
TLDR :
- Les hyperscalers ont engagé 725 milliards de dollars en investissements en 2026, soit une hausse de 77 % par rapport au record de 410 milliards de dollars établi en 2025 un an auparavant.
- Les émissions d’obligations autres que le dollar américain sont passées de zéro en 2024 à 48 % du financement hyperscaler à la mi-2026.
- Alphabet a établi des records d'emprunt en yens, CAD, CHF et sterling au cours d'une seule année civile 2026.
- L’émission mondiale de titres de créance liés à l’IA devrait atteindre 570 milliards de dollars en 2026, soit près de quatre fois le niveau total de 2022.
Les hyperscalers remodèlent les marchés obligataires mondiaux alors que leurs dépenses en infrastructures d’IA atteignent des niveaux sans précédent. Amazon, Google, Microsoft et Meta ont engagé 725 milliards de dollars de dépenses en capital pour la seule année 2026.
Ce chiffre est en hausse de 77 % par rapport au record de 410 milliards de dollars établi en 2025. Les investissements combinés des projets de Goldman Sachs de 2026 à 2031 atteindront 7 600 milliards de dollars. L’ampleur de ces dépenses a poussé les géants de la technologie à se lancer sur les marchés de la dette en devises à un rythme record.
Les émissions d’obligations autres que le dollar augmentent dans les principales devises
En 2024, les hyperscalers n’ont émis aucune obligation dans des devises autres que le dollar américain. En 2025, toutes les nouvelles émissions autres que le dollar étaient un territoire entièrement nouveau. Désormais, les devises autres que le dollar représentent 48 % du financement obligataire hyperscaler en 2026.
L'euro arrive en tête avec 52 %, suivi du yen japonais avec 15 %, du dollar canadien avec 14 %, de la livre sterling avec 12 % et du franc suisse avec 7 %.
Bank of America a confirmé que les hyperscalers ont doublé leur part d'obligations non libellées en dollars pour atteindre 30 % des émissions totales cette année. Comme le souligne Milk Road AI, ce changement s'est produit si rapidement qu'il a mis à rude épreuve la capacité du marché obligataire américain à l'absorber. Le marché américain ne peut tout simplement pas supporter le volume total de dettes que ces entreprises doivent désormais contracter.
Les transactions individuelles reflètent la rapidité avec laquelle cette tendance s’est accélérée. En mai, Alphabet a émis pour 576,5 milliards de yens, soit environ 3,6 milliards de dollars, d'obligations libellées en yens. Il s'agit de la plus grosse obligation en yen jamais vendue par une société non japonaise, dépassant le record de Berkshire Hathaway en 2019.
Alphabet a désormais établi des records d'emprunt en yens, en dollars canadiens, en francs suisses et en livres sterling au cours d'une seule année civile. Il s’agit d’un niveau d’activité de dette multidevises rarement observé à ce rythme chez une seule entreprise émettrice.
L’émission de dette IA est en passe de quadrupler les niveaux de 2022
Amazon est entré sur le marché obligataire canadien en juin avec une émission de 14 milliards de dollars canadiens, la plus importante obligation d'entreprise jamais vendue sur ce marché.
Les commandes des investisseurs ont atteint près de 28 milliards de dollars canadiens, soit près du double de ce qui a finalement été vendu. Cet accord a dépassé le record canadien d'Alphabet de 8,5 milliards de dollars établi quelques semaines plus tôt en mai.
Morgan Stanley prévoit que les emprunts en euros des hyperscalers atteindront 50 milliards d’euros en 2026. Cela ferait potentiellement des États-Unis la plus grande source de dette d’entreprise de toute la zone euro, devant la France. Ce changement entraîne de vastes conséquences pour les marchés obligataires européens.
L’émission mondiale de titres de créance liés à l’IA est en passe d’atteindre 570 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année 2026, selon Morgan Stanley. C'est plus du double du rythme enregistré au cours de la même période l'année dernière. C’est également près de quatre fois le niveau de 2022.
Même les entreprises détenant plus de mille milliards de dollars de liquidités combinées, notamment Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta, ont conclu qu’autofinancer cette construction n’est pas réalisable.
La course aux infrastructures d’IA est devenue trop capitalistique pour que même les entreprises les plus riches en liquidités puissent se financer de manière indépendante.