
Le Conseil de surveillance de la stabilité financière (FSOC) a opéré un changement radical de politique dans son nouveau rapport annuel 2025.
Dans un renversement étonnant, le conseil a officiellement retiré la crypto-monnaie de sa liste de menaces financières systémiques.
Grâce à plusieurs changements de politique sous l’administration de Donald Trump, le nouveau rapport de 86 pages adopte une approche différente. Il supprime les avertissements antérieurs et met plutôt l’accent sur une croissance responsable et une réglementation claire.
Pour situer le contexte, le rapport de 2024 s’était fortement concentré sur les risques posés par les pièces stables. Il a mis en garde contre leur « vulnérabilité aux ruées » et a souligné la menace qu’ils représentaient pour la confiance du marché en l’absence de normes appropriées de gestion des risques.
Qu'est-ce qui a changé ?
Dans le document de 2025, le conseil se concentre désormais sur la célébration de la fonction critique des actifs numériques, les décrivant comme facilitant « des transactions sécurisées et efficaces grâce à la technologie des registres distribués ».
Le FSOC attribue explicitement les récentes avancées législatives, menées par la promulgation de la loi sur l’orientation et l’établissement de l’innovation nationale pour les pièces stables américaines (GENIUS) en juillet 2025, comme source de confort réglementaire.
La loi, décrite comme un outil visant à « encourager l’innovation en matière de stablecoin aux États-Unis tout en atténuant les risques pour la stabilité financière », fournit le cadre exact dont les régulateurs affirmaient auparavant qu’il manquait.
Le rapport met également en évidence un changement majeur dans la manière dont les régulateurs bancaires fédéraux supervisent l'implication de la finance traditionnelle dans les actifs numériques.
Allègement et modifications supplémentaires
Le FSOC a systématiquement retiré les précédentes déclarations communes axées uniquement sur les risques et a publié de nouvelles orientations sur les engagements autorisés.
En outre, il a également supprimé l’obstacle de « non-objection », permettant aux banques de se lancer dans certaines activités de cryptographie sans l’approbation préalable du superviseur. Ce feu vert opérationnel autorise effectivement les banques à aller au-delà de la simple curiosité.
Enfin, pour achever la transition, le FSOC recommande à ses agences membres de publier des lignes directrices complètes.
Ces directives couvriront tout, depuis les normes de conservation et de tokenisation des actifs numériques jusqu'à l'utilisation de blockchains sans autorisation et au respect clair de la LBC/FT.
Ce changement confirme que la mentalité réglementaire a dépassé la simple application et se concentre désormais sur la structuration de l’intégration et la maximisation des opportunités économiques d’un secteur nouvellement réduit aux risques.
Le changement porte déjà ses fruits
Le rapport attribue directement la performance réussie du spot Bitcoin [BTC] et Ethereum [ETH] Les ETF et l’accélération des actifs de tokenisation en 2025, comme preuve d’un marché en pleine maturité.
Les régulateurs américains renforcent également ce changement avec une surveillance plus claire, notamment l'approbation par l'OCC de certaines activités de cryptographie et des chartes de confiance préliminaires pour Circle, Ripple et Fidelity Digital Assets.
Le FSOC note que même si les pièces stables comportent encore certains risques financiers illicites, la plupart des activités en chaîne sont transparentes et légitimes, ce qui permet une application continue sans restreindre les utilisations légales.
Tout cela combiné montre que les États-Unis donnent désormais un exemple solide à l’échelle mondiale, même si un cadre international unifié est encore loin.
Avertissement du Conseil de stabilité financière
Cependant, cela arrive à un moment où le Conseil de stabilité financière (FSB) a publié un examen thématique avertissant qu'une réglementation mondiale incohérente en matière de cryptographie dans les principales économies pourrait encore présenter des risques pour la stabilité financière mondiale.
Alors que des acteurs majeurs tels que les États-Unis (par le biais de la GENIUS Act), l’UE (via MiCA) et Singapour font progresser de nouveaux cadres réglementaires, le FSB a noté que seule une poignée de juridictions ont pleinement mis en œuvre ses recommandations de 2023 en matière de surveillance des crypto-actifs et des stablecoins.
Le résultat est un paysage fragmenté. Le Royaume-Uni s’est aligné sur le modèle américain, tandis que certaines autorités européennes continuent de mettre en garde contre les risques systémiques. À l’horizon 2026, cette divergence met en évidence un défi crucial : l’arbitrage réglementaire.
En supprimant la désignation de menace systémique, le rapport du FSOC signale que, pour la plus grande économie mondiale, le débat national est terminé.
Cependant, la stabilité future de l'écosystème des actifs numériques dépendra en fin de compte de la capacité du monde à combler les « lacunes importantes » identifiées par le FSB et à établir des garde-fous cohérents et sans frontières.
Pensées finales
- Ce changement témoigne d’un changement majeur dans la façon de penser, transformant les actifs numériques des risques en éléments importants du système financier actuel.
- Le rapport 2025 met fin au récit de la « crypto-monnaie comme danger » et confirme que les actifs numériques font désormais partie intégrante du système financier américain.