L'ultra-haut débit dans les bâtiments, Di Canosa : « Définir les paramètres SLA et revoir les directives de l'Agcom »

L'ultra-haut débit dans les bâtiments, Di Canosa : « Définir les paramètres SLA et revoir les directives de l'Agcom »

« Dans le domaine de l'accès au très haut débit, il est nécessaire d'établir les paramètres de l'accord de niveau de service entre les opérateurs et les gestionnaires de systèmes multiservices. À ce jour, les opérateurs de télécommunications finissent par refuser d'utiliser les quelques systèmes déjà installés, en se cachant derrière l'excuse des performances incontrôlables d'un système de distribution non géré par eux. Et une étape supplémentaire de révision devrait être faite sur les directives de l'Agcom sur l'accès aux unités immobilières, qui dans un exercice de contorsionnisme réglementaire a permis aux opérateurs de télécommunications de continuer à installer la fibre optique à leur guise sans nécessairement avoir à utiliser des systèmes multiservices même là où ils sont installés » : Domenico Di Canosa, Président de la Smart Buildings Alliance Italie fait le point avec le CorCom sur les problématiques à résoudre pour faire avancer l'infrastructure très haut débit dans les bâtiments en tenant compte aussi et surtout des objectifs Pnrr. Un sujet qui sera abordé à l'occasion du « Sommet des territoires 2024», troisième édition de l’événement organisé par l’association qui aura lieu à Rome le 11 septembre (voici le programme)

Selon Di Canosa, nous sommes face à « un véritable gaspillage de ressources qui pourrait être évité en préparant des contrats SLA avec l'obligation d'utiliser l'infrastructure existante, certifiée et qui respecte les exigences minimales ». Et le président de relancer avec une proposition : « Je verrais la possibilité pour un particulier de connecter sa maison à ses frais à la ressource en fibre optique la plus proche à condition, justement, que la connexion soit réalisée de manière professionnelle et que l'infrastructure posée respecte les exigences minimales. Des dizaines de litiges seraient résolus en un instant. Il est temps que les opérateurs télécoms se consacrent enfin au développement de services à valeur ajoutée pour les citoyens et pour l'administration publique en partant des besoins réels de ces acteurs, en laissant définitivement de côté toute ambition sur l'infrastructure du réseau ».

Monsieur le Président, l'innovation des bâtiments dans une perspective de smart building est un défi prioritaire pour permettre aux citoyens d'exploiter le potentiel du numérique et de la connectivité et pour les administrations de transformer les villes en villes intelligentes. Où en sommes-nous en Italie ?

Selon les dernières données d’Eurostat, l’Italie se situe actuellement au bas du classement européen en termes de culture numérique et d’utilisation correcte d’Internet, avec seulement 46 % de la population entre 16 et 74 ans possédant une culture numérique de base. Il est clair que cela influence grandement la possibilité que les Italiens soient prêts à dépenser pour des appareils qui rendent un bâtiment intelligent, mais dont ils ne sauraient pas réellement se servir. L’Italien moyen dépense aujourd’hui pour la technologie numérique uniquement pour éviter de se sentir exclu des médias grand public et des réseaux sociaux. Nous devons envisager l’idée d’une éducation numérique massive à la manière du maître Alberto Manzi pour projeter nos concitoyens dans le troisième millénaire et saisir les opportunités positives que la technologie a à nous offrir.

L’introduction de la fibre dans les bâtiments existants est encore très complexe, en raison de la résistance des copropriétés et du manque de place dans les gaines. Sans parler de l’installation des antennes 5G. Dans quelle mesure la problématique du manque de connectivité adéquate peut-elle impacter le défi du smart building ?

Beaucoup de choses si l’on pense aux aspects qui nécessitent plus de bande passante, comme le streaming vidéo, et moins de latence, comme dans la gestion des alarmes de sécurité. L’absence d’un réseau de télécommunications adéquat limite également le développement d’un réseau correct de centrales énergétiques virtuelles agrégées, mieux connues sous le nom de centrales électriques virtuelles. Faire la médiation entre la production à partir de sources renouvelables, le stockage, la distribution et la consommation d’électricité est le défi qui nous accompagnera d’ici 2050. Il sera presque impossible de gagner si nous ne posons pas d’abord les bases d’une connectivité adéquate, qui dans les immeubles d’habitation où vivent de nombreuses familles ne peut se faire qu’en fibre optique pour être vraiment utile à la cause.

Il y a la question de la cybersécurité : les attaques et les fuites de données se multiplient en raison des intrusions de pirates dans les systèmes domotiques et de vidéosurveillance, voire dans les systèmes énergétiques. Privés mais surtout publics. La situation risque-t-elle de devenir incontrôlable ?

Sur ce point, les bœufs se sont déjà enfuis puisque nous avons autorisé librement la vente d’équipements connectés à des clouds non européens sur le marché de détail à grande échelle et où l’utilisateur final, peu instruit au numérique, assume la responsabilité d’accepter que les données collectées par ces appareils IoT soient envoyées là où le vendeur le juge approprié. Il faut faire une mise au point sur cette situation : les équipements non critiques devraient toujours envoyer des données à des serveurs européens conformes aux exigences minimales des réglementations de l’UE sur la confidentialité, tandis que tous les autres aspects de la cybersécurité devraient répondre à des réglementations nationales très spécifiques. Une sorte de label IMQ pour la cybersécurité, si vous voulez. C’est pourquoi nous demandons que l’Agence nationale de cybersécurité soit soutenue par un Comité informatique italien qui, comme le fait la Cei dans le secteur électrique et la Cti dans le secteur thermotechnique, définit les exigences minimales de sécurité auxquelles doit répondre un appareil informatique pouvant être connecté par n’importe quel citoyen, même s’il n’est pas instruit au numérique, à Internet en Italie.

Voir l’article original en italien