Titres tokenisés de l’UE : ils demandent la suppression du plafond ou de 1 500 milliards

Titres tokenisés de l’UE : ils demandent la suppression du plafond ou de 1 500 milliards

Les associations financières européennes demandent à Bruxelles de supprimer le plafond des valeurs tokenisées dans l'infrastructure DLT ou de le fixer à 1,5 billion d'euros afin que le secteur puisse évoluer.


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Un groupe d'associations européennes de finance et de tokenisation a fait pression sur Bruxelles pour qu'elle supprime les limites qui restreignent actuellement titres tokenisés dans l’infrastructure du grand livre distribué (DLT). Dans une recommandation commune adressée aux régulateurs, les entités demandent de supprimer complètement le plafond des actifs admis dans ces systèmes ou, si des restrictions subsistent, de relever la référence à 1 500 milliards d'euros.

L’approche pointe directement vers le régime pilote DLT, le cadre expérimental avec lequel l’Union européenne cherche à tester le fonctionnement de l’émission, de la négociation et du règlement des instruments financiers sur la technologie blockchain sans démanteler les règles traditionnelles du marché des capitaux.

Pourquoi l'industrie veut supprimer le plafond sur les titres tokenisés

Le régime actuel fixe des limites au volume et au type d'actifs pouvant fonctionner au sein de ces infrastructures. Selon les entreprises du secteur, ces seuils sont trop bas pour que les projets atteignent une échelle réelle : un émetteur qui s'approche du plafond doit ralentir sa croissance ou migrer vers des infrastructures conventionnelles, ce qui décourage l'investissement et l'innovation.

Dans leur lettre de recommandations, les associations affirment que la suppression de la limite permettrait à l'UE de rivaliser avec des juridictions plus flexibles et d'attirer des émissions d'obligations, d'actions et de fonds représentés comme des jetons. Si Bruxelles décide de maintenir un certain plafond par prudence, ils proposent de le fixer à 1 500 milliards d'euros comme base minimale, un chiffre bien supérieur aux seuils actuels.

La tokenisation consiste à représenter un actif financier – une action, une obligation, une part d’un fonds – à l’aide d’un token enregistré sur une blockchain. La promesse est de régler les opérations quasiment en temps réel, de réduire les intermédiaires et d'ouvrir l'accès aux instruments actuellement réservés aux grands investisseurs.

Le contexte : l’Europe voit un marché en expansion

Cette pression survient à une époque de croissance accélérée des actifs du monde réel apportés à la chaîne. Les données des plateformes de suivi telles que RWA.xyz montrent une expansion soutenue de la valeur symbolique des obligations du Trésor, du crédit privé et des fonds du marché monétaire, un segment que les gestionnaires d'actifs traditionnels et les sociétés de cryptographie contestent farouchement.

Cette impulsion se reflète également dans le domaine des actions tokenisées, des instruments qui reproduisent le comportement d'une action sans nécessairement conférer les mêmes droits que le titre original. Le débat réglementaire sur la manière de les traiter progresse parallèlement au développement des infrastructures qui cherchent à les connecter aux marchés de crédit décentralisés.

Pour les associations signataires, la conception actuelle du régime européen risque de devenir obsolète face à cette dynamique. Un cadre né comme banc d’essai pourrait devenir un obstacle s’il ne correspond pas à l’ampleur qu’atteignent déjà certains projets de tokenisation institutionnelle.

Quels sont les enjeux pour le marché

La révision du régime pilote DLT est suivie de près par les banques, les gestionnaires et les fournisseurs d’infrastructures qui ont investi dans des solutions blockchain en attendant des règles claires. L'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a déjà évalué le fonctionnement du régime et ses limites, une contribution qui alimente le débat sur sa réforme.

Les partisans de la suppression du plafond soutiennent que l’infrastructure DLT ne pose pas de risque systémique plus important en exploitant des volumes plus élevés, tant que les normes de surveillance et de protection des investisseurs sont maintenues. Dans cette logique, la limite ne protégerait pas contre un danger précis, mais ralentirait plutôt le développement d’un marché que d’autres régions courtisent déjà.

Les détracteurs d’une grande ouverture rappellent que le but du régime pilote était justement de contenir l’expérience dans un périmètre limité pour en observer les effets avant de la généraliser. Augmenter la référence à 1,5 milliard d'euros ou la supprimer complètement signifierait que cette phase de test est terminée.

Une impulsion qui marquera le cours de la tokenisation dans l’UE

La décision de Bruxelles aura des implications au-delà du domaine technique. Il déterminera si l’Europe souhaite se positionner comme un centre compétitif pour l’émission de titres tokenisés ou si elle privilégie la prudence réglementaire face à un marché encore jeune mais en pleine maturation.

Alors que les autorités européennes revoient le cadre, le secteur exprime clairement sa position : sans marge de croissance, la tokenisation ne passera guère du stade pilote à celui d'un marché ayant son propre poids au sein du système financier du bloc.

Voir l’article original en espagnol

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