
L’intégration du bitcoin (BTC) au cœur du système bancaire américain franchit un pas définitif. Selon un récent rapport de la société de services financiers River, 60 % des 25 plus grandes banques du pays proposent déjà ou ont annoncé leur intention de mettre en œuvre des services de conservation, de trading ou de prêt liés à la monnaie numérique.
Ce changement de paradigme marque la fin de l’ère de la résistance institutionnelle et positionne les actifs numériques comme une priorité stratégique pour les services bancaires de premier plan.
L'information révèle que des géants tels que JPMorgan Chase, Wells Fargo et Citigroup sont en tête de la course. JPMorgan Chase, la plus grande banque du pays, a déjà annoncé qu'elle étudiait la possibilité d'ajouter le trading d'actifs numériques à son offre et a même lancé sa propre crypto-monnaie.
De son côté, Wells Fargo propose des services de courtage Bitcoin aux investisseurs fortunés. Et Citigroup est également dans une phase d'exploration active pour fournir des services de garde aux clients institutionnels.
Parmi les autres entités mises en avant dans le rapport figurent PNC Group, qui a déjà lancé des services de conservation et de négociation. Ainsi que BNY Mellon, qui permet à ses clients d'opérer avec des dépôts bancaires tokenisés sur un réseau privé, comme le rapporte CriptoNoticias.
En revanche, Bank of America reste la seule des « quatre grands » à n’avoir pas encore annoncé directement de produits spécifiques pour le secteur. En fait, cette entité est sceptique quant à l’écosystème. La semaine dernière, le PDG de la banque, Brian Moynihan, a reconnu que les pièces stables constituaient une menace pour les dépôts bancaires. Il a même estimé un éventuel fuite pouvant atteindre 6 000 milliards de dollars vers ces instruments numériques.

Un environnement réglementaire favorable aux banques et au bitcoin
Ce tournant institutionnel n’est pas une coïncidence. Le Bureau du contrôleur de la monnaie (OCC) a précisé, par la lettre interprétative 1188, que les banques peuvent effectuer des transactions sur des actifs numériques dans le cadre de leurs activités habituelles.
Dans ce système, l'institution financière agit en tant qu'intermédiaire ou courtier, acquérant l'actif d'un client pour le vendre à une autre contrepartie. En opérant sans exposition directe aux prix sur ses bilans, le régulateur considère que Ces opérations ne comportent pas de risques supplémentaires et ne nécessitent pas de surveillance particulière.
De même, la Réserve fédérale (FED) a retiré en décembre de l’année dernière une ligne directrice pour 2023 qui limitait l’innovation dans ce domaine. La nouvelle politique vise à faciliter l’adoption responsable des crypto-monnaies, en reconnaissant que les nouvelles technologies offrent une efficacité opérationnelle et des services améliorés.
Ce changement de position s'aligne sur l'administration actuelle, marquée par l'élimination des réglementations que l'industrie considérait comme préjudiciables au développement des actifs numériques dans le pays.
La consolidation des services Bitcoin au sein des institutions traditionnelles suggère que BTC et son écosystème sont passés du statut de périphérique à celui de composant standard de la finance moderne.
Avec 60 % des grandes banques américaines déjà impliquées, il est plausible que la concurrence pour capter les flux de capitaux institutionnels accélérer la maturation des marchés et proposer des alternatives d’investissement plus sûr et plus accessible pour les utilisateurs du système bancaire conventionnel.