouvant agir avant QDay pourrait simplement transférer ses fonds vers une adresse sûre.

Cependant, BitMEX introduit un cas particulier : Satoshi Nakamoto. Selon l'analyse, Satoshi pourrait publier un engagement générique sans le lier publiquement à ses pièces. S’il devait récupérer ces fonds à l’avenir, cet engagement préalable prouverait qu’il avait accès aux clés avant l’ère quantique. Si ce n'était pas le cas, les bitcoins ils seraient gelés pour toujoursgardant le doute quant à savoir si Satoshi contrôle toujours ces clés ou non.

Méthode avec preuves à connaissance nulle (ZK-Proofs)

Ce dernier schéma utilise des preuves à connaissance nulle (ZK), notamment de type STARK, qui permettent de prouver qu'un secret est connu sans le révéler. Dans ce cas, l'utilisateur prouve qu'il dispose de la phrase de départ d'un portefeuille sans rendre public aucun des mots.

Contrairement aux méthodes précédentes, ce mécanisme nécessite une seule transaction et n'expose pas d'informations sensibles, elles peuvent donc être réutilisées. Pour que cela fonctionne, il faudrait introduire un nouveau type de dépenses via une mise à jour du protocolequi reconnaît ces tests comme valides après congélation quantique.

Selon BitMEX, cette approche permettrait aux utilisateurs de continuer à utiliser leur portefeuille normalement jusqu'à ce que la menace soit réelle, évitant ainsi des migrations précipitées. Ce n’est qu’après le gel, et à leur rythme, qu’ils pourront mettre à jour leur logiciel et continuer à dépenser leurs bitcoins en toute sécurité.

Enfin, les propositions de BitMEX peuvent être lues comme une réponse technique à des propositions telles que celle du développeur Jameson Lopp, qui, comme le rapporte CriptoNoticias, a suggéré de brûler le BTC exposé comme moyen de gérer le risque quantique.

Voir l’article original en espagnol