
Le S&P 500 au plus haut, le Nasdaq 100 en baisse. La concentration des profits et l’ampleur du marché révèlent deux réalités différentes
Semaine de calme et de consolidation pour Wall Street en attendant de digérer les données d'inflation américaine de cet après-midi. Cette phase fait suite aux nouveaux records atteints la semaine dernière parS&P500tandis que le Nasdaq il restait encore plus en retrait par rapport au tarif général. Cette distance entre les deux paniers dépend des mouvements sous la surface du marché, que nous allons maintenant analyser en détail.
Le S&P 500 au plus haut, le Nasdaq toujours à la traîne
Lors de la séance d'hier, les deux indices ont clôturé presque en ligne, le Nasdaq 100 à -0,33% et le S&P 500 à -0,32%. Sur une base mensuelle, le Nasdaq est la meilleure, avec une hausse de +4,29% qui contribue à la progression de +16,92% depuis le début de l'année. LE'S&P500 en revanche, en août, il a enregistré un +2,82%, alors que depuis le début de l'année il s'est établi à +12,47%. Bien qu'il n'apparaisse pas sur le graphique, le Dow-Jones depuis début 2026, il s'élève à +11,40%.
S&P 500 et indicateur de largeur
Au bas du graphique journalier du S&P 500, nous avons notre propre indicateur de largeur, le Commutateur de largeur de matrice.

Cet outil mesure combien d’actions du panier participent réellement au mouvement de l’indice. Les barres vertes indiquent que la majorité des composants poussent, les rouges le contraire. Sur le S&P 500, la valeur marque +103,00, la hausse est donc large et bien répartie.
Le Nasdaq est à la traîne
En analysant le graphique du Nasdaqcependant, une divergence saute immédiatement aux yeux, l'indice n'enregistrant pas de nouveaux sommets historiques, contrairement au S&P 500 et au Dow Jones. Surtout, en regardant l'indicateur Matrix Breadth Switch, on constate qu'il est négatif à -83,90, avec l'histogramme dominé par le rouge depuis des mois maintenant. Ainsi, peu de valeurs soutiennent l’indice, tandis que la majorité reste négative.


La prime versée sur le secteur technologique
Le rapport prix sur profiti (P/E) mesure combien le marché paie pour chaque dollar de bénéfice de l'entreprise. Sur leS&P500 les données prospectives, sur les bénéfices attendus dans les douze mois, valent 20 fois selon FactSet. Celui sur les bénéfices déjà réalisés s'élève en revanche à 28,2 fois, au-dessus des moyennes de long terme. Sur le Nasdaq100 Les estimations de Siblis Research début juillet indiquent des valeurs plus élevées, environ 25 fois les bénéfices attendus et 35 fois ceux réalisés. Le secteur technologique coûte donc environ un quart de plus que le S&P 500. Le tableau ci-dessous montre d'où vient la prime, c'est-à-dire la croissance attendue des bénéfices sur les deux fronts.
| Croissance des bénéfices (d'une année sur l'autre) | T2 2026 | T3 2026 (estimation) | Année complète 2026 (estimation) |
|---|---|---|---|
| S&P500 | +50,4% | +27,4% | +30,0% |
| Nasdaq100 | +45% | +27% | +26% |
Les bénéfices attendus font bouger les prix
La récente hausse du S&P 500 repose sur attentes en matière de bénéficesplutôt que sur l’expansion des multiples. Depuis fin juin, le prix de l'indice a augmenté de +2,8%, tandis que l'estimation dePSEle bénéfice par action progresse de +4,7% sur les douze mois. C’est précisément pour cette raison que le ratio prospectif a effectivement diminué, passant de 20,4 à 20 fois. Les analystes estiment une croissance du BPA de +27,4% au troisième trimestre en cours (T3). Pour l'ensemble 2026 la prévision de croissance des bénéfices s'élève à +30,0%. Le ratio reste toutefois supérieur à sa moyenne historique des cinq et dix dernières années.
La concentration des bénéfices est le vrai risque
Là solidité des bénéfices Les Américains cachent cependant une concentration très marquée sur très peu d’entreprises. Nettée d'Alphabet et d'Amazon, la croissance des bénéfices du deuxième trimestre est passée de +50,4% à +32,0%. Ces deux noms disposaient de plus-values comptables et hors gestion, liées à des réévaluations de participations. La véritable fragilité concerne donc Nasdaq100où peu de titres soutiennent réellement l’indice. Sur leS&P500 la participation à la hausse reste importante et répartie entre de nombreux noms.
