La licence bancaire américaine de Revolut est en attente devant l'OCC et la FDIC depuis près de six mois, tandis que d'autres acteurs liés au boom des cryptos avancent plus rapidement dans leurs procédures.
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La demande de Licence bancaire Revolut aux États-Unis, elle stagne. La fintech britannique a présenté le 4 mars son dossier au Bureau du contrôleur de la monnaie (OCC) et à la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) pour créer Revolut Bank US, une entité nationale assurée. Près de six mois plus tard, le permis reste en attente, un contraste qui expose un système bancaire à deux vitesses entre les acteurs traditionnels et ceux qui tentent de franchir la porte de la cryptographie.
L'objectif de l'entreprise était ambitieux : une banque capable d'accepter des dépôts, d'émettre des cartes de crédit, d'accorder des prêts et de se connecter directement à Fedwire et au réseau ACH, la plomberie du système de paiement américain. Cette intégration directe est précisément ce qui distingue une banque agréée d’une fintech qui dépend de partenaires bancaires pour transférer de l’argent.
Pourquoi la licence bancaire de Revolut est importante
Sans licence nationale, Revolut opère aux États-Unis en s'appuyant sur des banques partenaires qui lui fournissent son infrastructure et sa couverture réglementaire. Il s'agit d'un modèle fonctionnel, mais limitant : il rend les opérations plus coûteuses, réduit la marge et laisse l'entreprise à la merci des conditions imposées par ces partenaires. L’obtention du statut de banque assurée modifierait cette équation et lui donnerait un accès direct aux systèmes de règlement fédéraux.
Ce que met en évidence cette affaire, c'est le rythme inégal auquel progressent les procédures à Washington. Alors que la candidature de Revolut reste gelée, les régulateurs fédéraux ont passé la même période à approuver ou à convertir sous condition d'autres structures bancaires, plusieurs d'entre elles étant liées au boom de la cryptographie promu par l'administration américaine ces derniers mois. L’attente d’un environnement plus favorable aux actifs numériques ne s’est pas traduite, du moins pour l’instant, par une procédure accélérée pour tous les candidats.
Un système bancaire à deux vitesses
Le dossier Revolut, qui couvrirait plus d’un millier de pages de documents obtenus par transparence, illustre une tendance plus large. Certaines entreprises parviennent à débloquer leurs permis relativement rapidement, tandis que d'autres se retrouvent coincées dans de longs examens sans explication publique claire. Cette asymétrie alimente la perception selon laquelle l’accès au système bancaire fédéral dépend à la fois de facteurs réglementaires et de conjonctures politiques difficiles à anticiper.
Le phénomène survient à une époque où le secteur de la cryptographie et la finance traditionnelle se rapprochent de plus en plus. Ces dernières semaines, les mouvements cherchant à jeter des ponts entre les deux mondes se sont multipliés : l’alliance entre SoFi et Kraken pour connecter les services bancaires à l’infrastructure cryptographique est un exemple de la manière dont les entités tentent de capter la demande de services numériques sans renoncer au cadre réglementaire.
Pour Revolut, qui compte des dizaines de millions d’utilisateurs dans le monde et une valorisation de plusieurs millions de dollars, le marché américain représente un élément stratégique en suspens. L'entreprise a déjà obtenu une licence bancaire au Royaume-Uni et opère avec des permis dans plusieurs pays européens, mais les États-Unis restent une zone où son expansion se heurte à une fragmentation réglementaire et à des processus d'approbation qui peuvent durer des années.
Le contexte réglementaire à Washington
Ce retard coïncide avec un débat législatif intense sur le cadre des actifs numériques. Le Congrès propose des réglementations visant à donner des règles claires au secteur, un processus auquel participe également le Clarity Act, que l'industrie espère voir approuvé pour offrir une sécurité juridique aux entreprises et aux émetteurs. Ce contexte génère de l’optimisme, mais n’élimine pas la bureaucratie à laquelle sont confrontés ceux qui postulent pour devenir banque.
L'OCC et la FDIC ne commentent généralement pas en détail les dossiers individuels, et rien n'indique publiquement que la demande de Revolut a été rejetée. Un permis en attente n'équivaut pas à un refus : les examens de ce type impliquent une analyse du capital, une gouvernance, une conformité en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et des modèles commerciaux, qui sont tous des processus lents de par leur conception.
Ce que révèle l’affaire, c’est le décalage entre le discours d’un Washington favorable aux cryptomonnaies et la réalité opérationnelle des approbations. Pour les entreprises de technologie financière qui aspirent à rivaliser sur un pied d’égalité avec les banques établies, le message est que la promesse d’un environnement plus ouvert coexiste toujours avec des filtres qui décideront, un par un, qui entre et qui continue d’attendre.
Voir l’article original en espagnol
