La SEC permet une progression contrôlée de la tokenisation dans l'infrastructure financière américaine – Cryptotrends

La SEC permet une progression contrôlée de la tokenisation dans l'infrastructure financière américaine – Cryptotrends

Le tokenisation vient de recevoir son plus grand coup de pouce institutionnel au sein du système financier américain. La Depository Trust Company (DTC), une entité qui protège plus de 100 000 milliards de dollars de titres et fonctionne comme un rouage central du marché boursier, a obtenu la confirmation du personnel de la Securities and Exchange Commission (SEC) qui lui permet d'aller de l'avant avec un programme pilote visant à émettre des représentations numériques des actifs dont elle a déjà la garde. Bien que cette approbation ne soit pas absolue, elle établit un cadre formel qui, pour la première fois, rapproche le marché réglementé d'un système de registre distribué sous supervision fédérale.

Un permis limité qui inaugure une nouvelle phase réglementaire

L'avis de la SEC, daté du 11 décembre, n'approuve pas légalement le modèle ni ne garantit les autorisations futures. Cela indique seulement que, dans les conditions présentées, l'organisme ne recommandera pas de mesures coercitives pour autant que le test reste dans des paramètres stricts : périmètre limité, participants autorisés et actifs très liquides.

Le projet pilote permettra à certains titres, notamment les actions Russell 1000, les titres du Trésor américain et les ETF très liquides, d'être représentés par des jetons émis sur une blockchain approuvée. Cependant, les actifs sous-jacents ils ne changent pas l'inscriptionrestant dans les livres traditionnels sous le nom de Cede & Co., le véhicule fiduciaire de DTCC.

Cette approche évite de modifier l'architecture juridique du système de propriété des titres, l'un des piliers les plus sensibles du marché américain, et place l'innovation exclusivement dans la couche technologique qui gère les droits internes des participants.

Comment fonctionnera le programme pilote

La proposition décrit deux outils internes : Usineresponsable de la frappe des jetons et de leur attribution aux portefeuilles autorisés ; et Analyse du grand livreun système qui suit toutes les transactions sur les chaînes prises en charge, transformant ces données en enregistrement officiel de tokenisation au sein des systèmes DTC.

Les participants qui s'inscrivent au projet pilote pourront demander la conversion d'une partie de leurs postes traditionnels vers un formulaire numérique. Le processus comprend trois étapes :

  1. Le solde du participant est déduit de son compte standard.

  2. Ce montant est enregistré dans un Compte omnibus numériqueun conteneur central qui regroupe toutes les valeurs tokenisées.

  3. DTC émet un jeton représentant ce droit et le dépose dans le portefeuille autorisé du participant.

Le transfert entre participants ne nécessitera en principe pas d'instruction directe à DTC, puisque le mouvement dans la blockchain sera reconnu comme un transfert valable tant qu'il se produit entre des adresses vérifiées. Cette nuance est l'une des composantes les plus innovantes de l'expérimentation : pour la première fois, l'infrastructure centrale permettra un virement bilatéral validé par un grand livre distribué sans modifier votre système de garde traditionnel.

Le retour au système classique (« de-tokenization ») s'effectue à l'inverse : le token est brûlé et la position retourne sur le compte conventionnel du participant.

Limites pour réduire les risques

La SEC a conditionné sa position à un ensemble de contrôles sans précédent. Parmi les principaux :

  • Les jetons n'aura aucune valeur de garantie ils ne peuvent pas non plus être utilisés pour des opérations sur marge.

  • Ils n’influenceront pas les calculs critiques tels que Net Debit Cap ou Collatéral Monitor.

  • Seuls les portefeuilles préalablement enregistrés et approuvés après contrôles de conformité (y compris OFAC) seront autorisés.

  • Le DTC doit présenter rapports trimestriels détaillés sur les actifs tokenisés, les participants, les volumes, les perturbations, les blockchains acceptées et les blockchains rejetées.

  • Le permis expirera trois ans après le lancementsauf examen complémentaire.

Ces conditions visent à empêcher l’innovation d’introduire des risques systémiques ou d’interférer avec les mécanismes quotidiens de compensation et de règlement.

Implications pour l’avenir de la numérisation financière

Le projet pilote intervient à un moment où diverses institutions estiment que les marchés tokenisés pourraient dépasser 60 000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Cette autorisation contraste cependant avec les projections les plus ambitieuses : la SEC permet l'expérimentation, mais au sein d'un « laboratoire réglementé », où chaque variable est surveillée et où l'impact macro est volontairement marginal.

Cette initiative constitue néanmoins un précédent : pour la première fois, le noyau opérationnel de Wall Street adopte formellement un registre numérique parallèle sous supervision fédérale. Si les résultats sont positifs, DTC prévoit d'étudier de nouvelles fonctions, telles que : l'utilisation de jetons pour les processus de garantie, l'automatisation des événements d'entreprise ou l'intégration de méthodes de paiement tokenisées.

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