La filiale de Binance en France fait l’objet d’une enquête pour « exercice illégal du rôle de prestataire de services sur des actifs numériques », rapporte Le Monde ce vendredi matin (16).
Comme le rapporte le journal, le service des enquêtes judiciaires financières de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour enquêter également sur une pratique présumée de blanchiment d’argent, ou « blanchiment aggravé ».
Le ministère public de Paris a confirmé l’information. L’agence a indiqué que l’enquête fait référence à une « participation présumée à des opérations d’investissement, de dissimulation, de conversion, qui sont menées par des auteurs de crimes à but lucratif ».
Les enquêteurs enquêtent pour savoir si Binance a violé ses obligations en matière de contrôles KYC (Know Your Customer). KYC est un processus par lequel les entreprises vérifient et authentifient l’identité de leurs clients. L’objectif est de prévenir les activités illégales, d’assurer la conformité réglementaire et de promouvoir la sécurité financière.
Par ailleurs, Binance est soupçonné d’avoir enfreint la loi française – toujours selon Le Monde – en achetant des publicités pour promouvoir son activité dans le pays avant d’être dûment enregistré en tant que « fournisseur de services d’actifs numériques » auprès de l’AMF (Autorité des marchés financiers). ) en mai 2022. Binance propose ses services en France depuis 2020.
Que dit Binance ?
Concernant l’enquête, Binance a déclaré qu’elle investit du temps et des ressources pour coopérer avec les forces de l’ordre en France et dans le monde :
« Nous respectons toutes les lois en France, comme nous le faisons sur tous les autres marchés sur lesquels nous opérons. Nous ne commenterons pas les détails des enquêtes d’application de la loi ou réglementaires, sauf pour dire que les informations sur nos utilisateurs sont conservées en toute sécurité et ne sont fournies aux responsables gouvernementaux qu’après réception d’une justification documentée appropriée », a déclaré un porte-parole de Binance.
La nouvelle enquête en France intervient peu de temps après que la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a poursuivi Binance. Selon la SEC, Binance aurait violé les règles de protection des investisseurs en exploitant des plateformes sans inscriptions.
En outre, le régulateur a allégué que l’échange de crypto-monnaie déformait les contrôles commerciaux, vendait des titres non enregistrés, entre autres violations, portant le total à 13 chefs d’accusation. Le régulateur a également inclus la filiale américaine de Binance BAM Trading Services Inc dans les allégations.
Ce vendredi également, Binance a annoncé qu’il se retirait des Pays-Bas. En effet, la société n’a pas pu obtenir de licence prouvant qu’elle respecte les directives anti-blanchiment d’argent (AML) du pays. Cette semaine, la bourse a également demandé la fin de son enregistrement auprès du régulateur chypriote des valeurs mobilières.