
Le S&P 500 a clôturé jeudi au plus haut historique de 7.798,99 points, porté par une nouvelle progression des entreprises technologiques et une inflation de gros qui a montré des signes de modération. Le Nasdaq a gagné 0,8%, tandis que le Dow Jones n'a progressé que de 0,1%.
Sur le marché de la cryptographie, la réaction a été beaucoup plus prudente. Le Bitcoin s'échangeait à près de 63 000 dollars aux premières heures de vendredi, ne parvenant pas à transformer le soulagement macroéconomique en un signe clair de force.
La divergence soulève la question centrale du jour : si le scénario est favorable au risque, pourquoi Bitcoin ne l’accompagne toujours pas ?
Une inflation moins hostile
Le marché a accueilli avec soulagement l'indice des prix à la production de juillet. L'inflation de gros aux États-Unis est passée de 5,5 % à 4,7 % sur un an, légèrement en dessous des attentes.
Ces données ont réduit la pression sur les rendements obligataires et affaibli les paris sur une hausse immédiate des taux de la Réserve fédérale. Pour les valeurs technologiques, sensibles au coût de l’argent, c’était une invitation à acheter à nouveau.
Meta, Tesla, Apple, Microsoft, Nvidia et Alphabet ont participé au mouvement. L’élan a cependant continué à se concentrer dans les grandes entreprises et dans le récit lié à l’intelligence artificielle.
Applied Materials a laissé un avertissement. Ses actions ont chuté lors des opérations de pré-ouverture malgré la présentation de résultats solides. Lorsque les attentes sont trop élevées, dépasser les estimations ne garantit plus une célébration.
Le test du consommateur
La réduction de l’inflation doit encore surmonter un obstacle : les ventes au détail de juillet.
Le rapport permettra d'évaluer si le consommateur américain reste suffisamment fort pour soutenir l'économie. Un résultat meilleur que prévu pourrait profiter aux actions, mais aussi exercer une pression sur les taux. Des données faibles pourraient soutenir les obligations tout en soulevant des doutes sur la croissance.
Le marché se trouve ainsi confronté à l'un de ses paradoxes habituels. Il souhaite une économie résiliente, mais pas si forte qu’elle oblige la Réserve fédérale à resserrer à nouveau sa politique monétaire.

Bitcoin face à sa zone de combat
La divergence admet deux résolutions.
Le premier est haussier. Bitcoin dépasse les 65 000-66 000 USD, récupère ensuite la zone de moyenne mobile entre 71 000 USD et 72 000 USD et commence à réduire la distance avec Wall Street. Dans ce scénario, BTC aurait accumulé du retard avant de rejoindre le mouvement.
La seconde est plus délicate. Le S&P commence à perdre de son élan alors que Bitcoin, qui n’a jamais réussi à le récupérer, dépasse les 60 000 $. La faiblesse du BTC aurait alors fait office d'avertissement précoce : l'appétit d'achat n'a jamais été aussi uniforme que le laissaient penser les plus hauts américains.
Ce deuxième scénario correspond également à la structure corrective WXY présentée par Bitcoin. Le rebond correspondant à la vague X a trouvé de la résistance et le cours est revenu vers la base sans retrouver la tendance.
L’absence de réaction du Bitcoin n’annonce pas nécessairement un krach. Mais cela montre que les acheteurs exigent toujours une confirmation supplémentaire.
Les revenus institutionnels via les ETF ont montré des signes de reprise, même s'il n'y a toujours pas la continuité nécessaire pour imposer une tendance. Dans le même temps, les principaux altcoins ont également maintenu un comportement défensif, sans rotation suffisamment forte pour compenser la prudence du Bitcoin.
L'huile est toujours dans la pièce
L'autre risque vient du Moyen-Orient.
Le Brent s'est une nouvelle fois approché des 88 $ US le baril après avoir fortement chuté lors de la séance précédente. La guerre entre les États-Unis et l’Iran, les restrictions sur le détroit d’Ormuz et les nouvelles tensions au Yémen laissent entrevoir la possibilité d’un nouveau sursaut énergétique.
Le pétrole fonctionne comme une porte dérobée pour l’inflation. S’il augmente à nouveau fortement, cela pourrait rapidement détériorer le discours désinflationniste qui a animé Wall Street.
Bitcoin est pris entre ces deux forces : le soulagement apporté par les données américaines et l’incertitude que l’énergie véhicule toujours.
Un enregistrement n'est pas une confirmation
Wall Street est prête à payer des prix records pour la promesse d’une inflation moins agressive. Bitcoin, pour l’instant, ne semble pas disposé à partager le même degré de confiance.
Cette distance est la vraie nouvelle. Non pas parce que le marché des cryptomonnaies devrait imiter chaque mouvement des actions, mais parce que son silence apparaît juste au moment où les conditions extérieures semblent l’inviter à avancer.
Les records montrent combien le marché est prêt à payer. Bitcoin, arrêté à 63 000 $, montre à quel point il est prêt à y croire.